JONATHAN CHICOT

Cela n’est pas très naturel chez certains de ‘se mettre en avant’, encore moins pour d’autres de ‘faire l’éloge’ d’un tel. Cependant, il est tellement plus facile de s’en vouloir, de se diminuer et de faire le procès de l’autre, de juger ce qu’il ‘fait de travers’ ou même ce qu’il fait très bien et mieux que nous ! Souvent par humilité ou par fausse humilité, on cache ce qu’il y a de plus beau en nous et qui pourrait certainement contribuer au bien commun. À savoir que l’humilité, ce n’est pas se sous-estimer ou se surestimer, mais s’estimer à sa juste valeur avec tous ses défauts, ses qualités, y compris ses talents. Donc, si je fais taire en moi ce qui rend mon être merveilleux et ce qui l’épanouit, est-ce vraiment l’humilité ? Parfois, cela nous arrange de refouler tout ce que l’on possède de gratifiant parce que l’on ne veut pas être embêté, dérangé… on aime bien notre ‘tranquillité !
« Tu sais, moi, je ne chante que dans ma salle de bain ! », « Comment puis-je faire un discours, je ne me suis pas préparé ! » « Et si je le fais, qu’en penseront certains ? » Si je savais combien je peux faire l’expérience de la plénitude en m’exposant, en laissant exprimer ce que j’ai de meilleur et qui me rend unique et en même temps complémentaire ! Pensez-vous que si Michel-Ange ou Céline Dion s’était caché(e) l’on aurait pu apprécier leurs talents, la beauté de l’expression artistique, l’un dans ses mains et l’autre dans sa voix ? Il est vrai aussi que beaucoup se découragent après l’essai parce que les critiques à leur égard, rarement constructives et pas toujours objectives, les démoralisent, les freinent dans leur démarche. « Tu vois un tel, il prétend savoir chanter ! », « cesse de te mettre sur un piédestal, tu n’es pas meilleur que moi ni que quiconque. »

Je pense sincèrement qu’on est tous talentueux, certes à différents degrés mais nous le sommes tous. Certains sont doués en cuisine, en pâtisserie, d’autres en art, d’autres professionnellement. En ce temps de confinement et même après, pourquoi ne valoriserions-nous pas nos talents en posant des petits gestes, en accomplissant de petites choses mais remplies d’amour et de tendresse ? Pourquoi n’apprécierions-nous pas par la même occasion les merveilles réalisées par nos proches qui s’engagent quotidiennement à nous ‘servir’ au quotidien et sans jamais revendiquer quoi que ce soit ! Et pourtant, cela leur ferait du bien d’être complimentés, d’exister ! Cessons de considérer l’autre comme une ‘menace’ mais comme un instrument formidable qui peut nous aider à grandir, à nous achever et que nous pouvons aussi façonner par notre être et notre authenticité. Ainsi le monde changerait en bien, bien sûr !