Faire tomber les barrières au libre mouvement des Africains d’un pays à l’autre en vue de promouvoir le processus d’intégration régionale. C’est l’objectif de la réunion d’experts de l’Union africaine, qui s’est ouverte hier matin au Sugar Beach Hotel, à Flic-en-Flac.
Des représentants de 55 pays africains participent à cette réunion, qui durera jusqu’à demain. Ils se pencheront sur le mécanisme de mise en oeuvre d’un protocole sur liberté de circulation à l’échelle continentale. Dans un discours prononcé à l’ouverture de la réunion, le ministre des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo, a d’emblée situé les défis à surmonter. « Il est beaucoup plus facile pour un Européen de se rendre en Afrique qu’il ne l’est pour un citoyen d’un pays africain qui souhaite visiter un autre pays du continent », a souligné le ministre. Des progrès, concède-t-il, ont toutefois été enregistrés au niveau de différentes régions du continent, notamment en Afrique de l’Est et de l’Ouest.
Vishnu Lutchmeenaraidoo a aussi rappelé le régime de visas en vigueur à Maurice, qui résulte à ce que les citoyens de 117 pays en sont exemptés. De plus, le visa à l’arrivée sur le territoire mauricien est octroyé à 67 autres nationalités. Dans le même souffle, dit-il, Maurice accentue son intégration avec l’Afrique continentale. En exemple, l’île est partie prenante de la zone de libre-échange tripartite COMESA, SADC et East African Community, qui dispose d’un marché de 650 millions de consommateurs.
« Il faut faciliter le mouvement des personnes en même temps qu’on est en train de libéraliser le commerce des marchandises et des services », a plaidé le chef de la diplomatie mauricienne. Vishnu Lutchmeenaraidoo estime qu’il est primordial de rendre plus fluide le mouvement des opérateurs et des professionnels dans les différents pays en vue de promouvoir les échanges économiques intra-continent. Il se dit, par ailleurs, optimiste quant à la concrétisation de l’objectif de l’Union africaine d’un passeport africain unique, et ce compte tenu des nombreuses initiatives engagées dans la mouvance de libéralisation de la circulation des personnes.
De son côté, le directeur des Affaires politiques de la Commission de l’Union africaine a affirmé que Maurice « possède les références nécessaires » pour assurer un rôle de leadership dans le processus de libéralisation des régimes de circulation des personnes à l’échelle continentale, grâce à sa politique libérale dans ce domaine. Pour sa part, l’ambassadrice Catherine Jackden, présidente du comité sur la libre circulation des personnes, a déclaré que ce processus encourage l’innovation et le transfert des connaissances au sein du continent, et aide les sociétés à se connaître et à se montrer plus tolérantes.