Les représentants de différentes organisations non gouvernementales (ONG) sont tous d’avis que la réinsertion des ex-détenus dans la société serait bénéfique autant pour ces derniers que pour la société elle-même. C’est ce qui est ressorti de la rencontre qu’ils ont eue avec la presse récemment, au ARC Building à Port-Louis. Mais pour cela, il faudrait avoir des ressources nécessaires et suffisantes.
Lyndsay Aza, président du groupe ELAN, Samad Dulloo, un des membres fondateurs du Centre Idrice-Goomany, Goolam Cader Ally, président de la Social Education Nationwide Association (SENA), Hakim Peeroo et Mobeen Mauthoor, travailleurs sociaux, autour de le même table. Le thème de la rencontre avec la presse a été l’éducation et la réinsertion sociale à Maurice. Benhamida Abdelaziz, Français d’origine marocaine, actuellement de passage à Maurice, était lui aussi présent.
Samad Dulloo du Centre Idrice-Goomany, qui est engagé dans la lutte contre la drogue parle des « obstacles » à la réinsertion des ex-détenus et ex-toxicomanes. Il cite notamment les nombreux cas dans lesquels sont impliqués ces personnes, les mettant ainsi dans une impasse et leurs conditions de santé, entre autres. Lyndsay Aza parle, lui, du « jugement de la société qui entraîne un blocage chez les autorités ». Des solutions ont été proposées lors de la rencontre des représentants des ONG. Ceux-ci déplorent le manque de structuration à l’égard de la réinsertion et de la réhabilitation des ex-détenus et ex-toxicomanes.
Une des solutions qui pourraient aider au combat pour la réinsertion sociale est, selon le Marocain Benhamida Abdelaziz, la volonté des entrepreneurs à envisager le recrutement des ex-détenus et ex-toxicomanes. « Ils pourraient demander une subvention de l’Etat pour l’offre d’un emploi à un ex-détenu, comme c’est déjà le cas pour les sportifs ou les personnes ayant un handicap », proposent les intervenants de cette réunion, pour qui cette solution pourra créer à la fois de l’emploi et favoriser la réintégration sociale.
Selon Benhamida Abdelaziz, « il faut passer à l’action. Le travail qui est fait actuellement n’est pas suffisant. Il y a un vrai problème sociétal ». Pour lui, si des mesures ne sont pas prises rapidement, la situation risque d’être plus compliquée et les choses risques de s’empirer pour les années à venir. Il est d’avis que s’il y a un travail qui doit se faire, il doit se faire maintenant et conjointement. Son conseil aux représentants : unir leurs forces et leurs compétences, et former une réelle association de toutes les ONG présentes à Maurice qui ont des buts communs. « Il faut penser à une collaboration officielle de toutes les ONG ayant une même volonté. Ceci leur donnera plus de poids et plus de considération de la part des autorités, » dit-il. Il soutient qu’en France, ce genre d’initiative porte ses fruits. « Le problème est trop vaste, trop compliqué pour que chacun travaille seul. Pourquoi ne pas créer un groupe pilote ou une association? Il ne faut pas tout reposer sur le dos de l’Etat », ajoute-t-il avec force conviction avant de terminer sur une note positive : « Le regard de la société changera avec le temps. »
Benhamida Abdelaziz, actuellement aumônier des hôpitaux, a cumulé des postes importants. Il a travaillé, entre autres, pendant 10 ans pour le ministère de la Justice en France, a été Éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse et chef de service éducatif. Il intervient souvent dans les rencontres des associations.