Le vendredi 26 décembre, le contrat de l’actuel Commissaire des Prisons (CP), Jean Bruneau, arrive à échéance. Une situation que redoute une partie de l’administration et du personnel des services de la prison, ainsi qu’en témoigne un groupe d’officiers qui ont sollicité les colonnes du Mauricien. Se disant représentatifs « de l’ensemble des officiers et du personnel », ces officiers dénoncent « une campagne révoltante de la part d’un DCP récemment parti à la retraite ». Ils lui reprochent d’être « mû que par ses motivations personnelles » et disent craindre « que sa capacité à changer de casaque politique comme de chemises n’induise en erreur les autorités en place. »
S’exprimant sous le couvert de l’anonymat, des officiers des prisons nous confient leurs appréhensions. « Sans vouloir casser du sucre sur la tête de l’actuel CP Jean Bruneau, dont le bilan positif parle pour lui-même, nous souhaitons attirer l’attention du Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Sir Anerood Jugnauth, que cet ex-DCP multiplie ces jours-ci ses contacts avec des agents de l’Alliance Lepep. Cet homme n’a jamais été apprécié, ni été respecté par les officiers de la prison, et nous le disons haut et fort. »
Nos interlocuteurs déclarent que « nous l’avons tous toléré parce qu’il fait partie de la hiérarchie, mais de par ses agissements et ses attitudes très discriminatoires, il abusait pleinement de sa capacité de DCP non pas pour réaliser un bon travail, mais pour exercer son autorité sur le personnel ». Selon eux, « cet ancien haut gradé des services de la prison pourrait induire en erreur les décideurs politiques actuels ». Ils poursuivent : « Nous avons tous été soulagés quand il est parti à la retraite, tant il abusait de sa position de haut gradé pour pratiquer une politique « dominer », surtout sur les petits officiers. Il n’arrêtait pas de nous faire des remontrances. De plus, il mettait un point d’honneur à souligner qu’il était DCP et de ce fait intouchable… »
Ce groupe d’officiers soutient que « nous avons aussi appris que cet ex-DCP a multiplié les contacts dans les milieux politiques ces derniers jours, avec en tête le souhait de succéder à Jean Bruneau dans l’éventualité où son contrat ne serait pas renouvelé vendredi prochain ». Ils se disent « bouleversés » et craignent beaucoup son retour à la prison. « Ce n’est pas quelqu’un qui inspire les bonnes pratiques, hélas ! »
Garde-chiourmes, PSS et autres SPO avancent que leur démarche a pour but « d’éviter que les nouvelles autorités en place tombent dans les pièges tendus par certains opportunistes prêts à tout pour se faire une place dorée au soleil ». Ces membres du personnel des services pénitentiaires expliquent que lors de la nomination de Jean Bruneau en 2012, leur département faisait face à de nombreux enjeux. « À l’époque, nous avions une très mauvaise image auprès du public, renforcée par des cas d’évasion et autres types d’agissements qui ont porté préjudice à notre profession. »
Nos interlocuteurs soutiennent cependant que durant son mandat de deux ans, l’actuel CP « tout en étant ferme et discipliné, nous a inculqué une nouvelle culture de travail d’équipe et de méritocratie ». Et de renchérir : « Actuellement, très peu d’officiers peuvent dire le contraire. Sous la férule du CP Bruneau, les services de la prison ont gagné l’estime du public et nous avons été valorisés via des formations évolutives, des promotions et d’autres projets visant à mieux nous impliquer dans le processus de réhabilitation des détenus. » Ces officiers de différents départements souhaitent à cet effet le maintien du CP Jean Bruneau. « Notre démarche est d’attirer l’attention sur ceux qui, comme cet ex-DCP, ont des visées sur la hiérarchie de notre département. Mais nous sommes confiants que la bonne décision sera prise en temps et lieu. »
Rappelons que Jean Bruneau, fort d’une carrière de 42 ans au sein de la force policière, avait pris sa retraite en août 2010. Il était à l’époque cité avec insistance pour succéder à Ramanoj Gopalsing comme Commissaire de Police aux Casernes centrales, mais c’est à Dhun Iswar Rampersad qu’est finalement revenue cette place.