Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, le cannabis est maintenant libre d’être largement cultivé aux États-Unis. À Maurice, des travailleurs sociaux estiment qu’“il ne s’agit plus de savoir si oui ou non on doit légaliser le cannabis, mais quand”. Malgré cet avis, le Petit semble réfractaire et campe sur ses positions. Il n’y a pire aveugle que celui qui refuse de voir. Ce ne sera donc pas lui le père de cette mesure historique. Ce sera probablement un de ses successeurs.

Notre Prince consent à écouter “l’opinion des travailleurs sociaux et des experts”. Mais les entend-il ? Une légalisation permettrait l’essor d’un autre secteur économique. Cela ouvrirait des avenues de commerce innovantes. Le pays a besoin d’une impulsion salutaire, à l’heure où la canne à sucre se meurt doucement. Et pourquoi pas “cultiver du cannabis à l’échelle nationale”, comme le propose Kunal Naik (PILS). Ce monsieur note que “l’industrie sucrière disparaît. Or, nous avons toutes les infrastructures nécessaires pour. On aurait pu réorienter l’économie du pays et ainsi financer l’éducation tertiaire gratuite”. La valeur des subventions aux universités publiques est estimée à environ Rs 950 millions par an. Il faudrait avoir l’esprit ouvert sur ce qui se passe dans le monde et cesser de se contempler le nombril.

Qui osera régulariser cette pratique, et permettre une exploitation pharmaceutique voire récréative ? Sans doute un politicien d’avant-garde qui n’a pas froid aux yeux !
C’est un truc à vous faire entrer dans les pages de l’Histoire par la grande porte ! Une perspective qui devrait séduire ceux soucieux de marquer leur passage à la tête du pays. Il est cependant assez délicat pour un leader politique de prendre fait et cause pour une éventuelle décriminalisation d’une drogue, surtout à Maurice. Entre-temps liniversite pe ranpli ar konsomater. Represion zame ti enn solision…

À l’heure où j’écris ces quelques lignes, le Privy Council n’avait pas encore rendu public son jugement sur l’affaire Medpoint. Et j’entendais déjà parler de “pourvoi en grâce”. Ce serait la dernière porte à frapper si le Petit était trouvé coupable. Vous vous imaginez bien qu’un citoyen de son rang ne saurait séjourner dans un cloaque infesté de brigands. Nous sommes (théoriquement) tous égaux en droit, mais certains un peu plus que d’autres… dans la pratique.

Et pendant ce temps au pays du dodo, une partie de l’électorat semble instrumentalisée. Pension de vieillesse et autres subventions (notamment celles allouées aux étudiants du tertiaire) sont d’excellentes initiatives, mais le sentiment d’une certaine précipitation (au même titre que l’installation du tramway) prévaut. Car avec la gratuité des cours, le nombre de postulants auprès des universités publics sera accru. Une baisse de qualité d’enseignement est redoutée.

On laisse entendre que le pays compterait quelque dix mille gradués chômeurs. Les cours offerts ne correspondant pas toujours aux demandes du marché de l’emploi. Et cela pourrait empirer avec la gratuité, si des mesures correctives ne sont pas apportées. Nous assisterions dans ce cas à une sorte de “démonétisation” du diplôme tertiaire public. Ça ne vaudra peut-être plus grand-chose. Faudra alors pousser les études plus loin… pour espérer un salaire honorable.

Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas, environ 19,778 jeunes Mauriciens ont pris part aux examens de School Certificate (SC) en 2018. Ces étudiants seront fixés sur leur performance le jeudi 17 janvier. Les résultats des examens du Higher School Certificate (HSC) sont attendus le 4 février et intéressent environ 11,193 candidats. Un beau contingent pour les universités et autres institutions tertiaires.