Au cours d’une veillée organisée par le Groupe A de Cassis pour commémorer ses 25 ans d’existence et les cinq ans de son centre « Lacaz A », quatre personnes ont avoué publiquement leur séropositivité. Une soirée qui s’est tenue mercredi dans une ambiance familiale, avec des chants, un repas chaud et des témoignages des « accueillis » de Lacaz A. Cassam Uteem, ancien président de la République et Dhiren Moher, coordinateur de la Commission de l’océan Indien, étaient également présents.
Le Groupe A de Cassis fête ses 25 ans et les cinq ans de son centre « Lacaz A ». Plusieurs travailleurs sociaux ainsi que leurs proches se sont réunis dans une ambiance de famille à une veillée au centre Marie Reine de la Paix. La 24e journée mondiale de la lutte contre le sida étant observée hier, quatre « accueillis » de Lacaz A ont décidé de révéler publiquement leur séropositivité. Lacaz A a organisé hier une messe, dite par le père Steves Babooram et le père Gérard Mongelard au centre Marie Reine de la Paix. L’Aya Mestry s’est également adressé à l’assistance.
Vijay est le premier à se lancer. Un discours fort en émotion, les larmes aux yeux, tandis que les membres de Lacaz A l’entourent pour lui donner du courage. Le séropositif explique que ce n’est pas « enn lalit ki kapav amenn tousel ». Cet ancien toxicomane affirme que c’est par ignorance et par faiblesse qu’il s’est laissé tenter. « Mo pa ti ne droge, delinkan ou avek enn malad… » dit-il, avant de souligner avoir sombré dans l’« enfer de la drogue ».  Il était en prison quand ses parents et sa femme sont décédés. Et de révéler par ailleurs que quand il a appris sa séropositivité, il avait peur et avait demandé au médecin « kan mo pou mor ». Vijay déclare avoir caché sa condition à ses proches six ans durant et a trouvé le réconfort et le courage de vivre grâce à Lacaz A. « Zot inn tir mwa dan lamor… Aster mo kapav viv », soutient celui qui vit avec le VIH.
Un couple a aussi publiquement annoncé sa séropositivité. Wendy est une ex-toxicomane et ex-Sex Worker. Son compagnon Kevin est également un ancien toxicomane. Tous deux tentent de refaire leur vie en dépit des difficultés auxquelles ils font face et gardent espoir en ce sens. Wendy confie que sa vie n’a guère été facile et qu’elle a dû faire ce qu’il fallait pour nourrir son enfant et s’occuper de sa mère. Elle gagne désormais sa vie comme « hawker ». Kevin souligne que le sida est un fardeau lourd à porter. « Deza ena enn poi lor nou zot pli apiy lor nou », soutient-il avant d’ajouter que « malad-la pa touy nou me se zot regard ki touy nou ».
Steeve a emboîté le pas au jeune couple. Il est l’un des premiers à s’être tourné vers Lacaz A. Il avance avoir subi une suspension dans son travail parce qu’il arrivait en retard tous les jours à cause de son traitement à la méthadone. Sa fille de deux ans, dit-il, l’encourage à ne pas baisser les bras. L’ancien toxicomane souligne que certaines personnes travaillant à l’hôpital ne portent pas le même regard sur les séropositifs. Steeve explique qu’il était déjà séropositif quand il a appris qu’il allait être papa. « Mo ti per pou mo tifi », fait-il valoir. « Monn suiv tretman ek zordi mo tifi pena okenn malad », affirme le séropositif en embrassant sa fille qu’il tenait dans ses bras. Il a également remercié Lacaz A en disant que « kan ou fer travay social se avek ou leker ek pa pou ou rempli ou poss ».
L’ancien président de la République Cassam Uteem, qui a fait une brève intervention, souligne que le combat contre le sida ne se limite pas à la maladie mais aux regards de la société. « Zordi bann seropositif marginalize… Sa fer sa dimoun la pli soufer », explique-t-il. Il trouve navrant que le souci principal des gouvernements est d’essayer de résoudre les problèmes de la crise économique mondiale alors qu’il y a des dizaines de millions de personnes infectées. M. Uteem souligne qu’il connaît le Groupe A de Cassis depuis ses débuts il y a 25 ans quand il était lord-maire.
Dhiren Moher, séropositif et membre de la Commission de l’océan Indien, a quant à lui fait savoir qu’il avait publiquement annoncé sa séropositivité il y a maintenant 11 ans et que les témoignages lui donnent de l’espoir. « Zot inn pran enn langazman pou le respect des droits humains… » affirme-t-il. Dhiren Moher explique que la COI soutient le projet de Lacaz A et le travail entrepris par les encadreurs. Il ajoute que « se par malsans ki viris-la inn croiz nou sime… Personn pann al rod sa ».