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Deyvindrah Sanasy, un habitant de Poudre d’Or Hamlet âgé de 65 ans et ex-enseignant ayant fini sa carrière comme assistant directeur des écoles primaires en février dernier, soit après 45 ans de service dans la fonction publique, a décidé de se convertir en planteur pendant sa retraite. Mais pas n’importe lequel, dit-il. Il explique : « J’aspire à devenir un planteur qui maîtrise les systèmes de production agricole en utilisant les outils modernes et la nouvelle technologie. »

Fils d’un laboureur, Deyvindrah Sanasy a grandi dans les plantations avec son père, Analsamy, depuis l’âge de six ans. « Il nous emmenait dans ses plantations à Schoenfield dans la région de Rivière-du-Rempart pour que nous développions nous aussi cet amour pour la terre. La vie était difficile à cette époque. On empruntait des chaussures et des livres avec nos voisins pour aller à l’école, et ce afin que nous nous retrouvions dans une meilleure situation et vivre aisément », dit-il.

Déterminé à gravir les échelons, le sexagénaire avait profité de la première occasion qui lui avait été offerte. Il a réussi à entrer gratuitement au collège Universal, à Rivière-du-Rempart. Après sa scolarité secondaire, il a quitté le pays pour se rendre dans une université de Chypre, où il avait obtenu un “BSC in Business Administration”. Il a également passé quelques années en Israël dans une grande institution pour assister à un séminaire sur la Gestion des Syndicats par l’informatique.

À son retour à Maurice, fort de ses expériences, il a décidé de se mettre au service des planteurs. Et comme ces derniers avaient un accès restreint à la mécanisation agricole, il a alors dû mobiliser et réunir une bonne partie des planteurs du nord. C’est ainsi qu’a vu le jour la toute première société coopérative, Morcellement St-André Common Facilty and Agricultural Society (SACFAS), qui visait à chercher les financements de mécanisation pour augmenter la production agricole et remplacer le manque de la main-d’œuvre qui se faisait déjà ressentir à cette époque. « Nou ti pe santi ki pou ena enn peniri mindev lor marse e sa pe bien afekte planter ziska zordi », déplore-t-il.

Deyvindrah Sanasy ne voulait pas foncer tête baissée dans un domaine qu’il ne maîtrisait pas vraiment. Il sollicitait l’aide de feu Benjamin Mootoo, un ancien conseiller qui était attaché au ministère des Coopératives pour faire enregistrer la société coopérative avant d’essayer d’importer une vingtaine de tracteurs. Ce fut un échec total. Il avait alors quitté l’île encore une fois pour se rendre en Inde afin d’étudier le fonctionnement du système de tout-à-l’égout.

Après son retour dans l’île en 2010, il avait formé une nouvelle société coopérative, le Desarokev multi-purpose Cooperative Society Ltd de Poudre d’Or Hamlet, qui regroupe plus d’une cinquantaine de membres. Ces derniers occupent aujourd’hui plus de 11 arpents de terre dans la localité sous culture de papayes, de bananes, de “lalos”, de haricots et de piments. « Avec le manque de main-d’œuvre, nous nous sommes forcés à avoir recours au service des intermédiaires. Ils plantent eux-mêmes nos fruits et nos légumes et les placent sur le marché », indique-t-il.

Pendant que le ministère de l’Agro-industrie étudie sa demande pour des équipements qu’il doit utiliser pour augmenter sa production, Deyvindrah Sanasy va de temps en temps au Food and Agricultural and Research Extension Institute FAREI (FAREI), au Réduit, pour découvrir la nouvelle variété de produits agricoles, comme le Ferrina, variété de haricot pâle. L’ancien assistant directeur des écoles primaires se trouvait au même endroit le 10 septembre pour écouter les experts du FAREI parler de la présence d’un insecte ravageur à Maurice, le Tuta Absoluta qui a été aperçu dans les pièges installés au nord et à l’est du pays.

Ce retraité, qui fêtera bientôt son 65e anniversaire, garde encore de bons souvenirs des pays qu’il avait visités, notamment l’Inde et le Royaume-Uni. « J’ai de grandes ambitions et je compte investir beaucoup dans le secteur agricole », dit-il. Deyvindra Sanasy quittera Maurice très bientôt pour se rendre en Chine en vue de faire acquisition des équipements de haute technologie pour augmenter la production de légumes et de fruits et identifier sur une chambre froide également équipée. Comment procédera-t-il afin d’éviter que ses légumes et fruits ne soient affectés par les maladies ? « J’aurai recours à la culture hydroponique et les biopesticides », a-t-il répondu.