Le Réunionnais Armand Apavou, qui investit dans le secteur touristique à Maurice depuis 25 ans, s’oppose à la vente de ses hôtels par un Receiver Manager. Il se dit « victime » d’un système qu’il a du mal à comprendre et veut alerter l’opinion publique et les investisseurs étrangers sur ce qui se passe. Il soutient que la seule vente du site du Morne – comprenant trois hôtels – aurait suffi à éponger ses dettes. Un accord avait même été trouvé avec un groupe mauricien ayant des « assises solides » pour cela, soutient-il. Armand Apavou dénonce aussi le fait que le groupe TUI figure parmi les acheteurs potentiels, alors qu’il avait engagé des actions légales contre deux filiales de ce groupe.
Nos trois hôtels du Morne ont été évalués à Rs 4,6 milliards alors que nos dettes sont de l’ordre de Rs 2,2 milliards. La seule vente de ce site aurait suffi pour effacer nos créances », estime Armand Apavou, qui dit vouloir alerter l’opinion publique à ce sujet. Il soutient que quatre rapports deux nationaux et deux internationaux) récents ont évalué les sept hôtels Apavou à travers l’île à Rs 9,9 milliards. « Au total, nous avons 1 200 chambres. Je regrette que les liquidateurs n’aient pas pris en considération nos revenus avant de procéder à la vente. La location d’un de nos hôtels, en l’occurrence Ambre, à Sun Resorts, doit nous rapporter 126 millions d’euros sur 20 ans. Tout cela a été ignoré. On nous a traités comme si le groupe était en faillite. »
De même, la direction d’Apavou ne comprend pas pourquoi le tribunal commercial n’a pas encore rendu son jugement à ce jour.
Armand Apavou dénonce ainsi le « manque de transparence » concernant la démarche des banques à procéder à la mise en liquidation des hôtels. « À décembre dernier, il était déjà convenu de vendre le site du Morne. À partir du 7 janvier, tout s’est précipité. Nous avons mis une injonction en cour le 17 janvier. Mais les liquidateurs sont tout de même allés de l’avant avec la vente. Nous sommes dans le flou. Nous ne savons pas à combien les hôtels ont été vendus. Dans la presse, chaque titre avance un chiffre différent. »
Le fait le plus troublant, poursuit Armand Apavou, est que le groupe TUI est présenté comme un des possibles repreneurs. « Nous avons engagé des actions judiciaires à Paris contre deux filiales de ce groupe, à savoir Marmara et Nouvelles Frontières. Mais voilà que la maison mère vient racheter nos hôtels ».
Mahen Rajkoomar, directeur des hôtels Apavou, se demande, lui, comment en 13 jours (délai fixé par l’appel d’offres) des acheteurs étrangers ont pu visiter l’hôtel et prendre une décision. Ce dernier se demande quel signal Maurice est en train de donner aux investisseurs étrangers, après le cas d’Armand Apavou « qui a contribué à l’économie du pays pendant 25 ans. »