Les agissements de la vice-chancelière, le Pr Romeela Mohee, font plusieurs mécontents sur le campus du Réduit. Sa décision d’apporter des changements dans les propositions de l’institution au PRB afin d’y inclure ses propres demandes et enlever celles du personnel, et ce sans l’aval du Council, a été très mal accueillie lors d’une récente réunion du Council. Lors d’un point de presse tenu hier sur le campus du Réduit, l’University Staff Union (USU), qui faisait partie du comité qui s’était penché sur les propositions pour être soumises au PRB, évoque des « manquements dans la façon de faire » de la vice-chancelière. « Dans quelle direction se dirige l’Université de Maurice si une vice-chancelière peut se permettre de faire fi des “Statutes” de l’institution pour ses demandes personnelles ? » se demande Iqbal Sookhroo, président de l’USU.
Appelé à soumettre leurs propositions dans le cadre du nouveau PRB, un comité composé des différents syndicats sur le campus avait été institué. En juin, le document avait été soumis à la Senior Management. Or, ce n’est que deux mois après, soit en août, que les membres du Council ont pris connaissance du document. Alors que dans le passé, les propositions passaient toujours par l’aval du Council, la vice-chancelière en a cette fois décidé autrement. Le document, intitulé “University of Mauritius proposals to PRB”, ne contient en effet pas les propositions du comité, « mais plutôt celles de la vice-chancelière qui, contrairement aux “Statutes” de l’UOM, demande une extension de contrat ». Alors que les statuts de l’institution indiquent clairement un contrat de trois ans, le Pr Mohee demande ainsi trois années de plus. L’USU s’indigne de fait que la vice-chancelière ait décidé d’enlever les propositions faites par le comité pour ajouter ses demandes personnelles. À l’heure actuelle, ils disent être toujours dans le flou quant aux propositions qui ont été soumises au PRB. « Le Staff Committee dit avoir pris note du document avant que cela ne passe par l’aval du Council », souligne le président. À cet effet, le syndicat a adressé le 3 septembre une lettre au Premier ministre pour demander la révocation de Vasant Jogoo, qui avait été nommé par le bureau du Premier ministre pour être membre du Council de l’UOM. À noter que Vasant Jogoo assume aussi les fonctions de Chairperson du Staff Committee. Pour les membres de l’USU, ce dernier « a failli dans sa tâche ».
Le syndicat, qui regroupe le personnel non académique de l’institution, souligne que, récemment, il était question de réduire l’heure du déjeuner, qui était d’une heure, à une demi-heure. « C’est une bataille que nous avons remportée car, depuis 30 ans, nous avons toujours bénéficié de ce droit », a soutenu Iqbal Sookhroo. Réagissant aux problèmes de déficit budgétaire que connaît actuellement l’institution, l’intervenant estime que l’institution ne pourra sortir de ce problème de sitôt. « C’est quelque chose qui perdure depuis des années car chaque année, le “grant” du gouvernement reste le même alors que les dépenses, elles, augmentent. Nous sommes disposés à faire des concessions après consultations avec la direction. Nous voulons sortir de cette impasse », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, le campus du Réduit n’est pas resté insensible à l’affaire de plagiat allégué à la vice-chancelière concernant la publication d’un journal en ligne. « Quand un auteur signe un papier, il a la responsabilité du travail accompli. Dans les universités, ceux qui commettent ce genre de faute prennent la porte de sortie. Si Maurice aspire à devenir un “knowledge hub”, il faudra préserver l’intégrité de nos institutions », fait ressortir le président de l’USU.