Les habitants de La Rampersand Lane, La Caverne No 1, Vacoas, sont sous le choc depuis les petites heures de ce matin, les cadavres complètement calcinés de trois occupants ayant été extraits d’une maison entièrement dévastée par le feu. Les victimes sont Jacqueline Joachim, serveuse dans un snack de la région et âgée d’une soixantaine d’années, le fils de cette dernière, Bernard Joaquim, âgé d’une trentaine d’années, serveur de son état, ainsi qu’un homme âgé d’au moins 70 ans – dont on attendait toujours une confirmation officielle de l’identité après les procédures d’usages. Les trois victimes ont connu une fin atroce en restant prisonnières des flammes.
Par ailleurs, les habitants du quartier sont très remontés contre les secouristes, du fait du long délai s’étant écoulé entre le début de l’incendie et leur arrivée. D’autant que les flammes se sont propagées très rapidement, en atteste que la tentative des trois victimes pour échapper au sinistre se sera avérée vaine. D’ailleurs, la première victime à être retirée des décombres, vers 5 h ce matin, se trouvait tout près de la maison en bois et en tôles. Les secouristes ont dû avoir recours à une pelle pour récupérer les restes et les ossements de cette victime sur le sol. « Ti inpe avan 2 h dimatin. Mo ti santi enn mari salerr dans mo lakaz. Letan mo get deor, mo trouv sa ti-lakaz la pe brile. Ti ena mari raflames », raconte Parama Govinden, un des voisins des victimes, au Mauricien. La maison de ce dernier a d’ailleurs également été affectée par ce sinistre, des vitres volant en éclat et tout son système électrique étant désormais hors d’usage.
Devant la férocité des flammes, qui donnaient l’impression de se propager vers d’autres maisons du voisinage, les premiers secouristes affirment avoir alerté les autorités compétentes, soit les sapeurs-pompiers de la région et la police. Ils dénoncent le fait que les secours officiels sont arrivés avec un long retard et déplorent le fait que Jacqueline Joachim et son fils, Bernard, de même que la troisième victime, auraient pu être épargnés si les autorités avaient fait preuve de diligence dans leur intervention.
Officiellement, les premiers policiers du poste de Vacoas sont arrivés sur les lieux vers 3 h ce matin pour constater qu’« a dwelling house made of corrugated iron sheets and wooden bars was completely burnt by fire ». L’équipe de sapeurs-pompiers était placée sous la direction du Fire Officer Ghoorbin. « Nou bien trist pou trouve sakin ariv nou bann vwazin. Zot pa merit sa zafer ki ine ariv zot. Si bann sekour ti ariv inpe pli vit, ti kapav fer enn zefor pou sa bann malere la », devait soutenir un groupe de personnes, témoins du sinistre.
Les Joaquim habitent cette maison en tôles et en bois depuis bientôt huit ans, affirme le propriétaire des lieux, Kadruvel Chinien, qui habite à l’arrière de l’habitation sinistrée. À un certain moment, les habitants du quartier avaient craint le pire en voyant la propagation des flammes et la présence, dans les environs, de quelques bonbonnes de gaz. Heureusement, le danger a très rapidement été écarté grâce à l’intervention de volontaires.
Le Chief Police Medical Officer, Sudesh Kumar Gungadin, avait également fait le déplacement sur les lieux pour un premier constat. Les examens post-mortem, sous le contrôle des médecins légistes à la morgue du Princess Margaret Orthopaedic Centre, étaient prévus dans la journée, la confirmation de l’identité de la troisième victime étant cependant toujours en suspens.
Le Central Electricity Board a par ailleurs dépêché ses techniciens pour évaluer la situation alors que les experts du Scene of Crime Office (SOCO) et du Forensic Science Laboratory (FSL) se sont rendus sur place pour y effectuer des prélèvements scientifiques et, ainsi, tenter de déterminer les causes de cet incendie dévastateur. Une enquête policière a été ouverte sous la responsabilité du surintendant Russeeawon de la police de Vacoas.