Stéphane Buord, directeur scientifique au CBNB remettant symboliquement le colis de plantes sauvegardées au ministre Mahen Seeruttun

Des plantes rares de Maurice sauvées de l’extinction au Conservatoire botanique national de Brest (CBNB), en France, ont été rapatriées chez nous en vue de leur réintroduction en milieu naturel sauvage. Parmi lesquelles, le Cylindrocline lorencei, une espèce endémique d’arbuste ornemental considérée en état d’extinction à partir de 1990 et qui a été, finalement, miraculeusement sauvegardée à Brest par le biais du recours aux biotechnologies in vitro.

“Maurice dispose d’une biodiversité florale autant exceptionnelle et unique que fragile et menacée”, n’a pas manqué d’expliquer, jeudi, Stéphane Buord, directeur scientifique des actions internationales au CBNB lors de la remise symbolique du colis de plantes sauvegardées. En quarantaine à la pépinière Robinson, les 66 plantules de huit espèces florales rares sauvées in extremis de l’extinction à Brest sont, désormais, en cours d’acclimatation avant leur réintroduction en milieu naturel sauvage.

Susceptible d’atteindre jusqu’à deux mètres de haut, le Cylindrocline lorencei est pourvu de feuilles poilues de couleur vert olive. Dans les années 1980, il était rapporté qu’il ne restait dans la nature qu’un unique exemplaire de la plante, avant que l’espèce ne soit officiellement considérée comme ayant disparue en 1990. Tous les efforts de germination selon les techniques traditionnelles de propagation entreprises sur des semences de la plante se soldèrent par des échecs retentissants.

En France, au CBNB, c’est finalement par le biais du recours aux biotechnologies in vitro que la plante “disparue” a été littéralement “ressuscitée”. Là  – bas, à Brest, les spécialistes en conservation florale ont opéré à partir de l’embryon de la graine. Expérience qui a permis cette fabuleuse sauvegarde d’une espèce que l’on aurait pu croire disparue à jamais. A la cérémonie de remise symbolique du colis d’espèces florales sauvées d’extinction, le ministre de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire et ministre responsable de la conservation de la flore et de la faune, Mahen Seeruttun, n’a pas manqué d’exprimer sa joie quant aux réussites du partenariat entre ses services et le CBNB de France.

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Fondé en 1975, le CBNB est, en France, un organisme scientifique et technique public spécialisé dans la préservation du patrimoine végétal sauvage. Outre ses interventions dans l’Ouest de la France, le CBNB s’intéresse aussi, de manière plus globale, aux points chauds où la biodiversité florale est menacée. A ce propos, depuis son origine, le conservatoire s’est surtout spécialisé dans la préservation de la flore des archipels océaniques, dont Madagascar et les îles des Mascareignes (Maurice, Réunion, Rodrigues).

A Maurice, le CBNB intervient depuis les années 1970. Depuis avril 2016, un deuxième projet de partenariat avec, notamment, le National Parks and Conservation Service (NPCS) a été mis en chantier sous l’appellation Projet Astiria au terme d’un précédent parvenait conclu en 2012 pour le transfert à Maurice d’une trentaine d’espèces endémiques menacées après leur sauvegarde à Brest.