Si le coût des études et la qualité d’enseignement est l’un des critères qui priment dans le choix des pays et institutions, aujourd’hui, les jeunes qui s’envolent pour des universités étrangères cherchent de plus en plus celles qui offrent un programme d’embauche durant et après l’obtention du diplôme. D’où l’engouement depuis quelques temps pour les institutions canadiennes, qui offrent des programmes d’alternance travail-études, appelé « coop ». Des représentants de ces universités nous parlent de ce nouveau concept, qui attire de plus en plus de jeunes Mauriciens.
Les jeunes Mauriciens dont les parents ont dépensé une fortune pour les envoyer étudier à l’étranger, se rendent aujourd’hui à l’évidence qu’il est souvent difficile de trouver l’emploi qui correspond à leurs qualifications une fois rentrés au pays. En faisant leur choix d’études, les étudiants mauriciens cherchent à s’inscrire dans ces universités qui leur offre l’opportunité des travailler durant les études et, plus encore, après l’obtention du diplôme. A ce titre, le Canada est toujours considéré comme un « nouveau » pays offrant une myriade d’opportunités. En outre, les frais – relativement moins élevés –, ainsi que la politique d’encourager les étudiants étrangers à rester, à travailler et, finalement, à s’y établir, expliquent pourquoi de nombreux étudiants mauriciens ont choisi cette option. Le Dr Dorish Chitson, directrice de l’OVEC (qui représente l’University of New Brunswick, l’University of Manitoba, l’University of Guelph, l’Humber University, l’Algonquin College, la Simon Fraser University et l’University of Seneca), explique que le gouvernement canadien investit énormément dans la main-d’oeuvre et propose donc des frais de scolarité universitaires relativement peu chers, en dépit des normes, qui elles, restent très élevées. A titre d’exemple, dit-elle, les dépenses moyennes de l’enseignement universitaire – prenant en compte le coût de la vie – sont d’environ Rs 800 000 par an au Canada, comparativement à Rs 1 million au Royaume-Uni, Rs 1,2 million en Australie et Rs 1,4 million aux États-Unis. A noter que les frais de scolarité dans les villes populaires de Vancouver, Montréal et Toronto sont néanmoins beaucoup plus élevés que ceux pratiqués dans les provinces intérieures éloignées de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba. « Les étudiants qui se rendent dans ces trois provinces peuvent obtenir un remboursement de leurs frais de scolarité par le gouvernement canadien de 60%, une fois qu’ils commencent à travailler. Et c’est justement ce qui attirent ces jeunes », souligne le Dr Chitson. La Canadian Trade Commissionner Audrey Loney, qui était présente au Salon de l’étudiant de l’OVEC l’année dernière, avait pris l’engagement de faciliter les démarches de l’obtention de visa pour ces étudiants. Le Dr Dorish Chitson, qui est la première et seule Canada Course Graduate à Maurice, intervient désormais directement pour les étudiants pour la demande de visa.
Ainsi, les universités précitées comptent déjà bon nombre d’étudiants mauriciens dans leurs classes. Bien qu’elles ont chacunes leur particularité, elles ont toutes des programmes de “coop” particulièrement prisés des entreprises, auxquels les jeunes Mauriciens ont accès. Ce système de formation en alternance se rapproche de nos formations en apprentissage. Son principe : les étudiants alternent des périodes de stages longs, en entreprises ou dans des laboratoires de recherche, et des semestres de cours. Ainsi, l’étudiant est considéré comme un professionnel en entreprise et assure des missions qui lui permettent d’acquérir une expérience facile à valoriser après l’obtention de son diplôme. Sans compter qu’il est rémunéré en moyenne 1 600 dollars canadiens par mois.