Rama Valayden, le conseiller juridique de l’Association des Pêcheurs, lance un ultimatum au gouvernement, à qui il donne cent jours pour entreprendre des actions visant à améliorer le sort des pêcheurs. C’était lors d’une assemblée spéciale samedi matin au Centre social Marie Reine de la Paix.
« Gouvernman pe koz Blue economy, kot ena la mone ou konserne par miliar, akot plizir konpani etranze pe fer lamone lor ledo bann peser morisyin, nou bann dimounn ki viv lor bann prodwi la mer de plizanpli pe apovri », a dit Rama Valayden.
Pour que les pêcheurs aient un pouvoir de marchandage vis-à-vis des autorités, a affirmé Me Valayden, il faut avant tout qu’ils fassent preuve d’une unité absolue, seul moyen pour qu’ils puissent se faire entendre et faire résoudre les problèmes. Dont, par exemple, celui de la compensation pour mauvais temps. Les pêcheurs sont d’avis que le paiement prend trop de temps. Avec les données technologiques actuelles, par exemple avec l’informatique, il devient très facile d’effectuer les calculs et le paiement peut se faire plus rapidement, relève l’avocat.
En ce qui concerne le sort des pêcheurs en général, Rama Valayden considère qu’ils sont en quelque sorte le parent pauvre du développement économique. Il demande au gouvernement d’instituer une commission de haut niveau présidée par un ancien juge. Il a en tête l’ex-chef juge Bernard Sik Yuen, qui aurait pour assesseurs des techniciens spécialisés dans le secteur. Il accorde à l’État un délai de 100 jours pour décider de la mise sur pied de cette commission, qui aurait pour tâche avant tout de voir dans quelle mesure les pêcheurs peuvent être parties prenantes du concept de la Blue economy et des dividendes qu’engendrera le secteur. Il aura également à analyser le fonctionnement du Fishermen Investment Trust et voir en quoi cet organisme a profité aux pêcheurs. Les terms of reference de cette commission devraient faire l’objet de discussions entre Judex Rampaul, le président de l’Association des pêcheurs, et le ministère de la Pêche, dit-il.
L’industrie thonière rapporte des milliards, insiste Rama Valayden, mais l’impression qui se dégage est que les compagnies étrangères qui exploitent nos réserves en thon n’accordent aux autorités locales que des miettes. « Bizin redefini rol peser dan lintegrasion ekonomik », a affirmé le conseiller juridique de l’Association des Pêcheurs en conclusion de l’assemblée spéciale.