L’insularité, l’identité nationale, l’économie, le social, la politique, la démocratie, le logement, la démographie, l’éducation, les langues et le genre. Tels seront quelques-uns des thèmes qui seront exploités au cours d’une conférence internationale de trois jours organisée à Réduit dans le cadre du 50e anniversaire de l’indépendance de Maurice, l’an prochain. L’initiative revient à l’Université de Maurice et reçoit la collaboration du Mauritius Research Council. Intitulée “Mauritius after 50 Years of Independence : Charting the Way forward”, la conférence, qui se tiendra du 28 au 30 juin, verra la participation d’une cinquantaine de chercheurs de Maurice et de 16 autres nations, de même qu’une quarantaine de communications scientifiques.
Lors d’une conférence de presse hier pour annoncer la tenue de cet événement spécial, le vice-chancelier de l’UOM, Dhanraj Jhurry, devait ainsi déclarer : « On veut apporter notre contribution aux célébrations des 50 ans d’indépendance de Maurice. On veut apporter une réflexion sur les 50 ans qu’on a vécus : comment on a fait pour vivre ensemble. Les universitaires tenteront d’apporter une réponse. D’autre part, au-delà de ces 50 ans, on veut se projeter dans l’avenir. Quels sont les outils qui sont à notre disposition pour cela ? »
Le ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, qui est aussi président du comité interministériel pour les célébrations nationales, procédera à l’ouverture de la conférence mercredi prochain à l’Université de Maurice. Selon le comité organisateur, Maurice est souvent perçue comme un « paradoxe » dans le sens où même si son indépendance a émergé dans une grande instabilité, le pays sera arrivé à dépasser cette situation pour connaître « une certaine stabilité démocratique et politique », et ce « sous le signe de la réussite économique ». N’empêche que des questions demeurent sur notre présent et notre futur en tant que nation. « Comment continuer à assurer la stabilité et négocier les défis qui se présentent à notre jeune République ? Comment résoudre les tensions sous-jacentes qui peuvent nous rendre plus vulnérables ? » La conférence sera l’occasion d’analyser ces questions.
Parmi les intervenants figurent d’éminents experts, à l’instar du Pr Thomas Hylland Eriksen de l’Université d’Oslo qui, lors de la cérémonie d’ouverture, se penchera sur les vulnérabilités et les opportunités liées à la petite taille de notre pays. Ou encore le Pr Francis Nyamnjoh, de l’Université de Cape Town, qui s’exprimera sur la citoyenneté africaine au XXIe siècle. Seront aussi présents le Pr Lino Briguglio, de l’Université de Malte – qui interviendra sur la vulnérabilité et la résilience des Petits États insulaires –, et la Pr Janki Andharia du Tata Institute of Social Sciences de Mumbai, qui abordera les transformations nécessaires, selon elle, pour atteindre l’égalité des genres.
Au programme le vendredi 30 juin, une table ronde sur le thème du développement économique : “The Mauritian Development Model – Where we were and where we are heading to ?”. À cette occasion interviendront également des représentants du secteur public et du secteur privé, en l’occurrence Afsar Ebrahim (BDO), le Dr Arjoo Suddhoo (MRC), Min Lee (PlayMoolah), Kevin Ramkaloan (MTPA), le Dr Chintamanee Sanmukiya (Modern College) et Jean Noël Humbert (Eclosia). À noter que cette conférence a reçu le parrainage de la MTPA, d’Air Mauritius, de Beachcomber, de la BDO Mauritius, d’Eclosia, de la SBM et de la TEC.
L’UoM indique que les présentations, qui se dérouleront toutes dans l’amphithéâtre 1 (Lecture Theatre LT1), seront ouvertes au public en accès libre dans la limite des places disponibles. Mais ceux souhaitant assister à toutes les séances et avoir accès aux repas en vue de discuter avec les délégués doivent s’inscrire sur le site Web au plus tard le 24 juin, contre la somme de Rs 3 000, en envoyant un message de confirmation à l’adresse 50yrsmauritius@uom.ac.mu.
Les divers panels seront : “Mauritius at 50 and Beyond : Challenges, Opportunities and Lessons Learnt”; “Celebrating Intra and Transnational Identities : What is the Mauritian Melting Pot made of ?”; “Practising Inclusive and Representative Democratic Principles in Post Independent Mauritius”; “Alternative Mauritian and Islander Modes of Identity and Belonging”; “Celebrating Diversity and Representation : Zooming on being Mauritian”; “Politics of Language and Identity Building in Mauritius”; “Women’s Status in Post Colonial Mauritius : Where we were, where are and where we want to be ?”; “Re-engineering Human Capital : Exploring New Models and Methods”; “Exploring Beyond the Mauritian Economic Model”; “The Mauritian Fabric : Understanding the Multiple Dynamics”; et “Contemporary Development Challenges Facing Post Independent Mauritius”. Au total, ce sont 64 délégués de 23 universités qui y participeront, dont 50 chercheurs. Au terme de la conférence, toutes les réflexions seront compilées dans un recueil.