Souvent la cible de critiques, l’Université de Maurice (UoM) souhaite se focaliser sur des éléments qui pourront non seulement augmenter son classement au niveau mondial, mais également sa visibilité sur le continent africain. L’UoM travaille en ce moment sur une stratégie visant à rehausser la qualité de l’enseignement, améliorer la recherche et s’internationaliser. Une e-library sera lancée en ce sens pour ses étudiants et le public.
« Des appels à manifestation d’intérêts pour l’excellence dans la recherche ont été lancés par l’Université de Maurice. Nous avons reçu une trentaine d’applications », affirme le Dr Issack Santally, pro-vice chancelor (ressources and planning) à l’Université de Maurice. Des pôles de recherche dans l’énergie, l’agriculture, le tourisme, la chimie ont déjà été identifiés pour augmenter la visibilité de l’UoM. Cette démarche est l’une des premières étapes en vue de rehausser le statut de l’UoM dans la recherche, et ainsi démontrer l’intérêt que porte l’institution dans ce créneau. Selon le Dr Issack Santally, plus de dix applications ont été sélectionnées.
Pour soutenir l’UoM dans son nouveau créneau de développement, la Tertiary Education Commission (TEC) a augmenté le budget pour la recherche à 16 millions cette année, contre Rs 4 millions l’an dernier. Sept différents “schemes” seront financés pour la promotion de la recherche. « À travers la recherche, nous pensons que le classement de l’Université de Maurice pourra s’améliorer, surtout pour les études doctorales », estime le Dr Issack Santally. C’est dans ce but que Rs 800 000 ont été déboursées l’an dernier à travers cinq projets prioritaires.
E-library
Dans son élan d’innovation, l’UoM travaille en ce moment sur un projet d’e-library. « La priorité est de mettre en place une e-library car notre bibliothèque physique ne comprend qu’une petite composante de librairie en ligne. Notre idée est d’ouvrir cette e-library aux étudiants et au public », déclare le Dr Issack Santally. Cette librairie devrait permettre d’ajouter des livres de grands chercheurs, consultables en temps réel. « Nos étudiants auront droit à des livres et à des études récents », précise-t-il. Le gouvernement a aidé l’UoM dans la mise en place de ce projet, considéré comme étant d’importance nationale, et émanant du vice-chancelier, le Pr Dhanjay Jhurry. Lancé en mars, il doit être concrétisé avant le mois de décembre.
L’UoM s’évertue également à réduire les frais d’études. « Nous avons eu des critiques disant que nos frais sont trop élevés. Nous comptons baisser le coût d’une maîtrise », dit le Dr Issack Santally. Il ajoute que le montant exorbitant des cours qui ciblent les étudiants étrangers, et notamment africains, sera aussi revu à la baisse. Les tarifs actuels sont en effet un écueil pour les étudiants qui viennent de pays dont la valeur monétaire est inférieure à celle de Maurice. Le Dr Issack Santally fait en outre ressortir que ceux qui travaillent et étudient en même temps éprouvent des difficultés à payer leurs études. « L’Afrique et l’Inde sont les deux marchés que nous pouvons exploiter », observe-t-il. Selon lui, l’UoM développe une stratégie « agressive » pour ces étudiants. Des cours à distance pour ces derniers ont aussi été lancés et un International Affairs Office sera mis sur pied pour étudier toutes les stratégies destinées à attirer les étudiants étrangers.
Développer la culture d’entreprise
Selon le Dr Santally, les étudiants réalisent souvent de bons projets qui sont mis au placard lorsque ces derniers sont à la recherche d’un emploi. « À travers l’incubateur, ils auront la possibilité d’être encadrés pour que leur projet puisse être réalisé ». Le but de cette initiative est d’encadrer ces étudiants afin qu’ils obtiennent les financements suffisants en vue de réaliser leur projet.
« Le concept d’incubator sera approuvé lors du prochain conseil. Un espace a déjà été “earmarked” en ce sens ». Le premier domaine à développer est celui des TIC. « Le marché des TIC est déjà ouvert par défaut », souligne le Dr Santally, ajoutant que l’UoM veut développer l’idée de “creative thinking”. L’université compte aussi s’orienter vers l’impression 3D. Même l’obtention d’un petit segment du marché pourra, selon notre interlocuteur, améliorer la vie des étudiants, qui deviendront leur propre chef.
« Nous commençons peu à peu. Nous ne voulons pas investir une somme massive d’un seul coup », concède le Dr Issack Santally. En ce moment, 15 étudiants travaillent sur un projet d’IoT (Internet of Things) avec le National Productivity and Competitiveness Council (NPCC), qui les a mis en relation avec des entreprises ayant des besoins dans ces domaines. Ces étudiants développent des solutions basées sur l’IoT et adaptées pour ces entreprises. Par ailleurs, l’UoM, en partenariat avec des entreprises privées, établit un plan de travail pour la formation des étudiants afin d’accroître leur employabilité.
De plus, l’UoM se penche sur un “template” pour le public. « Si quelqu’un a une idée et veut la tester, il peut venir envers nous », annonce le Dr Issack Santally. Cette année, 2 800 étudiants feront leur entrée à l’université. Mais la population estudiantine mauricienne est relativement faible par rapport à l’Afrique. Pour Issack Santally, il n’y a pas d’autres choix que d’aller en Afrique.
Outre la recherche, la baisse des prix des cours et l’internationalisation, l’UoM a démarré un audit sur la qualité de son enseignement. Le but va dans le même sens, qui est d’améliorer son niveau.