Le Chantier naval de l’océan Indien (CNOI), situé dans la zone portuaire, a été présenté hier par l’ambassadeur Marjaana Sall comme un exemple du partenariat Nord-Sud. Elle a fait cette déclaration lors d’une visite du chantier effectuée par les ambassadeurs des États de l’Union européenne qui ont participé au quatrième Dialogue économique UE-Maurice cette semaine.
L’ambassadeur Sall a expliqué que le CNOI est le résultat d’un partenariat initié entre un chantier naval français et des opérateurs économiques mauriciens il y a une quinzaine d’années. Aujourd’hui l’actionnariat de la CNOI est contrôlé à 60 % par IBL et les 40 % restants sont contrôlés par le management de la CNOI.
Comme devait le souligner le directeur général de la compagnie, Jean-Yves Ruellou, la réussite du CNOI est le résultat du soutien accordé par l’Union européenne.
« Le but de la visite au Chantier naval de l’océan Indien est de démontrer aux ambassadeurs présents l’étendue de l’intervention de l’Union européenne et de ses États membres en soutien aux secteurs de la pêche et maritime à Maurice », a dit Marjaana Sall. « The Mauritius fishery sector is a concrete example of the coherence between the EU policies in terms of development, trade and fisheries », a-t-elle insisté.
Le chantier offre des services de réparation aux navires de pêche européens qui disposent des permis pour pêcher dans les eaux mauriciennes dans le cadre de l’accord de partenariat sur la pêche entre l’UE et Maurice. L’industrie de traitement du thon à Maurice dépend largement des matières premières fournies par les flottes européennes dans la région. Par ailleurs, le chantier a construit un patrouilleur pour Madagascar. Il est utilisé depuis plusieurs années pour les missions conjointes de surveillance pour les membres de la COI à savoir Maurice, les Seychelles, La Réunion, Madagascar et les Comores avec le soutien européen. « The EU is committed to continue its support to the Government of Mauritius to combat against Illegal Unreported and Unregulated or IUU fisheries which is a threat to the sustainable exploitation of fisheries and undermine any efforts towards improved fisheries governance », a insisté Marjaana Sall.
Le CNOI a aussi entrepris des travaux sur les patrouilleurs impliqués dans les opérations navales européennes Atlanta et qui ont été déployés au large des côtes de la Somalie pour combattre la piraterie. Deux amphidromes (Ro-Ro) sont actuellement en construction pour le compte de Mayotte. D’une longueur de 50 mètres et d’une largeur de 13 mètres chacun, ils permettront d’embarquer 590 passagers et une trentaine de véhicules. Les travaux ont déjà commencé. Le premier doit être livré en octobre 2016 et le second en mai 2017.
Jean-Yves Ruellou précise que le chantier a un carnet de rendez-vous rempli pour les travaux de réparation et d’entretien pour jusqu’en 2017.
Le Chantier naval de l’océan Indien (CNOI) s’est positionné comme un des leaders de la construction et réparation navale dans l’océan Indien. Une tentative en vue de construire un chantier au Gabon n’a pas abouti jusqu’ici.
Plus de 280 bateaux sont passés dans la cale sèche du chantier depuis 2003. Le nombre d’employés est passé de 25 à sa création à 300 aujourd’hui. De nombreux corps de métiers sont représentés dans l’entreprise : mécanique, chaudronnerie, tuyauterie, électricité, traitement de surface et peinture, hydraulique, froid, menuiserie. Des entreprises extérieures viennent aussi compléter la gamme de savoir-faire.
Le Chantier naval de l’océan Indien possède une cale sèche de 130 m, un élévateur à bateaux de 1 400 tonnes et un quai de plus de 350 m.