La nouvelle stratégie de l’Université de Maurice s’oriente plus vers la recherche. Célébrant la 10e édition de la Research Week, l’institution tertiaire a vu son budget, consacré à la recherche, quadrupler par rapport à celui de l’année dernière. Des efforts seront faits pour réduire les coûts sans compromettre la qualité de l’enseignement, pour supprimer certains cours et doubler le nombre de doctorants d’ici trois ans.
Le coup d’envoi de la 10e édition de la Research Week de l’Université de Maurice a été donné lundi matin à l’auditorium Octave Wiehe, à Réduit. « Nous positionnons l’université vers la recherche. C’est extrêmement important car cela nous permettra d’être plus compétitifs face à la compétition localement et internationalement. L’Université de Maurice se réinvente et se repositionne. Nous espérons à travers la recherche avoir une place plus importante dans le pays », dit le vice-chancelier de l’Université, Dhanjay Jhurry. Il est important, ajoute-t-il, « de montrer au pays que l’université a un impact au niveau de la recherche », surtout à un moment où Maurice aspire à devenir une économie à revenu élevé. Selon lui, cela ne se réalisera pas si l’investissement massif n’est pas fait dans la recherche et l’innovation. « Nous essayons d’avoir plus d’impact sur le pays et de démontrer que l’université est un secteur incontournable pour le développement de la recherche ».
Dhanjay Jhurry souligne que le secteur industriel est également partie prenante des recherches effectuées à l’UoM, et apporte sa contribution au niveau du financement. « Il est important de démontrer ce que nous faisons pour l’industrie à travers l’innovation ». La recherche, souligne-t-il, c’est bien plus qu’une publication de temps en temps, il faut franchir une étape. Pour que l’industrie soit compétitive, avance-t-il, il est « primordial d’investir dans la recherche » et de la soutenir dans le développement de nouveaux produits. Il a souligné également la nécessité de la recherche dans le domaine médical.
Cette année, le budget de l’UoM pour la recherche a été quadruplé. L’institution a reçu Rs 16 millions, contre Rs 4 millions l’année précédente. Outre la contribution de l’industrie, l’UoM reçoit aussi des financements de l’étranger. L’an dernier, l’institution a reçu Rs 22 millions de sources externes, et souhaite obtenir une part assez importante des Rs 50 millions obtenues par la TEC. Mais pour que les recherches puissent être réalisées dans de bonnes conditions, des infrastructures appropriées sont également nécessaires, souligne le vice-chancelier, qui indique que le financement obtenu sera aussi utilisé en ce sens. La Research Week permet aux chercheurs de prendre du recul et de présenter leurs réussites dans leurs projets et leurs découvertes. Les étudiants en doctorat ont aussi l’occasion de montrer ce qu’ils ont accompli et de s’exposer aux critiques. « Si on n’est pas exposé aux critiques, on peut difficilement avancer dans notre travail », dit-il.
Par ailleurs, des collaborations stratégiques avec d’autres universités étrangères sont aussi à l’agenda de l’UoM pour la recherche. Dhanjay Jhurry, qui revient d’une mission de l’Australie, indique qu’un plan d’action avec trois universités de Perth a été établi dans le domaine de l’océan et de la santé, deux secteurs sur lesquels se penche l’UoM.
Si la recherche aide à rehausser le classement d’une université, cela ne doit pas être l’objectif de l’Université de Maurice, affirme cependant le vice-chancelier. Malgré la résistance à laquelle il fait face dans la réalisation de sa vision, il soutient qu’il « ne reculera pas ».