Devant une salle comble lors d’un rassemblement marquant le sixième anniversaire de l’Union nationale, le leader du parti a affirmé qu’il avait définitivement tourné la page sur le MSM. « Mo finn met enn lakroi lor MSM, zame mo pou revini », a lancé Ashok Jugnauth. Il a rappelé sa préférence pour une alliance Ptr-MMM pour les prochaines élections générales et s’est dit déterminé « à tout faire » pour que son souhait se réalise. Il ne croit pas que la nouvelle alliance MMM-MSM tiendra longtemps car le remake « pe tenir lor enn brin seve ».
Face à des partisans enthousiastes, le leader de l’Union nationale (UN) a témoigné hier de son fighting mood dans le nouveau contexte politique. D’un bout à l’autre de son intervention lors d’un rassemblement, Ashock Jugnauth a pris pour cible Pravind Jugnauth qu’il accuse d’avoir agi « en traître » ces dernières années envers Paul Bérenger et Navin Ramgoolam.
Ashock Jugnauth a souligné l’épisode de l’installation de Nando Bodha au poste de leader de l’opposition à la place du leader du MMM lorsque Éric Guimbeau et le PMSD ont quitté l’alliance MSM-MMM après les élections de 2005 et la démission des six ministres MSM du gouvernement alors que le Premier ministre se trouvait à l’étranger. « Li fer tou seki li kapav pou destabiliz gouvernman. Pendan kanpaygn eleksion partiel lor kamion mo ti dir Navin Ramgoolam “fer atansion to pe kre enn mons” me li pa finn ekout moi. »
Le leader de l’UN a fait un rappel des circonstances qui l’ont conduit à prendre ses distances du MSM après les élections de 2005 et à créer en 2007 son parti. Ashock Jugnauth a aussi expliqué à ses partisans hier les raisons pour lesquelles il ne peut cautionner le Remake 2000 tout en reconnaissant « l’excellent travail accompli par le gouvernement 2000-2005 ». « Mo ti premyer dimounn ki ti dir samem meyer gouvernman ki pei finn gaygn e mo pe kontign dir li. »
Selon Ashock Jugnauth, il y a encore beaucoup de questions concernant le Remake 2000 qui n’ont pas encore été éclaircies. Même s’il est contre le remake il dit garder contact avec le leader du MMM avec qui il a toujours de bonnes relations. « Mo sagrin enn tipe pou Paul Bérenger », a-t-il ajouté. Il a aussi déclaré être « en contact avec Navin Ramgoolam » et à informer ses partisans de sa rencontre de plus de trois heures la semaine dernière avec le Premier ministre.
Le leader de l’UN, sous les applaudissements de la foule, prévoit la défaite de son neveu dans la circonscription Quartier-Militaire/Moka (No 8). « Dir li vini li pou gagyn bate-bef. » Ashok Jugnauth ne croit pas non plus que le remake fera long feu. « Pravind Jugnauth pe dir ki gouvernman-la pe tini lor enn brin difil mo dir li ki remake-la pe tini lor enn brin seve. Remake pe tini lor enn sel dimounn », dit-il.
Selon Ashock Jugnauth, seul un « gouvernement fort » et largement plébiscité par la population « kapav tir pei depi kot li ete ». Il estime qu’une alliance Ptr-MMM est capable d’aboutir à un « gouvernement fort ». « Enn lalians Ptr-MMM ek enn deziem repiblik kapav tir sa pei-la ko li ete », soutient le leader de l’UN qui oeuvrera « dans cette direction compte tenu de la ligne de communication établie avec les deux leaders de ces deux partis ». « Mo pou fer tou pou le tou. »
Avant le leader de l’UN, les six autres dirigeants de ce parti qui sont intervenus – Deve Doorgha, Sooruj Mannick, Rishi Jhuboo, Dharmanand Chuckooa, Luchmaya Appanah et Saïd Bechoo – ont brossé un « tableau sombre » de l’économie du pays et se sont attardés sur les problèmes sociaux qui « prennent de l’ampleur ».