Nos coraux sont en train de mourir, nos plages sont polluées et le pays est sale.

Week-End a fait appel à l’ingénieur en environnement et océanographe, Vassen Kauppaymootoo, pour commenter les retombées de l’étude de l’Inbound tourism statistics Mauritius où la dégradation de notre environnement, de nos lagons et de nos plages a été durement et négativement soulignée par les touristes qui visitent notre île. Si les hôteliers ont signifié leur grande inquiétude par rapport à cette nouvelle donne, les pouvoirs publics eux fond le dos rond. Entretemps, les premiers chiffres touristiques de cette année ne sont pas favorables. Vassen Kauppaymotoo qui avait travaillé sur le Tourism Capacity Study en 2003 a un regard très critique sur le rôle de l’état, des professionnels et surtout du citoyen mauricien dans cette dégradation de notre environnement. Il fustige le je-m’en-foutisme ambiant à Maurice et le compare à la conscience et la bonne mentalité environnementale qui prévaut à Rodrigues, d’où cette interview téléphonique a été réalisée..

l Vassen Kauppaymootoo, une étude relative au Inbound Tourism de Statistics Mauritius révèle une perception inquiétante des touristes en ce qui concerne l’état de l’environnement à Maurice. Qu’en pensez-vous ?

Je crois que tout le monde constate que notre environnement marin, notre environnement côtier et notre environnement en général ont tendance à se dégrader. Nos coraux sont en train de mourir, nos plages sont polluées et le pays est sale. Les touristes sont très sensibles à ce type d’éléments et constatent que la destination Maurice n’a plus le panache qu’elle avait avant, justement à cause de la dégradation environnementale.

l Dans le récent magazine Check-In, le président de l’AHRIM, Jean-Michel Pitot, tire à nouveau la sonnette d’alarme. Il insiste que l’environnement constitue le nerf de l’industrie touristique et que sa dégradation risque d’influer négativement sur l’avenir du tourisme dans notre pays ?

Il a raison. Depuis toujours, la destination Maurice est définie par la qualité de son environnement. Que ce soit physique mais aussi social. Or, parallèlement à la dégradation de notre environnement naturel, le marché international offre d’autres destinations qui ont plus d’attraits au niveau de la nature et la qualité de l’environnement. Je connais beaucoup d’amis qui viennent régulièrement de France et qui se rendent comptent que notre environnement naturel est assez pollué et que maintenant, notre environnement social est aussi en train de se dégrader… Il y a parmi eux des ‘repeaters’ des gens qui aiment Maurice et qui viennent tous les ans chez nous. Ils ont tendance aujourd’hui à vouloir chercher ailleurs. La destination n’a plus ce cachet paradisiaque et malheureusement l’image que l’on veut en donner ne colle plus à la réalité. Parallèlement l’environnement social s’est aussi dégradé. Les touristes disent aussi que les Mauriciens ne sont plus aussi accueillants qu’avant, qu’ils sont money-minded, qu’il y a des arnaques en tous genres… Tous ces éléments combinés donnent un cocktail explosif qui risque de nous sauter entre les mains. Je crois qu’il est plus que temps de tirer la sonnette d’alarme mais aussi d’agir rapidement pour rétablir la situation car le statuquo pourrait être dramatique pour l’économie du pays.

l En matière de dégradation de l’environnement et de la propreté la perception des touristes est inquiétante. Est-ce que la situation est vraiment inquiétante ?

Oui. Bien que Maurice se soit développée économiquement, la mentalité est restée problématique par rapport à l’environnement. On continue à jeter en pensant que les autres vont ramasser et on continue à prendre la saleté chez nous pour jeter chez le voisin… On n’arrive pas, malgré tous les programmes et toute l’aide internationale reçue, à mettre en place un système de gestion des déchets électronique. On refuse toujours de mettre les consignes sur les bouteilles en plastique qui constituent une nuisance visuelle en plus d’être nocives à notre environnement marin et terrestre. L’appréciation des touristes par rapport à notre environnement vient prouver aujourd’hui que nous n’agissons pas assez. On est encore en train de faire de beaux discours mais l’action ne suit pas.

l L’état de nos plages et de nos lagons est aussi décrié…

Nos lagons continuent effectivement à se dégrader rapidement. Il y a plusieurs raisons à cela. La première est le manque de réseau de tout-à-l’égout dans les zones côtières. L’exemple de Flic-en-Flac est patent. Dans cette région densément peuplée les eaux usées sont dirigés dans le sable et terminent leur course dans le lagon. On a pris beaucoup de retard par rapport à notre Sewerage Master Plan qui est extrêmement important pour pouvoir préserver nos   lagons. Mais il y a aussi des éléments qui sont en dehors de notre contrôle, notamment le changement climatique. Avec la température des océans qui augmente, tout change… Nos récifs coralliens blanchissent, ce qui démontre qu’ils sont en train de mourir. Ainsi, le système corallien ne peut plus jouer son rôle ecosystémique de production de sable et de protection de nos plages. Puisque les récifs ne cassent plus la force des vagues et ne renflouent plus de sable sur nos plages, celles-ci s’érodent et se rétrécissent. Certes, le ministère de l’Environnement est en train de lancer beaucoup de projets par rapport à la protection côtière, mais malheureusement ces projets n’apporteront pas une solution finale à l’érosion.

l Il y a également le problème des chiens errants…

Les chiens errants sont un problème qu’il faut absolument régler. Il y a certaines Ong qui ont élevé la voix lorsque le gouvernement a pris des mesures, certes un peu drastiques, pour faire ramasser les chiens errants. Ce n’est pas une question de cruauté envers les animaux – je suis contre la cruauté envers les animaux – mais il s’agit là d’une question de protection de l’environnement. Les animaux errants viennent créer de gros problèmes au niveau de notre écosystème, notamment parce qu’ils détruisent d’autres espèces. C’est un problème qu’il faut adresser au plus vite. Quand on parle d’environnement, il faut voir tous les éléments qui nuisent à l’industrie touristique.

l A quoi sert l’Environment Protection Fee que paient lourdement les hôtels et d’autres ?

Il y a plusieurs entreprises qui contribuent à l’Environment Protection Fee, les hôteliers, les concasseuses etc. Cette contribution est collectée sur la base des turnovers. Mais il n’y a pas de transparence par rapport à l’utilisation de ces fonds qui sont consolidés dans le budget national. Il aurait été plus judicieux d’utiliser ces fonds directement pour la protection de l’environnement, pour l’adaptation au changement climatique, pour protéger nos ressources touristiques et pour la protection des coraux…

l La propreté des hôtels est celle qui est la plus reconnue par les touristes. Comment expliquez-vous cette détérioration au niveau national ?

Il y a, à mon avis, beaucoup de lobbies et de pressions. Prenons par exemple, les bouteilles en plastique que l’on retrouve partout dans la nature. Les producteurs de boissons embouteillées dans du plastique ne jouent pas le jeu. J’ai personnellement eu des discussions avec eux et c’est avec beaucoup de déception que je constate qu’il n’y pas de la volonté d’un changement. Je pense que le gouvernement devrait jouer un rôle par rapport à cela, en permettant et en maintenant, en tant que facilitateur et régulateur, la mise en place un système de collecte de bouteilles en plastique. Et pourquoi pas donner des ‘incentives’aux personnes qui collectent les bouteilles en plastique. Les Rs 2.30 de taxe environnementale que nous payons pour chaque bouteille aurait pu être remboursées aux citoyens qui les retourneraient comme on le fait pour les bouteilles en verre. Pourquoi refuse-t-on de mettre en place ce système ? Or, si on continue à céder aux lobbies, on va perdre davantage d’argent pour remédier à la dégradation de notre environnement. La seule façon de s’en sortir c’est d’avoir une approche intégrée. Actuellement notre approche est souvent fragmentée, avec des ministères qui ont des responsabilités très diverses comme ceux de l’Ocean Economy, l’Environnement, le ministère des Finances, etc…

l Mais il y a quand même des institutions, comme la police de l’Environnement, qui veillent à la propreté de notre île…

Le constat premier est que les citoyens ne jouent pas le jeu. Et les citoyens ne joueront pas le jeu tant qu’on n’utilisera pas le bâton. On a fait plusieurs campagnes de sensibilisation sur la protection de l’environnement, l’importance de ne pas jeter du plastique. Sur les réseaux sociaux, il y a pleins d’activités pour démontrer la nécessité de protéger l’environnement. Le gouvernement et le Premier ministre, lui-même, se sont engagés dans la campagne Clean-up Mauritius. Tout le monde est conscient mais on continue à ne pas jouer le jeu, tout simplement par ce qu’on s’en fout parce qu’on se dit qu’il n’y aura pas d’amendes. Je crois que comme pour la conduite sur nos routes, il faut utiliser le bâton et la répression. Il n’y a pas d’autres choix : ou zeter, ou payer. Que ce soit Rs 10,000, Rs 15,000 ou Rs 20,000 d’amendes. La sensibilisation est importante mais la répression aussi. Il faudra aussi sanctionner pour protéger l’Environnement à Maurice.

l Vous êtes actuellement à Rodrigues, qui est un exemple de propreté et de préservation environnementale. Quel est leur secret ?

Une des premières choses qui frappe lorsqu’on arrive à Rodrigues, c’est la propreté des routes. Pas de bouteilles en plastique dans les caniveaux, pas de téléviseurs ou micro-ondes dans les coins de rues… J’ai l’impression que les gens ramassent leurs déchets. Rodrigues a été en avance sur plusieurs plans dont l’interdiction des sacs en plastique. Ils ont passé des lois très avant-gardistes par rapport à l’environnement. C’est un très bel exemple pour Maurice et le monde entier. Rodrigues doit nous servir d’exemple. Il y a eu là-bas beaucoup de sensibilisation et plusieurs incitations des autorités auprès de la communauté et aujourd’hui les gens ne veulent pas de pollution. Malheureusement, à Maurice, on peut toujours polluer sans être puni. Il y a des entrepreneurs qui jettent des déchets de construction n’importe où. On peut encore jeter n’importe quoi par la fenêtre. On peut aussi utiliser des terrains vagues pour se débarrasser de ses déchets privés… La mentalité est un gros problème à Maurice. C’est aussi là notre défi.

l Ce qui frappe aussi à Rodrigues c’est cette volonté affichée de préservation des plages, qui est respectée par les citoyens…

A Rodrigues, la population a compris que la protection de l’environnement est leur présent et assurera leur futur. Rodrigues est une perle de notre République. Les Rodriguais ont fait un travail formidable au niveau de l’environnement, notamment le commissaire Pyandee, qui avait une vision de Rodrigues île ecologique. Cette vision va permettre à Rodrigues d’avoir un développement à long terme, durable et vraiment dans le sens de la protection de l’environnement.

l Dans quelle mesure Maurice devrait-elle suivre l’exemple de Rodrigues ?

La Beach Authority a quand même fait un bon travail à Maurice mais il n’y a pas de mal ou de honte à ce que Maurice prenne exemple sur sa petite sœur, adopte les méthodologies qui ont marché à Rodrigues. Ce serait très bien d’avoir une véritable synergie entre nos deux îles, ce serait un plus si les Rodriguais pouvaient nous expliquer comment ils ont fait par rapport aux règlementations, à la sensibilisation dans les villages avant qu’il y ait une réglementation. L’environnement est une composante intégrante et essentielle de la destination touristique et son développement durable. Il maîtrise son flux touristique, et se débrouille très bien, suivons son exemple…

l Vous pensez donc que c’est le trop plein de touristes qui est responsable de la situation…

A Maurice, nous avons manqué le coche. Cela fait plusieurs années que plusieurs personnes et moi, nous tirons la sonnette d’alarme en disant que nous avons dépassé notre capacité d’accueil touristique. Mais on compte toujours le succès de l’industrie en quantité, c’est à dire, en nombre d’arrivées touristiques. On a négligé la qualité des touristes et la qualité de la destination. À force de compter les chiffres et les sous qui rentrent, on a oublié que la ressource n’est pas inépuisable et que cette ressource doit être préservée pour pouvoir être soutenable dans le long terme. On a plusieurs études économiques, très peu d’études sociales et presque pas d’études environnementales. On a oublié qu’en ne préservant pas notre environnement, on commence à perdre des sous et aujourd’hui on voit le revers de la médaille.

l Justement l’AHRIM réclame des solutions rapides, si ce n’est un fast track commitee pour que ces solutions soient mises en œuvre avant la haute saison de cette année. Peut-on redresser la barre ?

On peut agir rapidement avec des mesures très importantes puisqu’on sait que le budget arrive bientôt. Par exemple, donner des alternatives aux hôteliers par rapport à la contribution au NEF. Soit vous contribuez au NEF, soit vous prenez des actions par rapport à la protection de l’environnement. Cette contribution financière peut être déductible, si elle va dans le sens de la protection de l’environnement, de la réduction du carbone footprint, de la réhabilitation de notre écosystème marin, dans l’innovation des achats de voitures électriques, dans la création d’un nouveau produit touristique… Cela peut être fait si les finances sont à disposition des hôtels. Ceci dit, le secteur hôtelier doit aussi se réinventer, ‘think out of the box’ par rapport à tous ces éléments externes, dont la dégradation de l’environnement, le changement climatique etc.et trouver des solutions innovantes. Et à Maurice nous sommes innovants, il faut qu’il y ait une volonté et la synergie nécessaire. Il faut innover en créant un produit typiquement mauricien, comme le font d’autres destinations. Nos hôtels auraient pu offrir un produit écologique, comme par exemple l’utilisation des voitures électriques, le choix de l’énergie solaire, le recyclage de l’eau et favoriser l’agriculture durable en s’approvisionnant de légumes et de viande auprès de fournisseurs locaux respectant la nature. Les hôtels auraient pu participer eux-mêmes à la gestion de l’écosystème marin devant chez eux… Le touriste d’aujourd’hui apprécie les établissements qui participent activement à la protection de l’environnement. C’est ce type de touristes et d’hôtels dont on a besoin aujourd’hui. En prenant ce genre d’initiatives on peut atteindre cet objectif. Il n’est pas encore trop tard.

l Il faut, selon vous, s’inscrire dans une problématique de tourisme durable. Quelles sont les solutions à court, moyen et long termes ?

Il est très important aujourd’hui, au niveau de la démarche qualité, d’agir par rapport à son environnement. Un hôtel qui construit sur la zone côtière doit s’intégrer à son environnement. Il y a plusieurs projets hôteliers qui ont été lancés récemment mais qui ne s’intègrent pas à leur environnement. Pour ne citer que cela, il y a des toits en béton, il y a des ‘grounds plus two’qui ne sont que des blocs de béton… Notre littoral a été enlaidi par certains projets qui ne s’intègrent pas dans cet environnement naturel. Il y a un ensemble de sensibilisation nécessaire à faire. D’abord, savoir que là où il y a des mangroves, il faut un certain type de construction et, que là où il y a des dunes de sable, il faut un autre type de construction. La deuxième chose c’est qu’un hôtel doit se rendre compte que l’argent que lui rapporte son activité vient de la valeur éco systémique. Cela veut dire par exemple qu’un récif corallien en bonne santé protège la plage contre l’érosion et rapporte des sous… Il faut réaliser aujourd’hui que tous ces travaux qui étaient faits à l’époque sont venus nuire à notre environnement aujourd’hui. Enlever des coraux pour faire des ski-lanes, combler les lagons pour l’installation de villas, faire de la chirurgie plastique sur notre zone côtière pour créer des plages artificielles, détruire les mangroves, construire ou détruire des dunes, redessiner le lagon et les récifs pour y poser des structures artificiellement adaptable sont autant de d’actes qui ont miné notre environnement. Les hôteliers doivent maintenant jouer le jeu et quand on parle d’actions par rapport à la démarche qualité, la première chose est le respect de la nature et ne pas changer l’environnement.

l Certes la responsabilité est celle des professionnels, mais l’Etat à aussi un rôle majeur à jouer…

L’état doit jouer son rôle de régulateur et imposer des normes environnementales strictes. Mais il cède trop souvent aux pressions. L’état doit valider et définir les orientations générales. L’état doit aussi taper du poing sur la table quand les opérateurs ne jouent pas le jeu. Mais la solution ne viendra ni des hôteliers ni de l’état, ou des ONG qui militent pour l’Environnement. La solution viendra d’une concertation et d’échanges généraux par rapport à la vision et l’ambition que nous voulons pour notre île et notre secteur touristique pour les 20 à 40 prochaines années. Il faut s’entendre et mettre en place des objectifs clairs à court, moyen et long termes en prenant en considération non seulement l’aspect économique mais aussi les aspects sociaux et environnementaux. Il faut savoir écouter les avis scientifiques, les impacts probables du changement climatique, et établir une vision commune. Nous devons tous aller dans la même direction.

l Nous fêterons le 5 juin prochain la journée mondiale de l’Environnement. Un message pour les Mauriciens ?

La journée mondiale de l’Environnement vient nous rappeler que nous vivons dans un monde avec lequel nous interagissons et que notre environnement c’est notre maison. Par rapport à notre environnement, il faut que nous comprenions que chaque chose que nous faisons depuis notre réveil le matin jusqu’à notre coucher le soir  a un impact sur notre environnement. Aujourd’hui, notre environnement souffre et est en train de se dégrader et cela met en péril non seulement des secteurs économiques mais surtout l’humanité en général. On constate tous les jours les impacts du changement climatique. C’est pour cela qu’il faut avoir plus de solidarité et agir urgemment. Imaginez 1, 2 millions de Mauriciens ramassant une bouteille en plastique chaque jour, vous comprendrez ce que cela représente pour notre environnement et pour la planète. Il faut aussi arrêter de voir la nature comme une machine à sous car dame nature nous donne des bénéfices gratuitement. Les arbres nous donnent de l’oxygène sans qu’on les paye, les récifs coralliens cassent la force des vagues sans qu’on paye pour cela… La moindre des choses que l’on peut faire c’est respecter la nature. Si chacun pouvait planter un arbre chez lui, aller à la plage et ramener ses déchets chez soi au lieu d’attendre que les pouvoirs publics le fassent, et surtout penser au futur… et non au jour le jour, notre environnement serait préservé pour les générations futures.

l Dans ce contexte, il y a un mouvement international qui prend aussi de l’ampleur à Maurice, Fridays for Future. Votre avis ?

Je crois beaucoup dans l’avenir et dans les jeunes. Ce mouvement est un exemple clair que les jeunes pensent différemment des adultes, peut-être même font l’éducation des adultes par rapport à l’environnement. Et c’est là où l’Etat doit jouer pleinement son rôle de facilitateur. Les jeunes sont très innovants. Il ne faut pas les regarder comme des personnes sans expérience. Ils doivent absolument être impliqués dans toutes les discussions et décisions par rapport à la sauvegarde de l’environnement.