« Nous devons revoir en profondeur la structure de l’organisation car sans une transformation profonde, nous ne pourrons pas réaliser nos objectifs », soutient le président sortant de la Commission de l’océan Indien (COI) et ministre Vishnu Lutchmeenaraidoo à la 33e réunion du conseil de la COI ce matin à l’hôtel Le Maritim, à Balaclava. Cette réunion regroupe une centaine de participants des cinq États membres de l’organisation et des membres observateurs. Les pays de l’océan Indien doivent se réunir et se préparer pour réaliser de grands projets.

Le ministre des Affaires étrangères considère qu’il est aussi « crucial de revoir la structure financière » de la COI. Il fait ressortir que les comptes de la COI n’avaient pas été audités depuis cinq ans et qu’il faut « démontrer de la transparence » aux organisations qui financent les projets de la commission. Par ailleurs, au sujet de l’accord post-Cotonou, il demande que toutes les îles de l’ACP et de l’océan Indien se réunissent « pour travailler ensemble ». Les Seychelles assureront la présidence de la COI. Le vice-président des Seychelles, Vincent Meriton, ajoute qu’un « nouveau souffle doit être donné » à la COI et demande de remettre à jour l’accord de Victoria de 1984.

En ce sens, il souligne que son pays peut mettre à la disposition de la COI un juriste pour renforcer l’organisation. De plus, il souhaite un élargissement de la COI à travers l’adhésion de nouveaux membres. « Nous devons exploiter de nouveaux partenariats et nous pencher sur de nouveaux bailleurs de fonds », dit-il, avant de faire ressortir que « les défis sont immenses » dans les secteurs de l’économie bleue, de la sécurité maritime et alimentaire, de l’énergie renouvelable et du tourisme. Pour Hamada Madi, secrétaire général de la COI, « l’organisation est fragile sur le plan budgétaire car certains États membres ne versent pas comme il le faut leurs contributions » pour faire avancer ces activités. Par ailleurs, il avance également que plusieurs sollicitations ont été reçues pour adhérer à la COI. Le projet de veille sanitaire débutera par ailleurs bientôt.

De plus, la COI signera un accord ce jeudi pour le financement avec l’Union européenne concernant le projet Ecofish. En outre, il fait mention de l’éventuel prochain changement de l’appellation de la COI. Le ministre mauricien de l’Environnement, Etienne Sinatambou, estime que la COI doit « soutenir ses États membres » dans leurs actions. Il souligne également que certains sujets « méritent une attention particulière », citant notamment la demande d’États de faire partie de la COI. Selon lui, ces demandes doivent aussi pouvoir tisser de nouveaux liens parmi les États membres. Présent à cette réunion, le ministre comorien des Affaires étrangères, Mohamed El- Amine Soeuf, a estimé que son pays « reconnaît les efforts de la COI » et qu’il est « aussi important qu’elle gagne en maturité ». Il demande également une meilleure gestion des projets. De son côté, Didier Robert, président du Conseil régional de La Réunion, a parlé de l’adoption prévue du plan de développement stratégique pour les prochaines années. Les prochaines élections présidentielles à Madagascar, dont le premier tour est prévu le 7 novembre, a été cité par Eloi Maxime Dovo, ministre des Affaires étrangères de Madagascar, qui appelle à l’implication de la COI car, selon lui, « il faut assurer la tranquillité » dans la Grande île durant cette période. Il fait ressortir que « le défi est de taille car il faut mettre fin à une crise électorale cyclique ». La sécurité maritime a été le thème central sous la présidence de Maurice de février 2017 à septembre 2018.

Selon le ministre Lutchmeenaraidoo, qui assurait la présidence, l’océan Indien « est sous la menace de nombreuses forces malveillantes ». Et d’ajouter que l’océan Indien « est devenu une plaque tournante dans le circuit mondial des stupéfiants ». Le trafic humain, la pollution marine, la pêche illégale et la contrebande « sont également des défis qui guettent notre océan ».