Unnati Negi, Chief Operation Officer dirige les opérations de Fortis Clinique Darné depuis six mois. Elle s’est fixé pour objectif de porter les soins offerts par les services hospitaliers à Maurice à un niveau tertiaire et quaternaire. À ce niveau, dit-elle, les Mauriciens n’auront plus besoin dans la majorité des cas de quitter le pays pour se faire soigner à l’étranger. De plus, Maurice sera en mesure d’offrir des services de santé au niveau régional et pourra se positionner sur la carte du tourisme médical.
Comment se passent vos premiers mois d’adaptation dans l’île ?
Mon adaptation s’est faite sans difficulté. Je suis déjà très bien installée. Je continue sur les bases solides jetées par mes prédécesseurs. Le premier directeur avait eu pour mission de mettre en place toute la structure et l’environnement organisationnel pour permettre le lancement du Fortis Clinique Darné. Le deuxième directeur a eu pour tâche permettre à la clinique de prendre sa vitesse de croisière. Ma tâche consistera à bâtir sur l’excellent travail qu’ils ont accompli afin d’élargir et d’améliorer les services offerts.
Vous avez une formation et une expérience davantage administrative que médicale. Est-ce un avantage ?
Je ne sais pas si c’est un avantage. Cela me permet de laisser toute la partie concernant les soins médicaux aux médecins et aux spécialistes médicaux. Je suis, ainsi, en mesure de me concentrer sur tous les détails administratifs et opérationnels essentiels pour permettre au personnel médical d’opérer dans les meilleures conditions et assurer que les patients obtiennent le meilleur service possible.
Vous êtes la première femme à occuper la fonction de directrice de Fortis Clinique Darné…
Je n’envisage pas mon travail en tant que femme. Pour moi, il n’y a aucune différence entre un homme et une femme sur le plan professionnel et en ce qui concerne la fonction que j’occupe. Pour ce qui me concerne, tous mes collaborateurs quelles que soient leurs fonctions savent que je ne mâche pas mes mots et que je m’attache au travail bien fait. Dans une clinique où c’est la santé et la vie humaine qui sont concernées, on n’a pas droit à l’erreur. Peut-être que le fait d’être une femme fait que j’attache beaucoup d’importance aux relations humaines.
Est-ce qu’on peut considérer votre affectation à Fortis Clinique Darné comme une promotion au sein du groupe Fortis ?
D’une certaine façon oui. C’est la première fois que je me retrouve à la tête d’une institution, bien qu’au Fortis Memorial Research Institute (FMRI), à Gurgaon en Inde, j’ai été chef des opérations et j’ai été aux commandes des affaires et de la gestion générale de trois hôpitaux. Je dois vous dire que j’ai une vingtaine d’années d’expérience professionnelle dans les soins de santé. J’ai eu la chance d’occuper des fonctions importantes au niveau de l’industrie de la santé en Inde et au niveau international. I have handled business development, marketing and project management for National and International organisations, including British High Commission, National Health Services (UK) and General Dental Council (UK). J’ai aussi représenté le National Health Service comme “Country Head-India” auprès du British Foreign and Commonwealth Office avant de travailler au sein de l’équipe réglementaire à Londres pour le General Dental Council. En 2003 j’ai eu l’occasion de lancer les centres de lutte contre le cancer à Max Health Care et me suis associée au lancement de Medanta, du Medicity Hospital de l’Inde, entre autres.
À la lumière de votre expérience comment situez-vous Fortis Clinique Darné dans la constellation Fortis ?
Au niveau des soins primaires et secondaires, Fortis Clinique Darné (FCD) offre un service de très haute qualité. De plus, il ne faut pas oublier que FCD fait partie d’un réseau de 76 hôpitaux qui forment un “pool” de know-how, d’expérience, de compétences qui lui permet d’offrir les meilleurs soins de santé grâce au soutien apporté aux médecins locaux. FCD dispose de 112 lits fonctionnels, de quatre salles d’opération de haut niveau, d’un cardiac catheterisation lab, d’un service d’urgence de 12 lits et un service de 15 lits pour les soins durant la journée. Les statistiques indiquent que plus de 50 000 procédures ont été accomplies depuis l’entrée en opération de FCD. Je vous rappelle que FCD a été créée en 2009 à la suite d’un accord entre Fortis Healthcare et CIEL Group à travers une subsidiaire baptisée Novelife Ltd. Fortis Health Care a obtenu un contrat de gestion pour 10 ans. Nous avons déjà complété avec succès six années de collaboration et nous entrons actuellement dans la septième année. Depuis 2014 FCD a créé une unité dans le Nord afin de mettre nos facilités au service des “outpatients” dans cette partie du pays. Le centre opère un service d’urgence tous les jours, 24 heures sur 24 et offre une variété de services au niveau des soins primaires et dispose d’une Advanced Cardiac life support Ambulance.
Les Mauriciens peuvent-ils bénéficier de soins à un prix abordable à FCD ?
Nous estimons que les services proposés par FCD sont à un prix abordable pour les Mauriciens. Le problème vient du fait que le recours à des spécialistes en provenance d’un des hôpitaux en Inde lorsque l’état du patient l’impose peut faire gonfler la facture. C’est le cas également lorsque nous avons recours à des équipements qui ne sont pas disponibles à Maurice et devons les faire venir de l’Inde. La production de ces équipements médicaux à Maurice aurait permis de réduire considérablement les dépenses des cliniques opérant dans l’île et par conséquent les coûts des services proposés aux clients. De plus une plus grande collaboration entre les cliniques opérant à Maurice aurait permis de partager les frais de déplacement des spécialistes dans des cas spécifiques. On fait souvent venir un spécialiste de l’Inde pour une intervention sur un patient seulement. Il se pourrait que d’autres cliniques aient besoin des services du même spécialiste. Il faudrait développer une formule où lorsque cela est possible les spécialistes en question puissent aussi s’occuper des patients ayant les mêmes problèmes dans d’autres services hospitaliers et d’autres cliniques. Ce qui aurait permis de faire baisser les frais de séjour des patients en clinique.
Nous sommes actuellement en discussions avec d’autres cliniques afin de trouver une formule appropriée.
À mon avis, les autorités devraient faire tout leur possible pour attirer les compétences mauriciennes se trouvant à l’étranger. Beaucoup de Mauriciens ont été formés à l’étranger et mènent une carrière professionnelle loin du pays. Il faudrait lancer un programme qui permettrait à ces professionnels d’opérer dans l’île ou d’initier des programmes de recherche. Ceux que j’ai eu la chance de rencontrer à l’étranger ont souvent exprimé leur volonté de revenir pour apporter leur contribution ne serait-ce qu’à temps partiel. Ils ont l’avantage de comprendre les langues et les cultures du pays et sont loyaux.
On parle beaucoup de la stratégie visant à faire de Maurice un “health hub”. Qu’en pensez-vous ?
Au niveau de FCD nous recevons déjà des patients venant de la région. Il existe bien sûr un grand potentiel de développement dans la région. Nous pensons aussi que Maurice a tout le potentiel nécessaire pour développer un tourisme médical.
Maurice est une belle île, avec un climat approprié. L’air est très propre ici. Il y a très peu de pollution. Nous avons créé des infrastructures dont un desk international pour s’occuper des patients étrangers ou des touristes qui souhaitent venir dans l’île pour des soins médicaux et pour s’assurer que leur séjour dans l’île soit le plus agréable possible. FCD a pris des dispositions pour les acheminer vers la clinique et pour les raccompagner par la suite. Des facilités sont également prévues pour les personnes qui accompagnent les patients. Notre équipe de marketing s’occupe de la promotion des facilités offertes par nos services à l’étranger. There are various opportunities in this specific sector where FCD is working towards a combination of holiday travel along with a procedure package with the same level of service offered in their country, to those who have the willingness to mix health and pleasure together. Nous explorons des marchés notamment en Europe.
FCD travaille-t-elle également en collaboration avec les services de santé à l’île de La Réunion ?
Tout à fait, nous avons des projets à l’étude avec l’île de La Réunion mais nous travaillons aussi avec l’Afrique du Sud.
Est-ce que la clinique a un projet CSR ?
Nous sommes engagés dans des activités CSR à travers le groupe CIEL. Nous mettons souvent nos ambulances au service des plus nécessiteux. Nous avons d’autres projets en préparation dont des services gratuits pour des soins primaires pour certaines maladies non transmissibles dont le diabète. Nous en reparlerons.
Comment voyez-vous le rôle de la clinique à l’avenir ?
Mon but est de faire en sorte que la FCD puisse offrir des soins du niveau tertiaire et quaternaire. C’est-à-dire des services spécialisés de haut niveau dans une variété de spécialisation et de super-spécialisation que j’aurais souhaité introduire à l’avenir. L’idée est de faire en sorte que le maximum de patients n’aient pas à quitter le pays pour se faire soigner à l’étranger.