Les membres du Conseil d’administration de l’UoM hier après-midi ont voté à l’unanimité pour le départ du vice-chancelier le Pr Harry Rughooputh. Depuis sa nomination en juin 2012, un malaise s’était installé sur le campus alors qu’il voulait à tout prix y apporter des changements à tous les niveaux. Sa façon de faire n’était pas bien vue non plus par des External Stakeholders. S’il y a un an une partie de la population de l’UoM criait haut et fort la nécessité d’avoir une personne qui comprendrait « les réalités mauriciennes » à la tête de l’institution, ces mêmes personnes se disent aujourd’hui désillusionnées. L’appel à candidature pour un nouveau VC sera bientôt lancé.
Cela fait quelques mois déjà que les relations entre l’ex-vice-chancelier et le Conseil d’administration s’étaient détériorées, ce dernier ne pouvant plus supporter le « one man show » du Pr Harry Rughooputh, sa « mauvaise communication » et son acharnement à vouloir tout contrôler.
À la réunion du Conseil d’administration hier, les membres ont été catégoriques : « l’UoM ne pourra continuer avec un tel leadership. » Selon nos informations, la réputation de l’Université de Maurice s’est récemment détériorée auprès de certaines institutions étrangères et d’autres stakeholders qui collaborent avec elle, ces derniers ne comprenant plus le mode de fonctionnement de l’institution tertiaire. D’après une clause du contrat du Pr Harry Rughooputh, le Conseil d’administration avait le choix de lui donner un mois préavis ou un mois de salaire in lieu de son départ. Le Conseil a opté pour un départ avec effet immédiat.
Depuis qu’il a pris ses fonctions en juin 2012 après le départ du Pr Konrad Morgan en janvier qui lui, rappelons-le, avait choisi de démissionner, le Pr Harry Rughooputh s’est à maintes reprises retrouvé au centre de controverses. Voulant à tout faire tomber le plan de restructuration à son arrivée, il avait réussi à provoquer la colère du personnel qui aspirait, lui, au changement sur le campus. Il a fallu qu’un visiteur en la personne de Dev Manraj soit nommé pour que l’institution tertiaire de Réduit se décide finalement à aller de l’avant avec la restructuration. Si tout au début, l’ancien vice-chancelier avait le soutien des étudiants, très vite ces derniers se sont retournés contre lui après qu’il a tenté de se mêler de ce qui ne le concernait pas.
La tentative du Pr Rughooputh de transformer la end of year party des étudiants en une tea party lui aura également fait perdre la cote. Depuis, des conflits se sont enchaînés sur des aspects de la gestion de l’institution, à un point tel que ceux qui, un an de cela avaient choisi de le nommer, ont fini par revenir sur cette décision.
Rappelons qu’après le départ du Pr Morgan, l’appel à candidature pour un nouveau VC avait été lancé également au niveau international. Le Conseil s’était penché pour un entretien avec le Pr Neil Garrod, un britannique, qui était « by far the best candidate ». L’University of Mauritius Academic Staff Union qui, depuis toujours valorisait le choix d’un étranger à la tête de l’institution, avait favorablement accueilli cette décision. Mais peu après, un certain lobby s’était installé sur le campus, faisant pression pour qu’un Mauricien soit nommé à la tête de l’UoM. Le Pr Garrod avait fini par décliner l’offre.
S’il y a un an, une partie de la population de l’UoM criait haut et fort la nécessité d’avoir une personne qui comprenne « les réalités mauriciennes » à la tête de l’institution, ces mêmes personnes se disent aujourd’hui désillusionnées.
Les appointing committees se penchent actuellement sur le recrutement des Pro Vice Chancellors tels que préconisé dans le rapport Manraj. Les candidats retenus seront bientôt appelés. Depuis hier, l’Université de Maurice compte un autre poste important vacant et un appel à candidature sera bientôt lancé.
Entretemps, c’est le Pr Toolseeram Ramjeeawon, doyen de la faculté d’Engineering qui assurera le poste de vice-chancelier par intérim. Le Pr Rughooputh qui soutient lui avoir bien fait son travail durant ces douze mois, réintégrera son poste de Lecturer en Mechanical Engineering à la faculté de génie.