La journée de demain s’annonce cruciale dans l’enquête du Central CID dans le VarmaGate pour l’ancien Attorney General, Yatin Varma, et le président en exercice de la Mauritius Ports Authority (MPA) et du PMSD, Maurice Allet, les deux inculpés provisoirement et en liberté sous caution pour le délit de complot pour entrave à la justice. Yatin Varma devra se rendre demain aux Casernes centrales pour entamer l’exercice d’interrogatoire Under Warning. De son côté, Maurice Allet est attendu en Cour de Port-Louis pour les débats sur sa Bail Motion visant à annuler l’inculpation provisoire logée contre lui mercredi dernier.
L’intérêt de l’interrogatoire de l’ancien Attorney General, qui a retenu les services de Mes Gavin Glover et de Sanjay Bhuckory, se porte davantage sur le plan de nouveaux développements à intervenir dans le VarmaGate, principalement le rôle de toute une série de protagonistes engagés dans les tractations à diverses étapes depuis l’accident du samedi 4 mai dernier à Sodnac, Quatre-Bornes. D’emblée, les limiers du Central CID tenteront d’établir les liens entre Yatin Varma et la série de personnes, dont les noms ont été cités dans l’enquête ou encore à quelle date précise avaient démarré les premières tractations en vue d’amener les Jeannot à se rétracter au sujet de la déposition d’agression.
L’un des premiers cas à être élucidés concerne le Senior Adviser et directeur des communications au Prime Minister’s Office, Subash Gobine. Le nom de ce dernier, qui continue à affirmer que le VarmaGate ne le concerne nullement, avait été évoqué par Maurice Allet au tout début de son interrogatoire le mardi de la semaine dernière. Les hommes des ACPs Vuddamalay et Jangi, tenteront d’obtenir la Corroborative Evidence de Yatin Varma avant de décider de la marche à suivre. Dès le début de cette affaire, le commissaire de police, Dhun Iswur Rampersad, avait déclaré officiellement que tous ceux dont les noms sont cités devront s’expliquer aux enquêteurs.
L’interrogatoire de Yatin Varma sera également déterminant pour l’ancien surintendant de police et ex-patron de la Major Crime Investigation Team (MCIT), Bala Kamatchi, et l’homme d’affaires installé en Afrique du Sud, Raj Ramrachia. Dans le cas de l’ancien haut gradé de la police, l’on s’efforce à faire comprendre dans les milieux des enquêteurs du Central CID que le prochain rendez-vous pourrait se dérouler d’une manière autre que la précédente de la semaine. Ils citent le fait que d’autres éléments compromettants ont été versés dans le dossier à charge et que la confrontation pourrait s’avérer plus complexe.
Dans le cas de Raj Ramrachia, deux éléments d’envergure retiennent l’attention des enquêteurs, soit le message qu’il avait posté sur le compte Facebook de Florent Jeannot lui demandant de prendre contact avec lui et la confirmation qu’il serait le même Raj en Afrique du Sud, qui avait pour mission de remettre aux Jeannot une somme d’argent en guise de dédommagement. La convocation de Raj Ramrachia devra intervenir après les explications de Yatin Varma à la fin de la semaine.
De son côté, Maurice Allet tentera de jouer son va-tout en Cour de Port-Louis pour obtenir l’annulation de la charge provisoire retenue contre lui. Ses hommes de loi tenteront de convaincre la Cour que le président de la MPA « has no case to answer » dans cette affaire. La décision de la Cour pèsera de tout son poids dans la carrière de Maurice Allet à la tête de la MPA. A l’ajournement des travaux parlementaires d’hier soir, répondant à un ancien colistier de Maurice Allet au N° 20 et Whip de l’opposition, Rajesh Bhagwan, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a déclaré que suite à cette charge provisoire : « I have been following matters. The matter is coming before the Court, in fact, on 11 July, that is in two days’ time. So since the validity of the provisional charge is itself a matter which is being currently considered by the Court, I think any decision pertaining to his continued tenure of office, as chairperson of the MPA, would be most appropriately considered in the light of the outcome of the motion before the Court. »
Navin Ramgoolam ajoute que dans la conjoncture, il préfère se garder de se lancer dans des spéculations et laisser la Cour entériner la décision la plus appropriée. « Then I will see from there », a-t-il conclu.
De son côté, Rajesh Bhagwan, citant le cas de Yatin Varma et celui de Reza Issack, qui ont démissionné de leurs fonctions au sein du gouvernement, maintient que « I think that Maurice Allet should have resigned in the public interest, in the interest of government, in the interest of the country and the institution. If he does not resign, the Prime Minister should sack this person as chairman of the MPA ».