Diop Kondo Bhoyroo, l’aîné des « jumeaux » Bhoyroo, a été jugé coupable ce matin par le magistrat Raj Seebaluck de la cour intermédiaire sous la charge de « making use of a firearm to prevent arrest ». Le jour de la sentence n’a pas été fixé.
Le Directeur des poursuites publiques (DPP) intentait un procès à Diop Kondo Bhoyroo pour « making use of a firearm to prevent arrest » sous l’article 39 de la Firearms Act. La loi stipule que l’accusé risque au minimum trois ans de prison pour ce délit. Diop Bhoyroo clame toujours son innocence et soutient qu’il y a une machination contre lui. Il a expliqué n’avoir jamais refusé de donner ses empreintes à la police.
Durant le procès, le surintendant de police (SP) à la retraite Mooroogan, qui était responsable de l’unité de soutien lors de l’intervention, a déclaré que le constable Léonore était avec lui à Ferney. Diop Bhoyroo avait accusé ce dernier d’avoir tiré sur lui.
Diop et son frère Yannick Dingaan Bhoyroo étaient activement recherchés par la police dans le cadre de l’affaire de séquestration et du meurtre de leur cousin Judex Bhoyroo. Plusieurs unités de la police, notamment du Groupement d’intervention de la police mauricienne (GIPM), de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU), de la Major Crimes Investigation Team (MCIT), ont participé à l’exercice.
Selon la version de la police, les « jumeaux » étaient en compagnie d’un certain Sachin Beem alors qu’ils étaient en cavale. Le prévenu a été arrêté avec un revolver de la marque Astra calibre 22 et des munitions.
Lors de la précédente audition des témoins, le Chef Inspecteur (CI) Tuyau a déclaré avoir demandé au sergent de police (PS) Beessoo de tirer sur le prévenu pour le désarmer. Le responsable de l’unité d’interception a déclaré que Diop Bhoyroo a pointé son arme sur eux en disant « mo touy zot… » Le sergent aurait tiré et le prévenu a été touché à l’épaule gauche. L’officier devait alors saisir l’arme qui était par terre. Le CI Tuyau a également affirmé que le constable Léonore n’était pas dans son équipe ce jour-là mais avec l’unité de soutien à Ferney.
Dans son réquisitoire, Me Madeven Armoogum a soutenu que Diop Bhoyroo a « cooked a story ». L’avocat du parquet a souligné que les policiers sont crédibles dans leur version des faits.
Me Rex Stephen a, dans sa plaidoirie, expliqué qu’il n’y avait pas eu de fingerprint exercise. « Le PS Beessoo n’avait aucune raison valable de ramasser le revolver à main nue », a-t-il souligné tout en soutenant qu’il y a des zones d’ombre dans cette affaire. L’homme de loi a ajouté que même s’il n’y avait pas de contradiction entre les policiers, cela ne signifiait pas que tout était vrai.
Rappelons que Diop et Yannick Bhoyroo ont été acquittés par le magistrat Raj Seebaluck sous les charges de séquestration et de wounds and blows sur Jeff Norbert Euphigène le 12 avril 2011. L’aîné des Bhoyroo a aussi été trouvé non coupable sous quatre charges, dont possession of a firearm without a licence, sequestration et assault par le magistrat Azam Neerooa le 31 mai de la même année. Il est en détention préventive depuis octobre 2008.
Ashley Victor