Le Pr Konrad Morgan a expliqué au Mauricien qu’il a démissionné de son poste de vice-chancelier à l’Université de Maurice à cause d’une combinaison de facteurs entravant la poursuite de son travail.
« […] Due to a combination of factors that I felt limited my ability to make further progress, I felt it appropriate to tender my resignation to make way for new Vice-Chancellor who can build on my work and further develop the institution », affirme le professeur Konrad Morgan au Mauricien. Il dit sa reconnaissance d’avoir eu l’occasion de diriger l’Université de Maurice (UoM) au cours de ces 24 derniers mois. « It has been an enormous pleasure to be able to work with a great team at the University and in the last two years I believe that we have made some positive changes to the institution which will serve the basis for even greater progress in the future. »
Parmi les changements apportés à l’UoM, le Pr Konrad Morgan souligne une hausse de 10 % dans le nombre d’inscriptions en août 2011 et une croissance annuelle de 42 % de détenteurs de doctorats en novembre 2011. Sous son mandat, l’ancien vice-chancelier indique avoir fait classer le campus de Réduit parmi les 20 meilleures universités d’Afrique par le Spanish Research Council en janvier 2011.
À une question du Mauricien sur ses projets professionnels, le Pr Konrad Morgan affirme n’en avoir aucun pour le moment. « I do not have any new job or career that I am leaving to take up », précise-t-il, avant d’ajouter qu’après deux ans de travail intense dédié à l’UoM, il prévoit quelques semaines de vacances avec sa femme avant de quitter Maurice « and will then think about my career options ».
L’ancien vice-chancelier souhaite du succès à l’institution de Réduit à l’avenir « and especially the new Council members who I am sure will oversee the institution with the same dedication as their predecessors ». En poste depuis deux ans, le Pr Konrad Morgan a travaillé sur un plan de reforme de l’université. Un plan qui prévoit la décentralisation des pouvoirs qui aujourd’hui sont concentrés dans les mains du Registrar de l’université. La ratification de ce plan de réforme avec un changement des statuts de l’UoM devaient avoir lieu à la réunion du conseil d’administration de l’université présidée par le Pr Soodursun Jugessur, le 22 décembre 2011. Or, juste avant la réunion, le conseil a été démantelé par le Bureau du Premier ministre.
Selon l’UMASA (University of Mauritian Academic and Staff Union), l’UoM est entrée en congé le 23 décembre et la reprise a eu lieu le lundi 9 janvier. À cette date, le Pr Konrad Morgan indique ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
UMASA : « Nou pe perdi le sens de direksyon »
« Nou pe perdi sens de direksyon », a fustigé le président de la University of Mauritius Academic and Staff Union (UMASA) Dinesh Hurreeram lors d’une conférence de presse en fin de matinée à l’Université de Maurice, à Réduit.
Entouré des autres membres du syndicat, il devait déplorer les circonstances ayant mené le vice-Chancelier de cette institution, le Pr Konrad Morgan, à soumettre sa lettre de démission le 9 janvier dernier. Pour lui, il est plus qu’urgent d’apporter des changements au sein de cette institution tertiaire. Dinesh Hurreeram affirme que le plan de structuration du VC favorisant une décentralisation des pouvoirs était prêt. « Il fallait le ratifier et apporter des changements aux statuts de l’UoM ». Une tâche qui allait être effectuée le 22 décembre dernier lors de la réunion du conseil d’administration. M. Hurreeram trouve inconcevable qu’une personne, soit le Registrar, soit la seule à s’opposer à cette réforme. « Registrar ena tou pouvoir, même plis ki VC et zordi couma dir même plis ki président konsey ».
Selon Dinesh Hurreeram, le syndicat, qui soutient la réforme Morgan s’est assuré dès le départ qu’il n’y aurait pas de suppression de poste, pas de licenciement et pas de diminution de salaire avec sa mise en application.
Déplorant cette situation, il souligne que le recrutement d’un nouveau vice-chancellier prendra deux à trois mois. Un appel à candidatures doit être lancé sur le plan international puisque l’Université de Maurice est une institution internationale. Par conséquent, l’UoM restera « sans tête » à la direction pendant tout ce temps, alors qu’il y a deux postes de pro vice-chancelier qui sont vacants également.
Dinesh Hurreeram affirme aussi qu’« il y a ingérence du ministre de l’Éducation tertiaire Rajesh Jeetah dans le fonctionnement de l’Université, et ce même si celui-ci dit le contraire ». Pour lui, il n’est pas normal qu’une institution autonome comme l’UoM ait à rendre des comptes à un ministre d’autant que rien ne le spécifie dans ses statuts. Il affirme que c’est le conseil qui prend des décisions qui sont exécutées par le VC et que celui-ci n’a aucun compte à rendre au ministre. « Dans aucune université au monde, il existe une telle pratique », dit-il.
M. Hurreeram souligne que le Board of Investment (BOI) organise une grande conférence à la fin du mois pour attirer des investisseurs étrangers dans le secteur tertiaire. « Comment attirer des investisseurs dans le secteur et des étudiants étrangers sans un système approprié ? »
L’UMASA tient une assemblée générale spéciale demain à la mi-journée pour décider de la marche à suivre après la démission du vice-chancelier.