La demande du leader de l’opposition, Paul Bérenger, lors de l’étude en comité du Public Holidays (Amendment) Bill, en faveur de la proclamation d’un jour de congé pour la fête Varusha Pirappu uniquement pour l’année 2016, a été rejetée par la majorité parlementaire hier.
Le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, qui présentait le texte de loi, a dit son désaccord avec cette proposition. Il a rappelé qu’à la demande de la Fédération des Temples tamouls, une alternance entre les fêtes Cavadee et Varusha Pirappu avait été initialement prévue dans le texte de loi présenté il y a deux semaines par Xavier-Luc Duval, agissant comme Premier ministre suppléant. Par la suite, il y a eu des changements à la tête de la Fédération des Temples tamouls et les nouveaux dirigeants ont fait savoir qu’ils n’étaient plus en faveur du principe d’alternance. C’est la raison pour laquelle un amendement a été apporté au texte de loi initial afin d’enlever le principe d’alternance entre Cavadee et Varusha Pirappu.
Intervenant lors de l’étude des clauses du texte de loi en comité, Paul Bérenger est intervenu pour rappeler que l’octroi d’un jour de congé avait été évoqué par le gouvernement en marge des dernières élections municipales. Ce projet avait même été mentionné dans le communiqué officiel faisant mention des décisions du cabinet. Il a rappelé la déclaration de Xavier-Luc Duval lors de la présentation du texte de loi. Ce dernier avait fait comprendre que le gouvernement était contre l’augmentation du nombre de congés publics. Toutefois, à la demande de la Fédération des Temples tamouls, le gouvernement avait décidé d’amender la loi afin d’introduire le principe d’alternance entre Cavadee et Varusha Pirappu. Il a rappelé avoir souligné que cette question d’alternance était un sujet sensible mais que puisque la Fédération en avait fait la proposition, il ne pouvait être plus royaliste que le roi et avait accepté la proposition. Paul Bérenger a estimé toutefois que puisque le Cavadee tombera un dimanche en 2016, rien n’empêchait le gouvernement d’octroyer un jour de congé pour Varusha Pirappu uniquement pour l’année prochaine avant de retourner à la normale à partir de l’année suivante. Le Premier ministre a fait comprendre que les membres de la fédération ont eu amplement le temps pour étudier le texte de loi. Il a estimé qu’ils ne sont pas sérieux et a refusé, par conséquent, d’accepter la proposition de Paul Bérenger. « Aussi longtemps que je serais là, cette question ne sera pas évoquée à nouveau », a-t-il lancé. Cette réponse a provoqué des signes de protestation et d’insatisfaction sur le front bench de l’opposition.
Le texte de loi avait pour but d’introduire les deux congés publics octroyés pour l’abolition de l’esclavage le 1er février et l’anniversaire de l’arrivée des premiers travailleurs engagés respectivement dans le texte de loi.
Special Leave
Le député travailliste Shakeel Mohamed a fait l’historique des jours fériés à Maurice, remontant jusqu’à 1957 lorsque Abdool Razack Mohamed avait dans une motion au Parlement proposé qu’il y ait aussi des congés publics pour les fêtes hindoues et musulmanes. À cette époque, seules les fêtes chrétiennes étaient des jours fériés. Il a rappelé les circonstances dans lesquelles le nombre de jours de congé est passé à 23 en 1972 pour être réduit à nouveau en 1983 avec possibilité toutefois d’octroyer un special leave à ceux qui veulent célébrer des fêtes importantes dans leurs religions ou cultures. Il s’est élevé contre le fait que le droit au special leave a été enlevé dans la loi en 1987. Depuis cette date, ceux qui veulent célébrer une fête importante dans leur pratique religieuse doivent obligatoirement obtenir la permission de leurs employeurs qui dans beaucoup de cas refusent de l’accorder. Il a souhaité que ce principe soit réintroduit dans la loi. Shakeel Mohamed a également déposé une motion demandant que le lundi de Pâques et les fêtes Eid-Ul-Adha (Qurbani) et Holi soient fériés. Il devait proposer l’institution d’un Select Committee pour se pencher sur sa proposition. Au moment de l’étude en comité, tenant en compte que sa motion n’a pas eu le soutien voulu ni dans la majorité ni dans l’opposition, il a décidé de ne pas aller de l’avant avec elle.
Anil Gayan a, lui aussi, fait l’historique des jours fériés en soulignant non seulement le rôle joué par Razack Mohamed mais également par Sookdeo Bissoondoyal et a reproché à Shakeel Mohamed d’avoir ignoré le rôle joué par ce dernier. Il a qualifié la proposition du chef de file du PTr concernant les nouveaux congés de « démagogique ». Il a souligné l’importance des jours fériés nationaux. Ces fêtes, dit-il, ne sont pas uniquement destinées aux groupes culturels ou religieux concernés mais à toute la population.
Alan Ganoo a rappelé l’importance des jours fériés pour célébrer l’abolition de l’esclavage et l’arrivée des travailleurs engagés et a accueilli leur introduction dans un texte de loi. Il a dit son désaccord avec la proposition de Shakeel Mohamed. Il a toutefois relevé une lacune dans le texte de loi et a proposé que le 12 mars ne soit pas seulement la fête de l’Indépendance mais également celle de la République. SAJ a accepté cette proposition et a demandé que le mot République soit ajouté au côté de Independence Day. Un amendement dans ce sens a été approuvé par l’assemblée.
Veda Baloomoody a lui aussi rappelé la promesse faite par le gouvernement concernant un jour férié pour la célébration de Varusha Pirappu en 2016. Il a rappelé que cette décision avait fait l’objet d’une décision du cabinet.
Le texte de loi a été adopté en deuxième et troisième lectures par l’assemblée nationale sur une proposition du Premier ministre sir Anerood Jugnauth.