Le ministre de l’Éducation prône un système éducatif qui tient compte des besoins de chaque enfant. Vasant Bunwaree s’exprimait lors d’un atelier de travail concernant les recommandations d’une étude sur la Special Needs Education. Les participants à ce workshop ont discuté des moyens d’aider les enfants nécessitant une attention particulière sur le plan éducatif. Un rapport en ce sens, préparé par deux consultants de l’Union européenne, le Dr Shirley Mc Bride et le Pr Serge Ebersold, a été présenté.
La Convention relative aux droits des personnes handicapées est déjà en vigueur dans plusieurs pays, dont Maurice. Les organisations qui militent en faveur des enfants handicapés s’assurent cependant à ce que l’éducation spéciale fasse partie de la stratégie éducative globale. Le rapport du Dr Shirley Mc Bride et du Pr Serge Ebersold vise à évaluer les progrès réalisés dans ce secteur et propose de nouvelles mesures.
Le document a été présenté par les deux consultants lors de l’atelier de travail sur les recommandations d’une étude en rapport avec la Special Needs Education. Il fait état de la situation dans le pays et de plusieurs suggestions pour changer le système. Le rapport est un plaidoyer pour la prise en charge des enfants handicapés dans les écoles publiques du pays.
La plupart des intervenants sont d’avis que les barrières psychologiques sont les principaux obstacles à un accès égal à l’éducation de base pour tous les enfants. D’après leurs analyses, le manque d’informations factuelles et d’aide en faveur des enfants handicapés et de leur famille, des communautés, des praticiens de l’éducation et des décideurs contribue à cette discrimination.
« La rareté des opportunités d’emploi pour les jeunes handicapés et le faible nombre de personnes handicapées occupant des postes clés, qui pourraient jouer le rôle de modèle, renforcent la fausse croyance qu’il n’est pas avantageux d’investir dans l’éducation des enfants handicapés », soutiennent les intervenants.
Parmi les sujets abordés durant l’atelier figurent : des politiques éducatives nationales inadéquates négligeant les enfants handicapés ; des méthodologies d’apprentissage rigides dans les écoles, qui ne tiennent pas compte des divers besoins éducatifs ; l’accessibilité physique (des sanitaires mal construits ou absents) ; le sol irrégulier dans les cours de récréation ; des marches trop hautes dans les escaliers menant aux salles de classe ; l’éclairage trop faible ; les tableaux noirs fixés trop haut ; le mobilier inadapté ; et un manque de partenariat entre le domicile et l’école vu l’incapacité des familles à exercer des pressions en faveur du droit de leur enfant à l’éducation.
Le ministre de l’Éducation a indiqué que la Special Needs Education n’est pas uniquement une question d’équité, mais c’est aussi une obligation morale, « celle qui dicte l’importance de capter la véritable essence de l’inclusion ». « Nous avons quelque 3 000 enfants qui ont une certaine forme de handicap, mais il n’y a qu’environ 1 600 qui sont inscrits dans des écoles spécialisées ou publiques. Nous ne voulons plus que nos enfants avec des besoins éducatifs spéciaux soient isolés parce qu’ils sont différents », a souligné Vasant Bunwaree. Et d’ajouter : « Nous voulons au contraire encourager la mise en place de mesures de protection… Nous devons ainsi avoir des politiques et pratiques plus propices au développement de ces apprenants. L’école devrait être adaptée à chaque enfant. »
Le ministre de l’Éducation a également attiré l’attention sur la responsabilité de l’école de passer de la one-size-fits-all au plan de l’enseignement vers une éducation plus personnalisée afin de prendre en considération les besoins spéciaux. « Les mesures annoncées dans le programme 2010-2015 pour le secteur de la Special Education Needs est une grande preuve de l’engagement du gouvernement et de sa détermination à faire une différence dans l’éducation des enfants ayant des besoins spéciaux », a conclu M. Bunwaree.