Lors d’une assemblée générale spéciale de la University of Mauritius Academic Staff Union (UMASU) hier à la mi-journée, le syndicat a demandé « officiellement et ouvertement » la démission du président du conseil d’administration de l’Université de Maurice (UoM), Soodursun Jugessur. Il demande aussi « que cessent les ingérences du ministère du ministre de l’Éducation tertiaire, de la Recherche et de la Science, Rajesh Jeetah, dans les affaires de l’université ». C’est ce qu’a déclaré un porte-parole de ce syndicat au Mauricien, hier.
« Nous avons expliqué la situation à nos membres, le personnel académique. Ils nous ont mandatés pour demander officiellement et ouvertement la démission de Soodursun Jugessur et deuxièmement, ils ont demandé que cessent les ingérences politiques dans les affaires de l’université », font ressortir les dirigeants de l’UMASU au Mauricien.
Selon nos interlocuteurs, les membres du syndicat estiment que « le pro-chancelier de l’UoM, Soodursun Jugessur, aurait dû s’assurer que les provisions de la University of Mauritius Act soient respectées afin que le ministre de tutelle ne s’ingère pas dans les affaires de l’UoM ».
L’UMASU maintient que « le président du conseil a fait capoter le plan de restructuration à cause d’une personne ».
L’UMASU précise que la Registrar de l’UoM n’est pas la secrétaire du conseil d’administration mais a pour tâche de « provide secreterial services ». Celle-ci n’a pas le droit de vote sur le conseil d’administration mais « fait un fort lobby pour que le plan ne soit pas accepté ». Le syndicat déplore une nouvelle fois le fait que le conseil d’administration a été démantelé par le bureau du Premier ministre juste avant la réunion au cours de laquelle les statuts de l’UoM allaient être ratifiés par un minimum de deux tiers du conseil. Cette réunion était prévue pour le 22 décembre dernier. « Moins d’une semaine avant, soit le 16, nous avons appris que le conseil était démantelé », font ressortir les dirigeants du syndicat.
Dans les milieux proches de la Registrar, on parle d’un sentiment de frustration par rapport aux propositions de ce plan de réforme. Le point majeur du plan est la décentralisation du pouvoir, qui aujourd’hui est entre les mains de la Registrar. « On est en train de downgrade ce poste et tous ceux qui ne sont pas des postes académiques », fait ressortir une source proche du bureau de la Registrar. On laisse aussi entendre que c’est la raison pour laquelle la Registrar s’est opposée dès le début à cela et ce même si elle n’a pas le droit de vote au conseil.
On affirme aussi qu’elle serait contre les rencontres régulières qu’avait le vice-chancelier avec le ministre Jeetah. D’ailleurs, dans une déclaration au Mauricien plus tôt hier matin, le professeur Jugessur devait également affirmer que « sur une question de principe ce n’est pas bon, sinon l’UoM aurait eu une administration différente ». « Cependant, ajoutait-il, la présence du vice-chancelier dans certaines de ces réunions a été bénéfique pour l’université. Il a pu faire débloquer des fonds qui étaient contrôlés par la Tertiary Education Commission. »
Rajesh Jeetah devait récemment confirmer au Mauricien qu’il avait des réunions avec le vice-chancelier toutes les deux semaines. « Il faut qu’on sache ce qui se passe. On discute des policy matters et non du day-to-day running de l’institution ».
Dans tous les milieux de l’université, que ce soit au niveau de l’UMASA, du bureau de la Registrar ou du président du conseil d’administration, « on regrette » le départ de Konrad Morgan, et « on reconnaît le bon travail qu’il a effectué durant les deux dernières années ». Le ministre Jeetah l’affirme aussi. Au Mauricien, le vice-chancelier expliquait que « […] due to a combination of factors that I felt limited my ability to make further progress, I felt it appropriate to tender my resignation to make way for new Vice-Chancellor who can build on my work and further develop the institution. »