Bien qu’ils se montrent plus prudents, discrets et méfiants dans les rues, les vendeurs de CD pirates continuent d’opérer, malgré la pression des artistes. Scope a pu mettre la main sur l’un de ces pirates qui, après avoir longuement hésité, a finalement accepté de nous livrer les secrets de son business.
Dans les rues de Port-Louis, on les voit et on les entend en train de faire passer discrètement leurs produits aux membres du public. “Ou le lokal mo ena, ou le internasional ousi ena mem”, lance un marchand de CD pirates à un membre du public. Il n’a rien en main. Il fait le va-et-vient dans la rue, fait la promotion de ses articles avant de les dévoiler. À Scope qui l’aborde et qui fait semblant de vouloir acheter un de ses CD, il dira qu’il vend uniquement sur commande, avant de disparaître dans la foule.
Depuis l’affaire qui a éclaté entre marchands pirates et artistes le 30 décembre à la gare du Nord, les pirates se montrent très prudents et méfiants lorsqu’ils opèrent dans les rues. Ils laissent leurs marchandises de côté lorsqu’ils abordent les clients. Ces derniers doivent être des habitués pour que les marchands acceptent de leur vendre un produit. C’est comme si le mot d’ordre a été passé. Roshan (prénom fictif), qui est dans le métier depuis environ un an, confie : “Ce que je fais est mal. J’en suis conscient. Mais je n’ai trouvé que ce moyen pour gagner ma vie. Cela ne me coûte pas cher et je me fais facilement de l’argent.”