Vallée-des-Prêtres est un lieu d’habitation d’essence rurale qui vit et qui s’endort au pied d’une imposante chaîne de montagnes comprenant, entre autres la montagne Pieter Both, la montagne du Pouce, la montagne Paul et Virginie, la montagne des Prêtres, la colline Montagne Longue.
Le charme idyllique émanant des massifs montagneux est présent à tous les instants à Vallée-des-Prêtres ; de la sorte, il y règne une atmosphère de douce quiétude, sauf quand il y a de grosses averses sur cette partie de l’île, à cause des risques d’inondations sur la surface oblique de l’agglomération. Nous y reviendrons plus bas…
Pour l’heure, nous faisons le tour dudit patelin en compagnie d’un vieil habitant de la localité, Lekraz Chittoo, qui nous y a accueillis avec joie.
Aujourd’hui, Vallée-des-Prêtres est un faubourg de la ville de Port-Louis et, à l’exemple de toute autre vallée, elle est traversée par la rivière Lataniers, qui est à l’origine du fameux séga intitulé « Mo passé la rivière Taniers » …
Qu’il est agréable de constater qu’en dépit de son relief montagneux, Vallée-des-Prêtres bénéficie de l’avantage d’un réseau routier entièrement asphalté et qui y serpente admirablement le long des courbes obliques pour atteindre des lieux assez hauts perchés comme, par exemple, le village de Chitrakoot, qui semble être si près de la montagne Pieter Both. D’ailleurs, c’est certainement en toute connaissance de cause que l’école de Chitrakoot arbore fièrement, sur un mur de façade, un bel écusson sur lequel figure en primeur le sommet du Pieter Both.
Les ruelles, solidement ancrées sur les pentes douces des collines, sont pourvues du système d’éclairage nocturne et, durant la journée, il y a le va-et-vient incessant des autobus du service du transport en commun, que l’on peut emprunter à partir de la Gare du Nord, à Port-Louis. Tout cela y facilite bien les choses et, aux alentours, il y a de coquettes demeures en béton. Le sentiment d’isolement que l’on pourrait y avoir n’y est qu’apparent…
N’oublions pas qu’à l’entrée de ladite vallée il y a le lieu-dit « Cipaye Brûlée », qui est un fameux lieu de crémation et qui, en outre, est un symbole identitaire pour Vallée-des-Prêtres. Ce lieu-dit a été ainsi nommé du fait que, à une certaine époque durant la colonisation anglaise, on y faisait brûler le cadavre des « Cipayes » ou « Sepoys » en langue anglaise. Originaires de l’Inde, les « Cipayes » ou « Sepoys », sont venus à Maurice à la demande des colonisateurs anglais et sur le sol local, ils étaient affectés au service pénitentiaire.
Aujourd’hui, cet héritage colonial est au service du pays tout entier et, de la sorte, dépendant des circonstances et de la nature de l’être, on continue à y brûler le corps des personnes décédées. La crémation y est faite en utilisant le bois car le lieu n’est pas pourvu d’un incinérateur électrique.
Le Mouvement Civique de Vallée-des-Prêtres
Nous allons à la rencontre de quelques membres actifs du Mouvement Civique de Vallée-des-Prêtres, une association citoyenne qui dit représenter l’ensemble de la population du village. Les personnes suivantes sont nos interlocuteurs : Prem Dookee, Inderjeet Buctowar, Deva Maistry, Subash Matadin et Lekraz Chittoo.
D’un côté, les membres de l’association expriment leur satisfaction concernant le développement qui y a été fait jusqu’à présent, mais d’un autre, ils disent qu’ils sont insatisfaits du fait que ledit développement n’a pas tenu en ligne de compte le fait que leur patelin est situé à une certaine altitude, d’où l’émergence de problèmes ayant trait à l’environnement et, par ricochet, à la qualité de la vie.
D’après leurs dires, il serait grand temps que la localité soit enfin dotée d’un système d’évacuation des eaux pluviales afin de permettre à l’eau qui dévale les montagnes de trouver une issue sécurisée vers la mer et cela, sans pour autant causer de dégâts aux alentours. Ici, nous disent-ils, les inondations sont monnaie courante en temps de pluie, cette situation nuisible générant alors une grande souffrance morale à la majorité des habitants. Il est un fait, précisent nos interlocuteurs, que les inondations entraînent sur leur passage toutes sortes de détritus, y provoquant un état d’insalubrité publique, avec les conséquences que cela représente pour la santé de tout le monde.
Nous citons un extrait de la conversation : « Il y a une passerelle en béton qui a été construite sur un tronçon de la rivière Lataniers et qui se révèle être un véritable obstacle pour la circulation de l’eau dans cette rivière, surtout quand il y a des pluies diluviennes. Manifestement, cette passerelle n’y a pas sa place car elle ne fait que provoquer des éclaboussures monstres à la ronde à chaque fois qu’il y a de grosses pluies. Aussi, nous demandons qu’elle soit enlevée de ce lieu par les autorités, d’autant plus qu’elle y a été mise en place par un particulier pour ses besoins personnels. »
Ils nous citent aussi le cas de « Cipaye Brûlée », ce lieu de crémation dont nous avons parlé plus haut.
Il se trouve que ladite association a jusqu’ici fait de nombreuses demandes auprès des autorités concernées afin que l’on y installe un incinérateur électrique, ce qui signifierait automatiquement la fin de l’utilisation du bois en tant que combustible pour les crémations. D’ailleurs, elle fait ressortir que cette demande est tout à fait dans l’ordre des choses dans la mesure où le slogan « Maurice, Île Durable » est actuellement mis en avant par l’autorité centrale. « Un incinérateur électrique est bien plus hygiénique et bien plus sûr ; or, à l’heure actuelle, avec l’utilisation du bois, il y a un manque d’hygiène. » Ses membres espèrent que, cette fois-ci, leurs voix seront entendues en hauts lieux.
Sous le chapitre des loisirs pour la jeunesse, les membres actifs du Mouvement Civique de Vallée-des-Prêtres font ressortir que, quoique ce soit un atout pour la localité d’être doté d’un terrain de football, il se trouve que ledit terrain est sous-utilisé par une insuffisance de coopération de la part des autorités concernées.
Enfin, ladite association projette d’organiser prochainement, avec l’autorisation du commissaire de police, une marche pacifique dans la localité dans le but d’attirer l’attention des autorités au sujet du sérieux de leurs problèmes.