L’hymne éternel de Queen et de David Bowie colle parfaitement à la situation chaotique qui caractérise notre société, surtout ces derniers jours, avec la montée de violences où sont impliqués, tantôt victimes, tantôt auteurs, nos jeunes. Mineurs et/ou enfants sont mis à rudes épreuves au sein d’une société qui grandit (trop ?) rapidement, sans mûrir. Sans prendre le temps nécessaire de la réflexion pour anticiper et appréhender les changements. Le résultat est alors brutal.

La preuve ? Un père n’hésite pas à pousser son fils de sept ans à commettre un vol au grand jour dans un centre commercial. Un couple propose Rs 2 000 à un jeune de 17 ans pour « tuer Devianee Bheekun », cette mère de famille de 41 ans dont le corps sans vie a été retrouvé au pied d’une falaise à Rivière-des-Anguilles. Ce meurtre a choqué et continue d’alimenter les conversations. Il y a aussi ces jeunes incarcérés dans le centre de détention de Petite-Rivière et qui, dans une tentative d’évasion, il y a quelques jours, ont fait preuve d’une violence inattendue, s’en prenant carrément à un policier !

Très souvent, la première réaction dans ce type de cas, publique ainsi que celle des autorités, est de pointer du doigt ces jeunes : comme s’il s’agissait de pantins, de marionnettes, et non d’humains. Comme si ces enfants étaient des automates que l’on aurait « programmé pour tuer » ! Ou voler, frapper, insulter, agresser, violer… Bref, à tout mal faire. Et à bien y voir, en fait, oui, notre société a effectivement « programmé » ces jeunes à cet effet. En les excluant des dialogues. En occultant leur besoin de canaliser leur énergie, de faire bon usage de leur adrénaline débordante, et en ne mettant pas à profit leur voix dans les débats et projets où ils sont réduits à être spectateurs. En fermant les portes de leur développement humain au profit d’une réussite académique.

Tant notre système éducatif que notre société manquent actuellement cruellement de structures et d’encadrement où nos jeunes, qu’il s’agisse de ceux qui sont en difficulté ou pas, peuvent donner libre cours à leurs aspirations, rencontrer des personnes susceptibles de les écouter, les orienter et les accompagner dans leurs diverses démarches, que celles-ci soient personnelles, existentielles, spirituelles, éducatives, artistiques, sportives ou autres. Ce qui, au final, amène nos jeunes, et avec eux leurs familles, à cohabiter dans un vase clos qui fait davantage penser à un « tempo » qu’au jardin béni, sous un ciel ensoleillé, qu’est notre pays !

« Under pressure », ce sont également ces trois femmes de l’actuel gouvernement. L’une catapultée sur le “front bench” et devenue, depuis le week-end dernier la première femme à assurer par intérim le poste de Premier ministre de notre pays. Leela Devi Dookun-Luchoomun est avant tout en poste à l’éducation. Les deux autres, nommément Fazila Daureeawoo et Kalpana Koonjoo-Shah, sont responsables respectivement de la Sécurité sociale et du Bien-être de la famille. Donc toutes sont directement concernées par l’immense pression exercée sur nos jeunes. A elles, en premier, de désamorcer la bombe et de venir avec des propositions viables, humaines et ajustées à notre contexte. A cet effet, on leur conseillera vivement d’adopter et d’adapter le dernier couplet de Under Pressure : « Cause love’s such an old fashioned word / And love dares you to care for / The people on the edge of the night / And love dares you to change our way of / Caring about ourselves. »

Parce que, comme le fait ressortir un sociologue et chargé de cours de l’UoM plus loin dans nos colonnes, l’amour, l’amitié, le respect, les valeurs fondamentales, « n’ont plus cours dans notre société » actuellement. « Aucune Ong ni gouvernement ne veut s’y investir parce que cela n’engendre pas de sous ! » Et une société qui ne repose pas sur des principes de base et des sentiments universels, c’est inviter le chaos et l’anarchie à régner. Si c’est ce que veut Pravind Jugnauth… Sauf s’il opte pour un autre tube incontournable de Queen, Heaven for Everyone !