Le Conseil de l’Université de Maurice le 31 mai a choisi le Pr Neil Garrod en tant que vice-chancellor de l’institution. Le Britannique a jusqu’à vendredi pour faire connaître sa décision. Entre-temps, la nomination d’un autre étranger après le départ du Pr Morgan n’a cessé de susciter des débats sur le campus du Réduit. Si la Students Union est montée au créneau en vue de réclamer un Mauricien à la tête de l’institution, l’University of Mauritius Academic Staff Union dénonce, elle, cette démarche, jugée une tactique en vue de décourager le Pr Neil Garrod à accepter le poste.
La nomination d’un autre étranger à la tête de l’Université de Maurice (UoM), après le départ du Pr Morgan, ferait des mécontents. Le personnel académique pour sa part est catégorique : que ce soit un étranger ou un Mauricien, le personnel académique de l’UoM est prêt à collaborer pour le bon fonctionnement de l’institution. Cependant, ce que l’Union refuse d’accepter, c’est une campagne tendant à décourager le Britannique Neil Garrod à accepter le poste. « UMASU is ready to collaborate fully with whoever eventually takes up the position of Vice-chancellor, be it Professor Neil Garrod or Professor Ramesh Rughooputh, provided that the offers are made in respect of meritocracy and according to the order of the list drawn up », écrit-elle dans une lettre adressée à la presse. L’UMASU est montée au créneau pour dénoncer l’agissement de certains. Si la Student Union est venue il y a quelques jours clamer haut et fort qu’elle veut la nomination d’un Mauricien à la tête de l’UoM, l’UMASU déplore l’absence de sanction du Council en vue d’arrêter les détracteurs. « We expected the University authorities to assume their responsibilities and to call to order the students and non-academic staff concerned (some are even members of the University Council) for going against the provisions of the University Statutes which clearly state that the University will not discriminate on the basis of nationality », souligne-t-elle. Dans cette lettre, la University of Mauritius Academic Staff Union fait aussi part de son désaccord quant à « l’attitude du Pro VC, Le Pr Soodursun Jugessur, de se dissocier de la décision du Council de nommer le Pr Neil Garrod ». Contacté à plusieurs reprises ce matin, le Pr Jugessur était injoignable.
Par ailleurs, le délai accordé au Pr Neil Garrod pour accepter le poste de vice-chancelier expire ce vendredi. Le deputy Vice-chancellor de l’Université de Greenwich — depuis la décision du Council de le nommer le 31 mai dernier — a eu deux semaines pour faire part de sa décision. Un délai jugé trop court par certains, car si le Pr Garrod accepte le poste, il s’agit de toute une organisation en termes de logement et de déplacement. Une décision qui aurait pu prendre plus de deux semaines. Or, si le Pr Neil Garrod ne répond pas par l’affirmative jusqu’à vendredi, c’est Ramesh Rughooputh, le deuxième best candidate sélectionné, qui se verra offert le poste. Le Council n’aura pas à se réunir de nouveau pour cette décision car, lors de la dernière réunion, le comité avait déjà shortlisted les trois meilleurs candidats.