Avant même le lever du jour, l’Auction Sale Site de Port-Louis est le rendez-vous incontournable des maraîchers, planteurs, encanteurs et marsan legim. Sur place, on pratique la vente à l’encan selon le système traditionnel. Bien plus qu’une vente, cela relève du folklore.
Direction Port-Louis, plus précisément à route Militaire. Au bout d’une impasse située entre Le Chantier Dragon et le siège d’ABC Motors, se trouve un espace dédié à la vente à l’encan. Une étape quasi obligatoire pour toutes les productions agricoles de Maurice.
Le soleil n’est pas encore levé. Comme chaque jour ouvré, la circulation est déjà dense. Difficile de se frayer un chemin entre les tonnes de légumes débordant des véhicules, les montagnes de casiers et les gro panie bazar. Pour corser le tout, les allers-retours de chariots et des porteurs sont permanents. Le rythme est effréné, à tel point que vous n’êtes pas loin de perdre l’équilibre. Il fait encore nuit et les rares lampadaires ne facilitent pas la tâche.
Au loin, un bourdonnement attire l’attention. Une sorte de refrain que tous les encanteurs reprennent à tue-tête. “Enn pias, de pias. Ale vinn gete, pran ale ou sinon pou regrete”. La vente bat son plein. Les légumes en gros se vendent à la criée aux détaillants. Issop Soobadar, président de la Market Traders Association, précise qu’une piastre correspond au prix d’une livre de légumes. Elle équivaut à Rs 2 ou Rs 100, selon les légumes. L’usage de cette monnaie d’échange s’est transmis de génération en génération. Un folklore qui défie le temps.