Une centaine d’épidémiologistes, médecins, vétérinaires, virologues, microbiologistes et représentants des institutions de santé, dont l’Organisation mondiale de la Santé, participent depuis lundi à la 3e édition des journées de la veille sanitaire dans l’océan Indien, organisée par la Commission de l’océan Indien (COI) avec le soutien de l’Agence française de développement. Ces journées prennent fin jeudi.
« L’engagement de la COI en faveur de la santé publique est d’autant plus crucial que les questions sanitaires sont un enjeu de développement et un défi de la mondialisation auxquels les îles de l’Indianocéanie, particulièrement vulnérables, doivent pouvoir répondre », a affirmé Jean-Claude de l’Estrac, secrétaire général de la COI. De son point de vue, la seule réponse efficace est collective. C’est ce que démontre le projet de veille sanitaire de la COI, qui structure le réseau SEGA One Health, réunissant 250 professionnels en santé publique (épidémiologistes, médecins, vétérinaires, virologues, microbiologistes…), forme des épidémiologistes de terrain, facilite les moyens de riposte face aux urgences et équipe les laboratoires des pays membres, entre autres.
Pour sa part, le ministre de la Santé, Anil Gayan, a réitéré le plein engagement des autorités mauriciennes dans cet axe stratégique de la coopération régionale. « Il est dommage que le monde soit mieux préparé à faire face à des conflits armés qu’aux risques sanitaires », a-t-il regretté, avant d’insister sur la plus-value de l’action concertée de la région face aux menaces sanitaires partagées. Mahen Seeruttun, ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire, a salué, lui, le lien tissé entre les services vétérinaires et ceux de santé humaine dans le cadre du projet. Et pour cause : 75% des maladies émergentes et 60% des maladies infectieuses chez l’homme sont d’origine animale. Cette approche globale de la santé, a-t-il dit, contribue à renforcer nos systèmes d’alerte et de gestion des risques sanitaires.
Les menaces sanitaires se multiplient, notamment du fait « des changements climatiques », a remarqué l’ambassadeur de France. Aussi, il semble crucial d’intégrer à cette mobilisation régionale l’impact des changements climatiques et des risques naturels dans le domaine de la santé.
Pour Matthieu Discour, le projet de veille sanitaire de la COI, et avant lui le projet de Surveillance et d’investigation des épidémies (RSIE – 2009 à 2013), également financé par l’AFD, répond bien aux besoins des pays de l’Indianocéanie et a permis aux États d’améliorer les capacités de surveillance, d’alerte et de riposte. En outre, il a indiqué l’intérêt de l’AFD à approfondir son partenariat avec la COI en matière de santé à travers un futur projet qui intégrerait, d’ici 2017, santé, recherche scientifique et innovation, gestion des risques naturels, changements climatiques et réponses en situation d’urgence.
La cérémonie d’ouverture des troisièmes journées de la veille sanitaire dans l’océan Indien lundi a été marquée par la remise de certificats à neuf épidémiologistes de terrain formés durant deux ans par l’Unité de veille sanitaire de la COI. D’ici la fin du projet, en 2017, ce sont 25 épidémiologistes de terrain qui seront formés pour la région.