Dans le sillage de l’affaire Khamajeet au sujet des procédures de recrutement dans le secteur public, l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) se retrouve ces jours-ci en présence de dénonciations d’un cas d’espèce.
 Cette affaire porte sur des allégations de trafic d’influence lors des recrutements pour le poste de general field/office premises worker à l’Université de Maurice. L’auteur du whistleblowing de ce scandale allégué, qui a promis au directeur général de l’ICAC des preuves formelles, semble être en possession d’excruciating inside information. C’est du moins ce que soutient la lettre de dénonciations d’ingérence au plus haut niveau du ministère de l’Éducation tertiaire et de l’UoM.
D’entrée de jeu, les dénonciateurs citent les récents commentaires du Parliamentary Private Secretary (PPS) Dhiraj Khamajeet au sujet du hijacking politique des pouvoirs et prérogatives des institutions dont le mandat est de s’occuper du recrutement et de la promotion dans le secteur public en général. « We feel that we should bring to your urgent attention the recruitment procedure of general field workers at the University of Mauritius », écrivent-ils à l’ICAC.
Ils soutiennent que suite à un exercice d’entretien des aspirants candidats pour ces postes le lundi 26 septembre dernier, une shortlist de 35 a été dressée par le management de l’UoM pour le first call. À partir de là, la lettre de dénonciations dresse une liste de zones d’ombre à être éclaircies par une enquête approfondie de l’ICAC.
La première interrogation concerne les procédures adoptées pour l’appel de candidatures. « Were the above posts advertised internally or externally ? Has there been any request sent to the ministry of Employment to have a list of registered unemployed Mauritians with the pre-requisite qualifications for the posts ? » se demandent-ils.
Ils s’interrogent également sur les moyens financiers alloués par la Tertiary Education Commission (TEC) pour le recrutement de cette catégorie d’employés. Ils avancent que tout récemment, la TEC avait interdit à l’UoM de procéder à des recrutements compte tenu du déséquilibre dans le Academic vs Non-Academic Staff Ratio et du fait que cette proportion ne serait plus conforme aux normes adoptées par les institutions tertiaires à l’étranger.
Le deuxième volet des dénonciations porte sur les procédures adoptées pour l’exercice de présélection des candidats. Ils veulent être assurés que les meilleurs candidats n’ont pas été écartés au détriment des enfants et proches des membres du personnel de l’UoM. À ce stade, les premiers noms sont jetés en pâture. Puis, mention est faite d’instructions venant du plus haut niveau du ministère de l’Éducation tertiaire à l’UoM en vue de favoriser des candidatures venant d’une circonscription de l’est de l’île. De graves allégations sont également formulées par rapport à des ingérences en vue de modifier la liste des premiers candidats présélectionnés pour inclure des « protégés politiques ». Les auteurs de la lettre vont jusqu’à soutenir que dans deux cas spécifiques une somme de Rs 15 000 et une bouteille de whisky Red Label ont changé de mains.
Tout en regrettant que des responsables sur le campus de Réduit refusent d’intervenir pour corriger le tir de peur de nuire à leurs relations au plus haut niveau, les auteurs de cette lettre de dénonciations post-Khamajeet écrivent au directeur général de l’ICAC que « we sincerely believe that such malpractice should be stopped. Every single post should be advertised and only the best qualified candidates be called for the interview. We will shortly forward to you documentary evidence of the malpractices ».
Une nouvelle affaire à rebonds politiques à suivre à l’ICAC donc, après la nomination d’un Liaison Officer, ancien édile à la municipalité de Curepipe et proche politiquement du ministre Sik Yuen à la Small and Medium Enterprises Development Authority (SMEDA), les terres de Rose-Belle S. E. pour le projet de Rose Garden Residences ou encore les déclarations du PPS Khamajeet.