Une dizaine de projets ont jusqu’ici été identifiés pour transformer Quatre-Bornes en une ville connectée et « smart ». Cela suite à une invitation d’un Consortium International de partenaires européens et africains à un groupe de chercheurs de l’University of Technology – Mauritius (UTM) et de l’University of Mauritius (UoM) pour soumettre un projet dans le cadre de l’European Union Horizon 2020 ICT-39 Call, qui vise à traduire dans la pratique le concept de ville connectée, ou « smart ». Le Conseil municipal de la Ville des Fleurs a avalisé sa participation à ce projet novateur.
« Ce qu’on demande techniquement, c’est une évaluation générale des problèmes que la ville est susceptible de résoudre à travers le concept de Smart Cities grâce aux nouvelles technologies telles que l’Internet des Objets (Internet of Things – IoT – voir encadré), les applications des Smartphones et les applications web », explique dans une correspondance à la municipalité de Quatre-Bornes, le Dr Pierre C. Catherine, conférencier à l’UTM et représentant du Consortium International à Maurice.
Le Dr Catherine annonce que les villes telles que Nairobi, au Kenya, Maputo, au Mozambique et Cape Town, en Afrique du Sud, ont été sélectionnées pour participer à ce projet. « Concernant la République de Maurice, nous avons pensé que la Ville de Quatre-Bornes serait un candidat idéal puisqu’elle abrite également la Cybercité d’Ébène, qui est déjà très avancée en matière de Technologies de l’information et des communications (TIC) », précise-t-il.
Selon le Dr Catherine, les problèmes types rencontrés par les villes participantes sont notamment celui de la surveillance de la circulation routière, de l’environnement (pollution de l’air et de l’eau) et celle des déchets, entre autres.
Lors de la réunion du 12 janvier dernier, le Conseil municipal de la Ville des Fleurs a donné son aval pour la participation de Quatre-Bornes à ce projet de l’Union européenne. Hier, le Conseil a pris connaissance d’une liste de 10 projets de l’Internet des Objets comme solutions aux problèmes identifiés et donnant le profil de Quatre-Bornes comme une Smart City.
Le manque de parking dans la Ville des Fleurs, l’ignorance des citadins concernant les horaires de bus dans la ville, un système d’éclairage public basé sur l’heure et non sur la luminosité, l’absence d’éducation citoyenne sur l’utilisation efficace de l’énergie dans les foyers, le manque d’information des citadins quant au niveau de la pollution sonore et des champs électromagnétiques dans la Ville des Fleurs, l’ignorance des citoyens du contrôle de la qualité de l’eau potable distribuée, le contrôle inefficace des fuites sur le réseau de distribution d’eau dans la ville, le manque d’incitation pour la récupération de l’eau de pluie, la non-ségrégation des déchets et le manque d’aide aux personnes du troisième âge sont les 10 problèmes identifiés dans la Ville des Fleurs.
« Nous avons sans hésiter donné notre aval pour que Quatre-Bornes participe à ce projet, car si notre ville est sélectionnée, elle fera un bond significatif dans la modernité et deviendra la ville la plus connectée dans cette partie du monde », s’est enthousiasmé pour sa part le maire, Guy Troylukho, dans une déclaration au Mauricien.
Pour le Dr Catherine, la participation de Quatre-Bornes à ce projet est une « unique opportunité » pour le pays de faire partie d’un projet multinational, qui s’il est accepté, serait financé par le plan Horizon 2020 de l’Union européenne. « A l’université, nous disposons déjà d’une équipe prête à relever ce défi », dit-il.