Dans la salle presque comble du SVICC à Pailles vendredi dernier, de nombreuses personnes se sont déplacées en famille pour assister aux nouvelles péripéties de Bharati (Nupur Parikh) qui emmène sa soeur Neelam (Rajasmita Kar) à la découverte de son pays d’origine, qu’est l’Inde. Dans une profusion d’images, de couleurs musicales chantant la beauté de l’Inde du Sud, et avec comme fil conducteur, les aventures de ces deux soeurs, le spectateur découvre dans ce deuxième volet de la comédie musicale de l’Israélien Gashash Deshe, toutes les facettes de ce pays avec ses villages traditionnels, ses marchés, sa gastronomie, ses croyances, ses couleurs et son palais magique aux mille illusions.
Cette suite de Bharati était très attendue des fans. Sur l’écran géant qui occupe tout le fond de scène, des mandalas géants tournoient. Pendant que d’énergiques danseurs, munis de “dholak” (caisses musicales) prennent possession de la scène, rythmant les danses traditionnelles. Le narrateur Pandya Shitan Krushnakant fait alors son entrée pour conter avec un bel accent et un brin d’humour, l’histoire de Bharati et de sa soeur.
Se déroule alors sous nos yeux, un show coloré avec, en avant-plan, les protagonistes et, à l’arrière, l’écran vidéo diffusant des images de Mumbai. L’histoire commence avec l’arrivée de Bharati (Nupur Parikh) et de sa soeur Neelam (Rajasmita Kar) sur leurs terres natales. Occidentalisée, la jeune Neelam nous dévoile un Orient sensuel et coloré à travers son look très stylé dont on est très friands. Sur la scène, elle rayonne. Et très vite le spectateur tombe sous le charme de cette danseuse de talent. Tout comme il est subjugué par les images du pays qui défilent sous ses yeux : la gare de Mumbai, le temple de Tirupati où Bharati doit emmener sa soeur pour un pèlerinage.
À peine les deux jeunes filles ont-elles posé les pieds à Mumbai qu’elles sont emportées dans l’effervescence de la ville. Séparées, l’une se retrouvera seule dans le train, direction le temple de Venkateswara à Tirupati, tandis que l’autre restera sur la gare avec comme seule ambition de participer à une audition en vue de jouer dans le prochain film de l’incontournable star des plateaux de cinéma, King Prem Kumar (Muthu Saravanan). Le spectacle suivra ainsi son périple.
Dans Bharati 2 : le palais des illusions, les images titillent l’imagination et invitent au voyage. En un clin d’oeil, on passe d’une gare à l’intérieur d’un train au marché des voleurs, là où les objets, ou même les maris volés, sont vendus. L’effet de l’écran géant à LED est absolument bluffant. Par le biais d’images vidéos projetées sur l’écran, nous pénétrons à l’intérieur du temple de Tirupati, et à bord d’un tuk-tuk, sillonnons les rues d’un village pour découvrir les paysages, les traditions, les sons populaires et ces épices de la campagne indienne qui titillent nos narines. On voit tour à tour un bus, un policier en uniforme, un restaurant, un palais. À travers ce spectacle, c’est toute l’Inde qui se dévoile. Tout est fait pour éveiller en nous l’envie de découvrir l’Inde et nous permettre d’être totalement immergés dans ce monde d’illusions, plein de couleurs. Dans ce spectacle, ce sont toutes les facettes de l’Inde qui sont représentées : ses marchés, sa gastronomie, ses croyances, ses couleurs.
Tout comme ces belles images qui défilent en permanence, sur scène, il n’y a pas de temps mort. La vingtaine d’artistes (et pas 55 comme on nous l’avait annoncé) dont les danseurs, recrutés dans toute l’Inde, se succèdent et déploient toute leur énergie pour raconter l’histoire. Pour nous emmener dans les illusions de l’Inde mystique et féérique, ces derniers qui alternent les costumes les uns plus chatoyants que les autres sont accompagnés de deux voix, féminine et masculine exceptionnelles, ainsi qu’un musicien multi-instrumentiste passant aisément du tabla à l’harmonium, au violon, ou autres instruments à vent et à percussion.
Les chorégraphies de Bharati 2 sont très dynamiques et rythmées, conçues dans les styles de Tollywood et de Kollywood (tamil et telegu). Le décor, en constante évolution, ajoute du dynamisme. Les scènes et chorégraphies fascinent : celle du Bharata Natyam dans le temple de Tirupati, au milieu de grosses flammes ou encore celle de la danse soufie dans le palais des illusions. Impossible de ne pas se laisser emporter par la magie du show.
Si dans le premier volet, Bharati (Bhavna Pani) était le personnage principal, dans le deuxième, elle (présentée sous les traits de Nupur Parikh) est plus discrète, permettant à Neelam (Rajasmita Kar) d’être plus présente sur scène. Le public est envoûté par la beauté de ses gestes, l’élégance de ses mouvements. Devant les yeux ébahis du public, Rajasmita Kar déploie du début à la fin une énergie intense et avec frénésie, nous transporte au coeur de l’Inde avec les différentes tenues bariolées qui font rêver.
La magie continue d’opérer dans la deuxième partie après une pause d’un quart d’heure. Infatigable, la troupe Bharati nous invite même à chanter avec eux le tube qui a cartonné en Inde en 2011, “Why this Kolaveri di”. Bharati2: le palais des illusions donnera forcément envie de découvrir l’Inde du Sud.