L’ingénieur du son Kenny Seenien, arrêté après l’altercation survenue entre les artistes, les marchands ambulants et la police le 30 décembre, a recouvré la liberté hier après avoir fourni deux cautions de Rs 2 000 et signé une reconnaissance de dettes de Rs 20 000. Au tribunal de Port-Louis hier, Me Rama Valayden, un des avocats des artistes, a demandé qu’une enquête soit ouverte contre les allégations de brutalités policières.
Kenny Seenien, blessé aux bras durant une bagarre ayant éclaté à la gare du Nord jeudi dernier en raison de la vente de CD piratés, s’est présenté en cour à la mi-journée hier. Il a recouvré la liberté contre deux cautions de Rs 2 000 et une reconnaissance de dettes de Rs 20 000. L’ingénieur du son, qui travaille dans un studio à Sainte-Croix, répond de deux accusations, à savoir “assault with premeditation” et “assaulting police”. Lors de sa comparution en cour hier, Me Rama Valayden a logé deux motions, soit d’ouvrir une enquête sur les incidents du 30 décembre et de visionner les enregistrements des caméras CCTV placées à la gare du Nord pour faire la lumière sur les heurts survenus entre des artistes locaux, des marchands ambulants et les forces de l’ordre, qui a causé des séquelles. Kenny Seenien, blessé aux bras, a dû subir une intervention chirurgicale et avait été admis à l’hôpital Jeetoo, sous surveillance policière. Me Valayden a souligné que Kenny Seenien peut identifier la majorité de ses agresseurs, dont certains portaient l’uniforme de police. Le Police Prosecutor présent en cour hier a indiqué que le nécessaire sera fait du côté de la police.
Kenny Seenien, qui avait dû être aidé pour se déplacer du fait de ses blessures, dit « laisser la justice faire son travail » et a tenu à souligner qu’il n’y avait pas de “bouncers” à la gare du Nord le 30 décembre, mais uniquement des artistes locaux. Me Valayden soutient : « L’enquête prouvera l’innocence de mon client. Si case reye apre domaz pou suiv. Nounn demann pou ki vizionn anrezistreman CCTV pou kapav kone kinn deroule sa zour-la. » Me Valayden ajoute que les artistes comptent aussi se rendre à la Human Rights Commission incessamment. « Nou pou kombat ansam ek bann artis pou kapav trouv ene rezilta. Bizin volonte tou parti pou ki sa bann artis, ki pe trase pou vann CD, kapav viv ek apre gagn bann voler ki pe pirat zot travay. »
Pour rappel, Louis Degema Naidoo, alias Dr Boyzini, Michel Nany, Axel Émilien et Marvin Corret ont comparu en cour le 31 décembre dans le sillage de cette affaire. Dr Boyzini a dû s’acquitter d’une caution de Rs 11 000 sous deux charges de “assault with premeditation”. Les quatre autres artistes ont recouvré la liberté contre une caution de Rs 2 000 chacun pour chaque charge retenue contre eux, soit “assault with premeditation”, “assaulting police” et “larceny with violence”. Ils ont dû chacun signer une reconnaissance de dettes de Rs 20 000.