• Son avocat, Me Rama Valayden, réclame l’arrêt du procès pour abus de procédures lors de l’enquête policière

Le ressortissant britannique John Robert Wenden, âgé de 44 ans, fait face à un procès devant les Assises pour importation de drogue. Il avait ingurgité 115 boulettes de haschich avant de prendre l’avion pour Maurice, où il vit avec son épouse à Flic-en-Flac.

Il avait réussi à passer inaperçu à l’aéroport SSR mais avait été interpellé par des enquêteurs de l’ADSU après avoir été admis dans une clinique de l’Ouest pour des maux de ventre. L’audition des témoins a débuté hier, mais une motion a été soulevée par la défense, réclamant l’arrêt du procès.

John Robert Wenden, un dresseur de chiens ayant aussi travaillé comme Project Manager pour une compagnie de construction à Maurice, est accusé devant les Assises d’avoir importé environ 400 g de haschich, placés dans 115 sachets qu’il a ingurgités avant de venir à Maurice.

La valeur marchande de la drogue est estimée à environ Rs 1,8 M. Selon les détails de l’enquête, le ressortissant britannique avait été autorisé à fouler le sol mauricien le 11 juin 2016 pour retrouver son épouse mauricienne, avec qui il loue un appartement à Flic-en-Flac.

C’est toutefois après s’être plaint de douleurs à l’estomac, qui l’empêchaient de dormir, qu’il a informé son épouse qu’il avait ingurgité des boulettes de haschich. Cette dernière lui avait conseillé de l’emmener dans une clinique de Flic-en-Flac pour purger la drogue, les médicaments n’aidant pas.

Ainsi, à la clinique, des enquêteurs de l’ADSU en civil l’ont approché avant de décliner leur identité. Ils avaient en effet appris que le suspect était venu faire un “scan”, dont ils ont ensuite réclamé le rapport, lequel relevait que le Britannique avait ingurgité de la drogue.

L’épouse de ce dernier avait indiqué aux officiers de l’ADSU : « Mo kone ena haschich dan so vant ki pa pe sorti. Inn pran medsin pou li kapav purze me li pa pe kapav fer li. Akoz sa monn amen li klinik. »

Par la suite, le couple a accompagné les officiers de l’ADSU à leur domicile, où une somme de Rs 224 000 a été récupérée dans une armoire, ainsi que Rs 11 575 et 315 livres dans le portefeuille de la jeune femme. Le tout a été saisi, suspecté de provenir de la vente de drogue.

Les enquêteurs devaient également tomber sur une grosse quantité de médicaments – principalement des laxatifs – ainsi que des prescriptions médicales, qui lui auraient servi à restituer la drogue. Quatre téléphones portables ont aussi été récupérés comme pièces à conviction. John Robert Wenden avait alors été conduit à l’hôpital Jeetoo et placé en observation.

Le 15 juin, le quadragénaire avait eu recours à une délicate intervention chirurgicale, ayant permis de récupérer 107 boulettes de haschisch. Cinq jours plus tard, alors qu’il était toujours en observation, il a restitué huit boulettes de drogue de plus.

Le Britannique avait indiqué aux policiers qu’il pensait  que d’ingurgiter cette drogue aurait été le « meilleur moyen » à Maurice, n’ayant ainsi « pas à trop dépenser » pour acheter de cannabis. Il avait aussi soutenu que fumer l’aidait à se soulager du fait qu’il souffre d’un syndrome de stress post-traumatique et de migraines survenus après un grave accident de moto.

Toutefois, lors du procès, la défense, représentée par Me Rama Valyden, a logé une motion d’arrêt du procès pour abus de procédures. L’avocat soutient en effet qu’il y a eu violation des droits constitutionnels de son client, qui n’aura donc pas droit à un procès équitable, et une violation de l’article 300 du code pénal. Et Me Valayden de préciser que la communication du rapport du scan aux officiers de l’ADSU en civil constitue une violation de cet article du code pénal.

La poursuite, représentée par Me Azam Neerooa, a objecté à cette motion. Les débats sont prévus pour ce mercredi. Le procès est présidé par le juge Benjamin Marie-Joseph.