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Un journaliste indien a été écroué pour un an, sans procès, pour avoir critiqué de façon « incendiaire » le Premier ministre Narendra Modi sur Facebook, nouvel exemple de ce que des détracteurs qualifient d’érosion de la liberté d’expression en Inde.

Kishorechandra Wangkhem a été arrêté le mois dernier dans le petit État du Manipur (nord-est) et placé en détention préventive jeudi pour un an, en vertu d’une loi draconienne sur la sécurité nationale qui autorise les autorités à détenir quiconque jusqu’à un an sans procès.

Les responsables locaux ont indiqué que son arrestation avait pour but de « l’empêcher d’agir d’une quelconque manière préjudiciable à la sécurité de l »État ».

Il est reproché au journaliste de télévision de 39 ans d’avoir posté une vidéo « incendiaire » sur les réseaux sociaux, dans laquelle il accusait le Premier ministre Modi et le chef du gouvernement régional de propager les idées nationalistes hindous dans cette région.

D’après la presse locale, il y qualifiait le ministre en chef du Manipur de « marionnette » de M. Modi et du Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS, Corps des volontaires nationaux), une puissante organisation de masse matrice du nationalisme hindou et dont est issu l’actuel Premier ministre indien.

Un recours de la famille de Kishorechandra Wangkhem contre cette détention est attendu. Plusieurs syndicats de journalistes indiens ont condamné son incarcération et demandé sa remise en liberté.

Au moins une dizaine de personnes ont été arrêtées à travers l’Inde cette année pour des messages sur internet critiquant Narendra Modi, qui sollicitera un second mandat lors d’élections législatives attendues au printemps prochain.

Le mois dernier, un professeur de l’Assam (nord-est) a été interpellé pour avoir comparé le chef de gouvernement nationaliste hindou à un « chien ».

Responsable des réseaux sociaux du parti du Congrès (opposition), Divya Spandana est, elle, poursuivie pour sédition pour avoir accusé M. Modi d’être un « voleur » dans un tweet en septembre.

L’Inde figure au 138e rang sur 180 du classement mondial de la liberté de la presse 2018 de Reporters sans frontières. L’organisation siégeant à Paris a exprimé cet été son inquiétude face aux assassinats et au harcèlement de journalistes indiens.