Dev Manraj, nommé visiteur à l’Université de Maurice, aurait été appelé à soumettre d’autres documents au Bureau du Premier ministre. Ce qui sème la confusion sur le campus car tout laisse à croire qu’il a soumis son rapport sur la restructuration de l’institution depuis le 5 février, date à laquelle il a commencé à présider un autre comité. De plus, selon les statuts de l’UoM, le chef du gouvernement Navin Ramgoolam aurait dû ensuite le remettre au Conseil d’administration. Pour les doyens, c’est au Council de prendre des décisions par rapport aux recommandations du rapport. Ils disent ainsi craindre « des magouilles ».
Trois semaines après que le rapport sur la restructuration de l’Université de Maurice a été soumis au bureau du Premier ministre, le Conseil d’administration de l’institution n’est toujours pas en possession du document. Tous s’interrogent sur un tel retard alors que les recommandations des deux autres rapports rédigés par le visiteur Dev Manraj, il y a quelque temps — sur l’UOM Trust et sur les étudiants en pharmacie —, ont été connues dès qu’ils ont été déposées au bureau du Premier ministre. Concernant le rapport sur l’UOM Trust, il a dû passer par le Cabinet car ce dernier préconisait un amendement à l’UoM Act de 1971 afin de permettre l’accréditation des cours dispensés par le Trust dès cette année. Toutefois, cela n’avait pas pris plus de trois semaines.
Ce qui intrigue certains c’est que le rapport sur la restructuration des statuts de l’UoM ne concerne que le Conseil d’administration de l’institution et ne porte pas sur l’University Act et de ce fait, il n’y a aucune raison qu’il fasse l’objet d’une réunion du Cabinet. Selon les statuts de l’Université de Maurice, « the result of any enquiry held by the visitor shall be submitted to the Prime Minister who shall communicate it to the Council ». Il incombe alors au Council de prendre des mesures selon ces recommandations et non pas au bureau du Premier ministre. Aussitôt soumis au PMO, le rapport aurait dû être transmis au Council.
Les doyens, qui s’interrogent sur ce retard de trois semaines, disent craindre que les recommandations ne soient manipulées avant la soumission du document au conseil. D’autant plus qu’ils ont appris que le visiteur aurait été appelé à soumettre d’autres documents au bureau du Premier ministre. « Si le rapport a déjà été soumis, pourquoi alors soumettre d’autres documents ? Y aurait-il des personnes qui veulent maintenant corriger le travail d’un expert nommé par le Premier ministre lui-même ? », se demandent-ils.
Rappelons que cette restructuration a pour but de décentraliser les responsabilités à tous les niveaux, y compris en ce qui concerne les cinq facultés. Dans un premier temps, ce démantèlement permettra d’améliorer l’efficacité de l’administration tout en diminuant la lourdeur administrative.
L’initiative de l’ancien vice-chancelier de l’UoM, le Pr Konrad Morgan, pour une meilleure gestion de l’institution tertiaire, a toujours fait des mécontents parmi ceux occupant des postes à responsabilité. Une fois de plus, indique-t-on, il semblerait que certains veulent employer « les grands moyens » pour contrecarrer les recommandations de ce rapport. Le bras de fer qui s’opposait récemment entre le Registrar qui est la Central Administration et le visiteur Manraj laisse à penser que certaines personnes ne veulent pas se défaire de leurs postes à responsabilité.