Une violence domestique inouïe s’est abattue sur le pays ces temps ci et continue à faire la une des journaux, et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Ce constat me fait trembler de tristesse et me laisse perplexe. Notre société se dégrade quotidiennement, tout spécialement cette montée de la violence domestique et la personne qui prétend le contraire pratique la politique de l’autruche. Les actes de violence n’en finissent plus : plusieurs femmes ont été tuées dans des actes liés à la violence domestique en 2014 et nous ne sommes qu’en mars. La première réaction se rapporte toujours à un durcissement de la loi, une révision de la « Domestic Violence Act ». C’est correct car on ne peut que souhaiter qu’elle ait un effet dissuasif sur les agresseurs potentiels mais il est essentiel que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur : zéro tolérance en toutes circonstances.
On doit aussi se demander pourquoi malgré tous les mécanismes mis en place, le nombre de cas de violence domestique ne fait qu’augmenter. Jusqu’à présent, les stratégies adoptées ont eu un succès assez limité vu le nombre d’agressions récemment. Les autorités nous rappellent constamment que chacun doit assumer ses responsabilités, un fait qu’on ne peut nier. Il faut aussi comprendre – bien que la violence domestique touche toutes les classes sociales – que la majorité de ceux qui sont les plus vulnérables ont des moyens modestes, et ce sont eux qui ont davantage besoin d’un grand soutien. Les platitudes de certaines personnes en autorité, qui ressemblent plutôt à des effets d’annonce, n’aident en rien la situation…
Je fais donc 12 propositions aux autorités comme suit :
1. Campagne de sensibilisation, un élément crucial dans le combat contre la violence.
• Plus de panneaux publicitaires qui mettent en exergue le numéro 139, avec l’accent que c’est un service gratuit et accessible 24/7.
• Diffuser les numéros avant et après tous les bulletins d’informations à la télévision et les radios publiques et demander aux radios privées de faire de même.
• Demander aux journaux de publier les numéros quotidiennement pour une période définie.
• Faire des road shows dans les centres de shopping. Expliquer et distribuer des brochures rédigées dans un langage accessible avec des informations essentielles.
• Assurer que ces dépliants soient disponibles dans tous les centres de santé (dont hôpitaux et dispensaires).
• Produire des DVD concernant la violence domestique avec des conseils spécifiques et mesures préventives. Diffuser ces DVD dans les salles d’attentes des hôpitaux et des dispensaires.
• Débats réguliers sur le sujet à la radio et à la télévision.
• Demander aux municipalités et conseils de district d’organiser un service d’écoute mensuel au minimum. Impliquer les ONG dans ce programme.
• Inviter et encourager les forces vives/comités de quartier dans cette campagne nationale de conscientisation.
2. Considérer le lancement d’un projet similaire au police neighbourhood scheme pour une meilleure coopération au plan local.
3. Construire plus de shelters pour les femmes qui ont subi des violences domestiques et assurer que les shelters soient plus sécurisés pour que les victimes n’aient plus peur des représailles.
4. Faire porter des bracelets électroniques aux agresseurs qui récidivent.
5. Assurer que dans chaque poste de police ou dans chaque région, qu’il y ait au moins un policier qui a obtenu un training en counselling pour prendre en charge les victimes de la violence domestique.
6. Je souhaite que le gouvernement encourage les firmes privées à employer un          « Counsellor », même à temps partiel, pour apporter un soutien psychologique aux employés.
7. Depuis 2005, il existe 6 family support bureaux. En 2014, le nombre n’a pas changé ; il est grand temps qu’on ait davantage de bureaux à offrir pour un service de proximité.
8. Offrir des counselling sessions aux enfants qui ont vécu une situation de violence domestique.
9. Établir un registre des familles à risque avec un suivi continu de la part des travailleurs sociaux.
10. Offrir un service complet de réhabilitation et inclure un « Anger management programme » pour les agresseurs.
11.  Faire appel aux personnes de bonne volonté (même ceux/celles à la retraite) avec des connaissances et de l’expérience dans le domaine pour épauler cette campagne.
12. Avoir un comité permanent en place pour évaluer et revoir les stratégies mises en place.
Je souhaite de tout coeur qu’un jour le numéro 139 soit aussi connu que le 999.