La vente directe est un métier qui a pris de l’ampleur ces dernières années à Maurice. Cosmétiques, compléments alimentaires, vêtements, bijoux, soins pour la peau, produits d’entretien, accessoires de mode… Les articles sont présentés en catalogue et distribués en vente directe. Une activité qui tente surtout les femmes. Deux distributrices nous parlent de ce métier qui a le vent en poupe.
Le métier de vendeur à domicile indépendant (VDI) ou distributeur s’exerce à temps plein ou partiel. Des milliers d’hommes et de femmes, à Maurice, arrondissent leurs fins de mois en jouant les distributeurs.
Anoushka Baudaux est distributrice (ou ambassadrice) depuis six mois pour une marque de soins cosmétiques dont les produits sont issus de l’agriculture biologique. La jeune femme commercialise ses produits à travers les brochures qu’elle place dans des instituts de beauté et pharmacies. « Cette activité me permet d’avoir un complément de revenu, et de travailler pour mon propre compte », dit-elle. Comme tous les autres VDI, elle est autonome dans la recherche de ses clients et dans son activité. Elle a même monté une petite équipe de trois personnes, avec qui elle anime de temps en temps des sessions de formation. En tant que distributrice, elle perçoit une commission de 25% sur ses ventes personnelles, et génère 5% supplémentaires sur les ventes réalisées par son équipe.
Après s’être inscrit auprès du fournisseur, le distributeur ou la distributrice reçoit son kit de démarrage de même que des documents. Il/elle se familiarise ainsi avec les particularités des produits, à travers des brochures qui lui sont fournies. Généralement, une petite somme d’argent est exigée pour se lancer dans cette activité. Après avoir reçu une formation, qui peut durer un jour ou une demi-journée, le distributeur est chargé de commercialiser les produits directement auprès de son client, que ce soit à son domicile, sur son lieu de travail ou lors de ventes privées. Pour les motiver, les compagnies de vente directe offrent des cadeaux sur les ventes, mais aussi des « encouragements » sous forme de voyages, par exemple.
Dominique Commarmond est Marketing Manager dans un réseau de distribution de produits weighless, de maquillage, bijoux et produits d’entretien. Contrairement à Anoushka, elle exerce cette activité à temps plein depuis cinq mois. « J’apprécie le côté indépendant de ce métier. Il me permet d’organiser mon planning comme je veux ». Afin de disposer de plus de temps avec ses trois filles, elle entame sa journée tôt pour ne pas la finir trop tard. « Ce qui me plaît, c’est la flexibilité des horaires. J’ai choisi de démarrer à 8 h 30 pour terminer à 15 h 30. »
Chaque jour, elle sillonne l’île pour effectuer des présentations, offrir des sessions de grooming à des sociétés, animer des ateliers. Ses clients consistent pour la plupart en des hôtels, des sociétés et des instituts de beauté. Les produits sont aussi commercialisés lors de réunions ou démonstrations qu’elle organise chez des particuliers. « Je suis toujours à la recherche de nouveaux clients qui ont des potentiels plus énormes », dit-elle. Dominique a recruté à ce jour 300 vendeuses dans son équipe. Étant une team leader, elle organise régulièrement des sessions de formation avec son équipe.
Les avantages de la vente à domicile sont certes nombreux : aucun patron ou supérieur, autonomie totale et liberté de choisir son temps de travail. Mais le système présente aussi des zones d’ombre. Une distributrice — qui a tenu à garder l’anonymat — que Week-End a rencontrée, ayant travaillé pendant deux mois pour le compte d’une société de vente directe de bijoux et vêtements, confie qu’elle n’a jamais été payée. Une autre s’étant affiliée à une société spécialisée en compléments alimentaires affirme qu’elle s’est souvent retrouvée avec une partie de son stock, qu’elle n’a pas pu écouler, sur les bras, tellement leur vente s’est avérée difficile. Par ailleurs, certains distributeurs ne peuvent pas se permettre d’utiliser eux-mêmes les produits qu’ils vantent à cause de leurs prix souvent prohibitifs. Sans compter le fait qu’ils ont à leur charge personnelle les coûts, parfois très élévés, des brochures, de leurs nombreux déplacements, des appels téléphoniques, entre autres. De plus, si le VDI ne perçoit qu’une petite commission sur la vente d’un produit ou article, il doit réaliser seul un nombre conséquent de ventes afin de bénéficier d’un cachet décent.