Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a quitté le pays hier afin de participer à la célébration du jubilé d’or de l’institution panafricaine, l’Union africaine (UA), qui aura lieu à Addis-Abeba en Éthiopie demain. Cette célébration coïncide avec la tenue du 21e Sommet de l’UA, axé sur le thème « Panafricanisme et Renaissance Africaine ».
« La paix et la sécurité », « Le panafricanisme », « L’intégration régionale », « La performance du continent africain sur le plan mondial » et « Le VIH/SIDA » sont parmi les thèmes qui seront abordés par les chefs d’État et de gouvernement.
Le sommet de l’Union africaine a démarré ce mercredi avec la session ordinaire du Conseil exécutif, réunissant les ministres des Affaires étrangères du continent. Maurice est représentée par le ministre Arvin Boolell. L’Assemblée générale des chefs d’État se tiendra dimanche et lundi.
Le Premier ministre, qui est attendu à Addis Abeba aujourd’hui, aura une série de rencontres bilatérales avec des dirigeants africains ainsi qu’avec des invités de marques à cette célébration.
Pour Nkosazana Dlamini-Zuma, président de la Commission de l’UA, le cinquantenaire de l’institution continentale sera marqué du sceau de la renaissance africaine et du panafricanisme. La présidente de la Commission a également insisté sur les résultats de la dernière décennie et sur les potentialités de l’Afrique.
Pour Vijay Makhan, qui a occupé le poste secrétaire adjoint de l’OUA et qui a participé à la création de l’UA, « c’est le moment de se remémorer les premiers pas de l’Afrique vers sa liberté après plusieurs décennies de domination et d’exploitation étrangères, des blessures subies dans sa dignité suite à la déchirure occasionnée par l’esclavagisme ». « C’est le moment aussi de rendre un vibrant hommage à ceux qui ont su inculquer une vision panafricaine au continent, comme Kwame Nkrumah, Julius Nyerere et Ben Bella, pour nommer que ceux-là. C’est bien le moment de s’incliner devant la mémoire de ces milliers d’Africains qui ont sacrifié leur vie pour la libération de leurs pays mais de regretter que certains de ces mêmes pays ont sombré dans la pauvreté et le désespoir pour cause de mauvaise gouvernance et de corruption », a-t-il déclaré au Mauricien
Pour lui, c’est également le moment de faire un bilan de ce que le continent a enregistré comme progrès dans sa démarche collective vers une Afrique plus unie, décerner les failles et apporter les ajustements nécessaires pour qu’elle devienne plus agissante sur la scène mondiale face aux défis de la mondialisation. « Les jalons pour une telle Afrique ont certes été jetés, mais il faut qu’un suivi assidu soit entamé pour que ces jalons ne se recouvrent pas de poussière, comme souvent cela a été le cas s’agissant des décisions prises au plus haut niveau du leadership africain », a-t-il dit.
Vijay Makhan insiste sur le fait que l’Afrique a souvent été décrite comme le continent de l’avenir. « Il ne faut pas laisser planer ce voeu sans que soit fait le nécessaire pour le concrétiser. L’Afrique doit s’assumer. Les chefs d’État et de gouvernement qui convergent sur Addis Abeba ce 25 mai pour célébrer ce cinquantième anniversaire ont une responsabilité énorme et sans équivoque pour faire ce qu’il faut pour répondre aux aspirations des peuples africains », a insisté M. Makhan
« Je suis particulièrement fier d’avoir pu servir ce continent au plus haut niveau pendant deux mandats électifs et d’avoir été de l’équipe de la transition de l’OUA à l’UA », a-t-il confié.
Maurice s’est jointe à l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) — aujourd’hui appelée l’Union africaine — après avoir obtenu son indépendance en 1968. Maurice a accueilli le Sommet de l’OUA en 1976.
Ce jubilé est marqué à Maurice par une série de manifestations, dont un forum sur le thème « Challenges awaiting African Union » avec la participation de NN. Nokwe et Amédée Darga.