Un consultant en éducation reprochait à un individu de lui avoir soutiré une somme de Rs 55 000 en se faisant passer pour un vendeur d’automobiles. La magistrate Ida Dookhy-Rambarun, siégeant en Cour intermédiaire, a toutefois statué que les documents de la transaction jouaient en faveur de l’accusé, du fait que l’accord concernait un prêt et que le plaignant prétendait l’avoir signé sans le savoir.
Le consultant en éducation avait indiqué dans sa plainte que l’accusé s’était fait passer pour un vendeur de voitures travaillant auprès de la Mauritius Leasing Ltd. De ce fait, l’accusé lui aurait fait croire qu’il pouvait lui vendre un véhicule contre une somme de Rs 55 000. Mais alors qu’il tentait de contacter l’accusé pour récupérer le véhicule, ce dernier n’aurait plus donné signe de vie. Le plaignant se serait alors rendu à la Prudential Car Galleries pour avoir des éclaircissements. Sur place, le directeur de la compagnie lui aurait indiqué que l’accusé n’était qu’un simple client et qu’il n’y avait jamais travaillé. Le plaignant a donc estimé qu’il s’était fait escroquer.
En prenant en compte les documents présentés en Cour, la magistrate Dookhy-Rambarun a statué que la transaction entreprise par les deux parties concernait un prêt, et non l’achat d’un véhicule. La magistrate a indiqué que la transaction n’était pas un traquenard étant donné que les mots « lender » et « borrower » étaient mentionnés clairement dans l’accord. Elle devait ainsi conclure que ces documents jouaient en faveur de l’accusé, qui avait nié la charge d’escroquerie portée contre lui. Ce dernier avait en effet déclaré que le plaignant avait consigné de fausses allégations contre lui car il n’avait pu rembourser le prêt à temps. Concédant par la suite que la transaction concernait un prêt, le plaignant a toutefois avancé que c’était l’accusé qui avait préparé ce document et qu’il l’avait signé sans savoir de quoi il en était, maintenant qu’il avait remis la somme d’argent pour l’achat d’un véhicule et non pour un prêt.
Dans l’énoncé de son jugement, la magistrate a déclaré que l’accusé avait réussi à émettre un doute sur la véracité des allégations du plaignant. Selon elle, le plaignant, étant une personne lettrée travaillant comme consultant en éducation, n’aurait pu se faire duper sur un accord où il est clairement établi qu’il s’agissait d’un prêt. Elle a, en outre, été peu convaincue par le fait que le plaignant ait pu accepter de remettre Rs 55 000 à un étranger pour l’achat d’une voiture qu’il n’avait jamais vue.