L’Université de Maurice se retrouve pour la deuxième fois avec un cas de plagiat allégué d’un haut cadre de l’institution. Depuis quelques jours, les chargés de cours de l’UOM sont en possession d’un mail selon lequel le travail de la Vice-chancelière, le Pr Romeela Mohee, a été rétracté sur le site qui l’avait publié, et ce, pour des raisons de plagiat. Les experts scientifiques qui jugent le travail des auteurs avant la publication ont ordonné à ce que ce travail soit rétracté, indiquant que « this article has been retracted, as per the request of its authors, due to improper citation methods ». Rappelons qu’en mars 2014, des étudiants avaient dénoncé un premier cas de plagiat de travaux scientifiques. Face à cette situation, les chargés de cours se disent indignés. « Quelle sera la réputation de notre institution si l’intégrité académique de la VC est elle-même remise en cause?? », se demandent-ils.
L’Université de Maurice s’attelle régulièrement à renforcer ses paramètres de sécurité pour décourager le plagiat parmi les étudiants. Pourtant, un énième coup dur est porté à la réputation de l’institution du fait d’un cas de plagiat allégué, parmi un haut cadre. En effet, les chargés de cours sont tombés, il y a quelques jours, sur le site web parlant de la rétraction pour plagiat du travail de la vice-chancelière, le Pr Romeela Mohee, intitulé “Zumar M. A. Bundhoo, Ackmez Mudhoo, and Romeela Mohee, “Promising Unconventional Pretreatments for Lignocellulosic Biomass” Critical Reviews in Environmental Science and Technology, 43.20 (2013) : 2140 – 2211”. La Critical Reviews in Environmental Science and Technology (CREST), qui juge le travail soumis pour publication, estime que les auteurs de cet ouvrage n’ont pas respecté les règles de citation et ont commis en quelque sorte du plagiat.
« We, the Editor and Publisher of Critical Reviews in Environmental Science and Technology, are retracting the following article : Zumar M. A. Bundhoo, Ackmez Mudhoo, and Romeela Mohee, “Promising Unconventional Pretreatments for Lignocellulosic Biomass” Critical Reviews in Environmental Science and Technology, 43.20 (2013) : 2140 – 2211, http://dx.doi.org/10.1080/10643389.2012.672070. This article has been retracted, as per the request of its authors, due to improper citation methods. This action constitutes a breach of warranties made by the authors with respect to originality », peut-on lire sur ce site web, qui publie des journaux scientifiques.
À noter que l’article du Pr Mohee avait été publié en 2013 dans Volume 43 Issue 20, pages 2 140 à 2 211, alors que le “Statement of Retraction” a été publié en ligne le 4 novembre 2014. Cette information est apparue en publication cette année dans le Volume 45 Issue 4, page 428. Toutefois, ce n’est qu’il y a quelques jours que les chargés de cours dans ces domaines ont appris la rétractation de l’article du Pr Romeela Mohee. Pour eux, c’est l’indignation, car un travail rétracté par des experts scientifiques signifie que le comité examinateur a ordonné que l’auteur retire son travail pour manquement professionnel. À noter que CREST a des consignes bien claires quant aux principes de citation pour un papier ayant fait référence à d’autres journaux publiés par d’autres auteurs.
Les chargés de cours se disent inquiets car ce n’est pas la première fois qu’un cas de plagiat est allégué parmi un haut cadre de l’UOM. L’année dernière, des étudiants avaient dénoncé la vice-chancelière pour avoir plagié deux ouvrages scientifiques. C’est d’abord dans le magazine Journal Science qu’elle aurait copié ses travaux. Pour un autre projet de recherche, la vice-chancelière de l’UoM aurait reproduit des extraits d’un papier publié dans la Royal Society of Biological Services. Elle avait toutefois démenti, indiquant « qu’il y avait des pratiques communes à toutes les universitaires du monde ».
De même, le personnel de l’UoM fustige qu’aucune sanction n’avait été prise contre elle et que la direction de l’institution avait tout simplement fermé les yeux sur cette affaire. Une fois de plus, par peur de représailles, les chargés de cours ne veulent pas venir de l’avant pour s’exprimer, bien qu’ils soient révoltés contre cette politique de deux poids, deux mesures.
« À l’université de Maurice, cela a toujours été la pratique que ceux qui ont des contacts affluents sont intouchables », déplorent-ils. Ils disent attendre que la direction de l’UOM enquête désormais sur cette affaire.