La transformation d’une des villes les plus ternes du pays. C’est ce que promettent, pour l’essentiel, les candidats à Vacoas/Phoenix. Des développements seront apportés en termes d’infrastructures et au niveau des loisirs et des sports dans chaque quartier, disent-ils. C’est d’ailleurs le voeu des citadins, qui reprochent à la ville son manque de divertissements pour les jeunes, mais aussi de demeurer dans l’ombre des développements urbains et de différencier Vacoas et Phoenix en ce qu’il s’agit des améliorations.
Si elle était anciennement réputée être une ville mauve, la mouvance rouge avait pu y faire une brèche et obtenir six sièges en 2000, avant de rafler les 24 sièges du conseil municipal cinq ans plus tard. Et les dernières élections générales ont confirmé la prédominance rouge, alors associée au MSM de Pravind Jugnauth, même si les Mauves avaient réalisé un parcours tout à fait honorable. L’inconnu dans cette ville sera donc de savoir si l’alliance du Remake est susceptible de faire chuter les Rouges. Continuité ou come-back ? Quel sera le verdict des urnes lundi ? « Nou ! », répondent PTr-PMSD aussi bien que MSM/MMM. Les candidats du Front Solidarité Mauricienne (FSM) sont, eux, si discrets que certains Vacoassiens ignorent même que le parti de Cehl Meeah se présente dans leur ville.
Ainsi, en dépit de la suprématie récente de l’équipe rouge-bleu à Vacoas/Phoenix, les membres du MSM-MMM sont confiants de faire leur retour à la municipalité. Selon eux, les signaux sur le terrain sont positifs. Outre le soutien des anciens conseillers MMM, le Remake 2000 compte aussi sur « les assises du MSM dans cette région pour prendre le contrôle ». C’est d’ailleurs à Vacoas/Phoenix que le Remake 2000 a aligné le plus de candidats MSM. Françoise Labelle, une des responsables de campagne, rappelle que « c’est avec le MSM que nous allons remporter ces élections ». Pour convaincre l’électorat, l’alliance MSM-MMM a tablé sur « la gestion chaotique » de certains maires travaillistes et « les scandales » qui ébranlent le gouvernement. Le Remake 2000 a ainsi privilégié une campagne de proximité, avec des petites réunions et des porte-à-porte pour une interaction rapprochée avec les citadins, et leur présenter ses projets pour la ville, dont la rénovation de la foire et de la gare routière, la construction d’une piscine et d’un stade, la mise sur pied de complexes multisports, et des cours d’informatique et l’accès gratuit à internet dans tous les centres municipaux.
Si le bilan général dans les cinq villes est « extraordinaire », selon les membres de l’alliance gouvernementale, « Vacoas/Phoenix est une des villes les mieux gérées et nous savons que nous y sommes les favoris ». Ainsi, c’est sur leur bilan que les membres de l’alliance PTr-PMSD ont orienté leur campagne. Ils ont donc choisi de présenter trois anciens maires et des anciens conseillers, contrairement au choix effectué pour d’autres villes. Seul le maire sortant, Nooranee Allybocus, n’a pas obtenu d’investiture, pour des problèmes récents liés à ses activités personnelles et professionnelles. Les anciens maires Tangavel Thodda, Veejandra Dayal et Hemraz Jankee, font donc figure de favoris, et pour convaincre l’électorat, l’équipe rouge-bleu mise sur un travail favorisant le développement continu des sept dernières années, et son engagement pour faire de Vacoas « une ville avant-gardiste et moderne ». Parmi les projets annoncés : l’installation de gradins et l’éclairage du terrain de foot d’Henrietta, l’amélioration des drains, l’embellissement des quartiers, la rénovation du marché et de la gare de Vacoas…
Pour Patrick Assirvaden, président du PTr et député du N° 15, le travail de fourmi continuera, rappelant qu' »une élection n’est jamais gagnée avant la fin ».
Après un début de campagne en fanfare pour l’alliance MSM-MMM, la fin de la semaine a été plutôt calme à Vacoas/Phoenix. Tout le contraire de l’alliance PTr-PMSD, discrète en début de campagne, mais qui a effectué un retour en force ces derniers jours. La présence, à trois reprises, de Navin Ramgoolam au cours de la semaine écoulée a contribué à rassembler les sympathisants. D’autres laissent cependant entendre que « zot conné terrain pe glissé, sa même zot pé fer forcing ».
Il en incombera donc aux 80 330 électeurs attendus aux urnes, aujourd’hui, de donner un sens à cette présence Premier-ministérielle.