DAVINA MURDEN

JEUNE PATRIOTE (MOUVEMENT PATRIOTIQUE)

Sieyès, philosophe, disait « la réalité est tout, la forme n’est rien » à propos d’une Constitution. En effet, c’est la réalité mauricienne moderne qui doit s’inscrire dans nos institutions.

Nous avons tous les moyens de changer ensemble notre avenir, celui des Mauriciens, pour une démocratie moderne. Pour moi, jeune patriote, la motion déposée par Alan Ganoo à l’Assemblée nationale cette année aurait pu provoquer un changement majeur au sein de notre démocratie. Cette motion du président du Mouvement Patriotique, qui a été débattue à deux reprises au Parlement par les membres de l’Assemblée nationale, nous a permis d’entrevoir ce que ce changement pourrait apporter pour assainir notre démocratie mauricienne, qui subitement n’était plus une utopie, mais une réalité. La motion aurait pu avoir été votée puisqu’elle était débattue par ceux qui font et défont nos lois.

Les principes constitutionnels qu’Alan Ganoo a proposé de reformer sont les suivants :

a) limitation du mandat du Premier ministre ;

b) promouvoir des dispositions légales anti-transfugisme ;

c) mise en œuvre d’un quota de genre pour une représentation plus équitable des femmes à l’Assemblée nationale ;

d) revoir les pouvoirs de l’Electoral Boundaries Commission par rapport à la délimitation des circonscriptions.

Cette motion avait pour but principal d’introduire une Constitution mauricienne moderne car cela n’a jamais été réalisé depuis 1982. Si la motion était acceptée et appliquée, les points soulevés auraient pu assainir la démocratie mauricienne.

Pourquoi est-ce important de limiter le mandat du Premier ministre ?

L’île Maurice a connu onze élections générales mais seules cinq personnes ont été nommées Premier ministre, à savoir père-fils Ramgoolam, père-fils Jugnauth et Bérenger. Aujourd’hui, on nous impose même leurs enfants. Étonnant mais vrai ! Limiter le mandat du Premier ministre aidera à “nettoyer” notre espace démocratique en :

a) permettant un renouvellement au niveau des dirigeants de l’État ;

b) promouvant plus de démocratie au sein des partis politiques et une meilleure gouvernance ;

c) encourageant le Premier ministre à être moins guidé par ses intérêts personnels et partisans ;

d) consolidant notre démocratie pour qu’elle soit moderne et juste pour tous les Mauriciens.

Quand on a les mêmes personnes, qui sont à la tête du gouvernement de manière récurrente, s’installent alors une lassitude de la politique et l’usure du pouvoir, qui entraînent une perte de confiance au sein de la population. Voilà pourquoi beaucoup, notamment les jeunes, hésitent à intégrer le monde politique. Des slogans tels que “deal papa-piti” (fille et garçon) ne laissent personne indifférent, et particulièrement les jeunes Mauriciens qui ne se reconnaissent pas dans cette façon archaïque de faire de la politique.

Même les statistiques recueillies par quelques sondages démontrent qu’il y a réellement un problème dans notre modèle démocratique mauricien.

Environ 35% des électeurs demeurent indécis face à la politique à Maurice. Autre sondage, commissionné par l’Afrobarometer en 2014, dégage que 68% sont en faveur de la limitation de deux ans de mandat du Premier ministre. Les jeunes, qui ne se retrouvent pas dans les clans familiaux ou les partis dynastiques, veulent changer le monde pour le meilleur. « Le courage, c’est d’aller à l’idéal pour comprendre le réel », disait Jean Jaurès. C’est ainsi que tous ensemble, en tant que citoyens mauriciens, nous devons réaliser cette démocratie mauricienne avec le Mouvement Patriotique pour l’avenir de notre pays.