Ils sont plusieurs centaines de jeunes à avoir été sur nos routes durant ces vacances scolaires qui prennent fin ce week-end pour découvrir des sites faisant partie du patrimoine mauricien : la Pagode de Kwan Tee, Aapravasi Ghat, Le Morne, Jummah Mosque, les musées de Mahébourg et du Fort Frédérik Hendrik, entre autres. Une initiative du ministère de la Jeunesse et des Sports qui a consacré son calendrier d’activités au thème « A la découverte du patrimoine ».
Mardi dernier, la journée pour les jeunes des quelques centres des Plaines-Wilhems a démarré avec une première visite du Jardin des Salines qui se trouvait jadis en bord de mer mais qui est aujourd’hui bordé par le VRAC (le Bulk sugar terminal) et d’autres terres récupérées pour des projets portuaires. Le jardin, baptisé Robert Edward Hart, géré par la municipalité de Port-Louis, présente la richesse d’abriter les cimetières juif et musulman avec un « darga » sur lequel se recueillent régulièrement des fidèles musulmans et aussi un gymnase et une piscine destinés notamment aux habitants de la localité.
À quelques minutes du jardin, c’est au tour de la pagode de Kwan Tee de les accueillir. Imposante architecture, située non loin de la capitale, elle a vite séduit les jeunes. « C’est la première fois que je visite une pagode, elle est impressionnante », affirme Fabiano Maurice, élève en Form III au collège Régis Chaperon, frappé par le rouge du bâtiment et de son intérieur. Les dieux et les divinités n’ont pas manqué de les attirer. « C’est très intéressant, nous ne savions pas qu’il y avait des dieux dans une pagode », ajoute pour sa part Emilia Eole, élève en Form III au collège Saddul de Vacoas. Notre interlocutrice apprécie cette découverte, même si aucune visite guidée n’était au programme, car elle estime que « c’est un enrichissement. On apprend la culture des autres ». Cependant, elle aurait souhaité avoir quelques explications sur les divinités qu’elle découvrait. Idem pour d’autres jeunes émerveillés qui « se sont sentis en Chine ». « Les dieux que nous avons vus sont différents », indique pour sa part Ravish Groodeyal, élève en Form III au Curepipe college. La pagode Kwan Tee, fondée en 1842, est la plus ancienne de Maurice, « voire même de l’hémisphère sud ». Elle symbolise la venue des Chinois à Maurice, le maintien de leur culture sur le territoire et leur attachement au pays d’origine. Les jeunes ont chacun eu une brochure sur la pagode à la sortie.
Visite instructive
Après une pause déjeuner, relativement tôt dans le jardin, cap sur l’Aapravasi Ghat, premier site mauricien classé patrimoine mondial de l’UNESCO, pour les groupes de Floréal et Kennedy. Visite guidée fort instructive en créole d’Urmila Ramkissoon, Heritage Guide. Elle nous indique que les visites guidées ont lieu en anglais, en français, en créole et en hindi, selon la demande. Les jeunes ont eu l’occasion de monter les seize marches historiques de l’AG. « C’était très intéressant de voir des anciens lieux. Aujourd’hui tout est moderne. Et puis, nous avons marché dans les pas des premiers travailleurs engagés qui sont venus à Maurice et de ceux qui sont arrivés même avant eux. C’est la première fois que je fais cela », soutient Hailey Dick, élève en Form V au collège Mauritius. Vidhista Sunkur quant à elle a été frappée par « la cuisine des travailleurs engagés ». « L’emplacement des toilettes et des salles de bain sont aussi très intéressants à voir », poursuit son amie Kendra Moutou.
Sur le chemin de la Citadelle, le groupe s’est arrêté à Marie Reine de la Paix. Le site abrite une crypte érigée en hommage à Marie pour la préservation du pays pendant la guerre et pour la victoire des Alliés obtenue le 15 août 1945. La Citadelle et ses alentours ont été comme une cour de récréation pour ces nombreux jeunes qui s’y rendaient pour la première fois ; visitant d’abord la boutique des souvenirs aménagée dans une salle du fort, ensuite les remparts, dont les bords non sécurisés comme le faisaient également des touristes sur place. Ceux-là en profitaient pour faire des images panoramiques de la capitale.
Jummah mosque
La journée de mardi a pris fin par une visite de la Jummah Mosque, érigée en 1852. Attendu pour 14 heures, le groupe est arrivé avec un peu de retard dû au trafic dans la capitale. L’institution port-louisienne avait installé des chaises pour les accueillir. Riyaad Fokeerbux, IT Officer à la mosquée, a fait une présentation historique des lieux, du rôle de la mosquée dans la vie des musulmans à Maurice, de l’Islam tout en leur indiquant quelques passages bibliques qu’ils pourront consulter et qui reprennent ses mêmes enseignements dont le devoir, la justice et le respect et l’harmonie. Le mois sacré du Ramadan qui a pris fin récemment et la célébration de la fête de l’Eid-ul-Fitr ont été les périodes utilisées par M. Fokeerbux pour illustrer ses propos lorsqu’il évoque le calendrier islamique. Les six pendules placées côte à côte dans la mosquée n’ont pas manqué de susciter des questionnements. « Elles indiquent les heures de prières quotidiennes et celle de vendredi, le Jummah », indique l’intervenant. Autre question : le « badamier » ou amandier centenaire qui se trouve dans la cour de la mosquée. « Il n’a rien de symbolique », précise-t-il « mais fut dans le temps, un lieu où les fidèles attelaient leurs chevaux et qui est maintenu à titre décoratif. Idem pour le bassin avec des poissons ». Le guide a aussi indiqué les différents services notamment par internet et par SMS qu’offre la mosquée aux Mauriciens.
Même si à cette heure de la journée, certains jeunes présentaient des signes de fatigue, elle a été dans l’ensemble, très appréciée. Jason Clarisse, âgé de 19 ans et Milena Banzigou, 15 ans élève au collège Notre-Dame affirmaient à la sortie de la mosquée : « C’était très intéressant. Il est important de connaître la religion et la culture de l’autre ».
Selon le calendrier mis en place par le ministère de tutelle, les activités de spéciales vacances prennent fin demain par un don de sang et de bilan de santé à la municipalité de Vacoas/Phoenix.