L’University of Mauritius Academic Staff Union (UMASU) monte au créneau pour dénoncer la façon d’agir du Conseil de l’Université de Maurice après que ce dernier a fait comprendre à ses membres que toutes les décisions et délibérations du Conseil doivent être tenues confidentielles. Du fait de cette situation, les membres sont informés de la tenue des réunions quelques heures seulement avant qu’elles ne débutent et ne sont pas tenus au courant des sujets qui y seront abordés. Lors d’un point de presse hier, l’UMASU condamne ce qu’elle estime être une « violation de leurs droits » syndicaux. « Comment peut-on demander à un représentant du personnel académique de ne pas communiquer et discuter avec ses semblables », s’insurge le Dr Preethee Gonpot, présidente de l’UMASU.
Depuis l’arrivée du nouveau vice-chancelier de l’Université de Maurice, la communication semble aller de plus en plus mal au sein de l’institution. À tel point qu’il a été décidé que tout ce qui concerne l’UoM devra être traité en stricte confidentialité. Dans un souci de préserver l’image de l’Université de Maurice, ou du moins de ne laisser aucune information qui pourrait porter atteinte à sa réputation circuler, le Conseil de l’UoM a en effet décidé que toutes ses réunions, décisions et délibérations devront être tenues secrètes. Cette décision a été communiquée à ses membres par le biais d’une lettre officielle le 17 août dernier. Le Conseil leur a aussi fait comprendre que « all leakages and articles in the press will be referred to the Criminal Investigation Division by the registrar ». Pour le Dr Gonpoot, « c’est la première fois que nous observons une démarche visant à empêcher de communiquer dans une université ». Auparavant, explique encore la présidente de l’UMASU, tous les représentants du Conseil étaient informés avant de la tenue des réunions et des items à l’ordre du jour. « Cela donnait le temps aux représentants – académique, non académique ainsi que des étudiants – de discuter avec les personnes concernées et de recueillir leurs points de vue et suggestions avant d’assister à la réunion. Mais aujourd’hui, nous sommes dans une situation où le représentant ne peut plus communiquer. Qui va-t-il représenter alors ? » s’interroge le Dr Gonpot.
L’UMASU juge en effet « inacceptable » cette décision qui, fait-elle ressortir, est « en violation avec l’UOM Act & Statutes », selon laquelle « representations of views of staff and students on matters are to be taken up at Council and Senate ».
De ce fait, l’University of Mauritius Academic Staff Union a adressé une lettre au Chairman du Conseil lui faisant part de leurs appréhensions quant à la tournure que prennent les événements à l’UOM. Le syndicat lui demande de revoir cette décision. Néanmoins, le Chairman leur aurait fait comprendre que la décision ne se situe pas à son niveau. La requête a également été envoyée au vice-chancelier, mais l’UMASU attend toujours une réponse. « All universities across the world operate in an open and transparent mode. By adopting the above stand, the University of Mauritius is regressing by taking a step backwards, for the first time in its 40 years history, in referring its staff to criminal prosecution for simply wishing to get access to information so as to voice out their views on the management of their university », écrit l’UMASU.
Face à cette situation, le syndicat affirme qu’il ne baissera pas les bras si rien n’est fait au niveau de la direction pour revoir cette décision. L’UMASU envisage de porter le litige à la connaissance des organisations locales et internationales, notamment à l’Association of Commonwealth Universities. « Quel est notre droit à l’information ? La direction veut-elle nous faire comprendre que quand quelque chose ne va pas à l’UoM, il faut rester tranquille et que le public ne doit pas en être informé. Ce n’est pas ainsi que nous allons contribuer à l’avancement de cette institution », soulignent les membres de l’UMASU. Et de souligner que cette « façon de faire » de la direction de l’UoM engendre une certaine frustration au sein du campus. « Si c’est déjà comme cela maintenant, on se demande ce que ce sera à l’avenir », soutient l’UMASU. Des actions syndicales sont aussi prévues si la direction ne revoit pas sa position.